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Interview  (Paris)  7 février 2006

Coupe de cheveux à la Stokes, chapeau négligemment posé sur la tête, Adam Green a tout du dandy new-yorkais par excellence.

Avec son physique fluet et branché, on n'imagine pas la profondeur et la puissance que ce bonhomme a dans la voix.

Voici ici une tentative de retranscription d'interview, avec un Adam Green très bavard (c'est l'attaché de presse de chez PIAS qui sera obligé de mettre fin à l'entrevue), qui part dans tous les sens, qui commence des phrases et ne les finit pas…

Bref, un calvaire à réécouter et à remettre en forme, mais un vrai bon moment, avec un artiste décalé et original.

Peux-tu me parler de la conception, de la composition de ton nouvel album Jacket full of danger ?

Adam Green : Je ne l'ai pas travaillé comme un tout, mais plutôt chanson par chanson. Dès que j'avais une idée pour un morceau, je l'enregistrais sur un magnétophone et je laissais ça de côté. J'ai réécouté le tout en revenant de tournée et j'ai poursuivi le travail commencé. Je m'ennuyais donc j'ai noyé mon ennui dans la composition de ce disque. Je pense que quand je m'ennui, je suis dans un bon état d'esprit pour faire des bonnes choses.

Bref, il m'a fallu à peu prés un mois pour finir d'écrire tous les morceaux et avoir assez de matière pour faire un disque. Même une fois fini, je n'en étais pas satisfait à 100% de l'album, c'est souvent le cas d'ailleurs. Je suis satisfait de ce que j'ai fait pendant 2 minutes, et après je me dis que j'aurais pu faire ci et ça... Mais je suis quand même globalement content de ce que j'ai fait. Je trouve que les mots ont une force supplémentaire, un poids plus important.

J'ai aussi beaucoup travaillé sur les mélodies et les arrangements. Je me suis basé sur mes goûts personnels, sans me demander si les gens allaient adorer ou détester. Je me suis pas dit "Mets plus de ci, plus de ça, c'est ce que les gens veulent entendre..", j'ai suivi mon envie musicale. C'est une bonne ligne directrice, je pense que je devrais procéder ainsi plus souvent.

Quelle est selon toi, la principale différence entre ce disque et ton précédent, Gemstones ?

Adam Green : C'est dur à dire. Disons que "Gemstones" était composé de chutes de studios de "Friends of mine" (ndlr :son 1er album), donc il a été enregistré à peu près dans les mêmes conditions. Pour "Jacket full of danger", les arrangements sont plus complexes, plus travaillés…il y a plus de travail derrière chaque titre. "Friends of mine" était mon premier travail en studio, donc j'ai évolué et appris à ce niveau, cela se ressent sur le disque je pense.

Je trouve aussi que ma voix est différente. Elle vient plus de mon estomac, elle a du coup plus de résonance. Ce sont des choses que j'ai apprises et travaillées en tournée, à force de jouer chaque soir. La route est le meilleur moyen de progresser artistiquement de toute façon. Je ne sais pas vraiment qu'elle voie je suis supposé suivre, mais je m'en fiche en fait. Je trouve que ça sonne bien, je suis content du travail accompli sur l'album.

Comment juges-tu ton évolution depuis tes débuts jusqu'à maintenant ?

Adam Green : Je pense avoir beaucoup appris avec les Modly Peaches. Ce sont les premières chansons que j'ai écrites, et je suis content d'avoir eu des gens autour de moi à ce moment là pour m'aider, pour collaborer avec moi sur la composition. Ce fut une expérience très enrichissante que de travailler en duo. L'un commence le morceau, l'autre le finit, les paroles sont le fruit de deux imaginations différentes…c'était vraiment bien.

Si je devais rejouer dans un groupe, je voudrais un groupe qui fonctionne comme les Modly Peaches fonctionnaient. Mais, après avoir pas mal tourné, je me suis rendu compte qu'il était temps que je suive ma propre route, que je fasse mes propres choix. Je ne veux pas écrire des chansons avec quelqu'un d'autre tout le temps. Je ne veux pas devoir toujours demander l'avis d'une autre personne sur ce que je fais. Je ne veux pas non plus forcer quelqu'un à suivre mes idées, je veux juste faire mes propres chansons.

C'est pour ça que j'ai écrit mon premier album solo, "Garfield". Il y a dessus des chansons qui auraient très bien pu être des morceaux des Modly Peaches, mais ce n'est pas la même chose. J'ai beaucoup plus d'idées quand je sais que je suis seul à bord, ma créativité est plus importante, car je ne me refuse rien.

J'ai ensuite eu la chance d'enregistrer mon 1er album en studio, "Friends of mine", ce qui m'a appris plein de choses et donné plein d'idées pour la suite. Je suis aussi très content, car être en solo me permet d'avoir un groupe d'excellents musiciens avec moi en tournée.

Je rencontre des gens très doués, qui améliorent ma musique grâce à leurs qualités techniques. Je peux réfléchir et imaginer ce que je veux, ces mecs sauront le jouer… moi pas. (ndlr : Il se met alors à jouer un rythme pendant un long moment)…

Tu vois, ça je ne serais pas capable de le jouer, mais je peux le composer quand même. L'essence même de la musique est là quand même. Si tu peux entendre quelque chose, tu peux l'écrire, le reste est juste technique. Je fais un rêve parfois, où Franck Sinatra vient me voir pendant que je me prend la tête à essayer de jouer sur ma guitare, et il me dit "Ne t'inquiète pas, les chansons sont dans ta tête. Chante-les et tu sauras comment les jouer. "Laisse faire ton instinct". J'essaye au maximum de suivre ce "conseil", surtout venant de la part de Franck Sinatra.

Pour en revenir à la carrière solo, je préfère clairement avoir le contrôle sur tout ce qui touche à ma musique. J'ai tout le temps une idée très précise de ce que je veux obtenir, donc être seul maître à bord me convient parfaitement. C'est surtout au niveau de la batterie et des percussions que je sais exactement comment à quoi il faut que cela ressemble. J'ai des idées très particulières… peut-être parce que je suis très particulier. Nous avons arrêté les Moldy Peaches parce que nous savions que nous ne pourrions plus apporter grand chose de nouveau sous cette forme.

Cela n'avait rien à voir avec l'argent ou quoi que ce soit d'autre, nous voulions juste écrire des bonnes chansons à la base. C'était avant tout de l'amitié, mais cela s'est transformé en quelque chose de plus business et de plus prise de tête. Nous sentions que nous partions sur une mauvaise route, donc nous avons préféré arrêter. Certains groupes ont des carrières exemplaires, comme les Rolling Stones, mais je pense que tout groupe doit s'arrêter un jour, pour permettre à ses membres de s'exprimer différemment.

C'est ce que j'ai fait et je ne le regrette absolument pas. Je peux changer les choses tout le temps, quand je veux. C'est aussi beaucoup plus direct avec le rapport au public. S'ils aiment la musique, ils t'aiment toi. S'ils détestent, c'est toi qu'ils détestent. S'ils n'aiment pas la batterie, ce n'est pas le batteur qu'ils n'aiment pas, mais toi. Pareil pour la guitare. Tu es responsable de ta musique, et donc de tous les choix qui y sont faits.

Tu parlais des Rolling Stones. Souhaites-tu avoir une carrière aussi longue qu'eux ?

Adam Green : Je pense que tu ne peux pas vraiment comparer un groupe de cette envergure, et quelqu'un comme moi. Si je dois avoir une carrière très longue, j'espère pouvoir me faire assez d'argent pour pouvoir faire des choses à côté, comme voyager avec ma copine par exemple. C'est plus fun d'avoir une carrière longue en se faisant de l'argent. (Ndlr : L'attaché de presse de chez PIAS passe la tête, nous signifiant de nous dépêcher).

Tes paroles sont essentielles dans ta musique. Comment penses-tu que les gens reçoivent ta musique et tes textes quand tu joues à l'étranger ?

Adam Green : Quand je suis à l'étranger, j'oublie que j'y suis. Tu peux très bien te faire comprendre pour demander ta direction, ou chercher un restaurant, donc je pense que pour la musique c'est un peu la même chose. Les gens peuvent comprendre de quoi tu parles, même s'il ne parle pas ta langue.

Et puis même s'ils ne comprennent rien, ce n'est pas très grave. Les textes ne sont qu'une partie de ce que je fais, la musique communique presque autant que la voix. Quand j'écoute des disques de Serge Gainsbourg ou Jacques Brel, je ne comprends pas toutes les paroles, mais je saisis le sens des chansons.

Ce n'est pas un problème de ne pas comprendre les paroles, ça n'empêche pas d'être intéressé par la musique, et de ressentir des choses. Quand je suis à l'étranger, certaines personnes comprennent mes paroles, mais pas la majorité. Cela ne fait rien, l'énergie et les émotions peuvent quand même passer. Ca ne fait aucune différence pour moi d'être en Allemagne ou aux Etats-Unis.

(Ndlr : Re-visite de l'attaché de presse, pour nous dire que le temps est écoulé. On essaiera d'arracher une réponse à Adam à propos de la politique américaine, mais en vain…)

 

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L'interview de Adam Green (mars 2004)
L'interview de Adam Green (7 juin 2005)

En savoir plus :

Le site officiel d'Adam Green

Crédits photos :Thomy Keat (plus de photos sur Taste of indie)


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# 20 octobre 2019 : De tout, pour Tous

Encore un programme bien chargé et très éclectique au travers de notre sélection culturelle hebdomadaire. Beaucoup à lire, à voir, à écouter... alors ne perdons pas de temps. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Engine of paradise" de Adam Green
"Phantom solids" de Lunt
"Fear of an acoustic planet" de Tahiti 80
"A wonder plante to" de Nilok 4tet & Daniel Zimmermann
"Six strings under" de Eric Legnini
Sarah McCoy et Dom La Nena au Nancy Jazz Pulsation
"Nothin' but" de Flyin' Saucers Gumbo Special
"Comfort zone" de Hugo Lippi
"Hors l'amour" de Jean Felzine
"A ciel ouvert" de Kaori
Rencontre avec Lady Arlette, accompagnée d'une session live et acoustique
"Vinyles, suite" c'est le titre de l'émission #3 de Listen in Bed
"Déluge" c'est le troisième volume des Mix de Listen in Bed
"Hybrid" de Yosta
et toujours :
"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Orouni en session live dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Cirque Leroux - La Nuit du Cerf" au Théâtre Libre
"Un jardin de silence" à La Scala
"Frida jambe de bois" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Fleur de peau" au Théâtre Essaion
"Habiter le temps" au Lavoir Moderne Parisien
"Wilde - Chopin" au Théâtre Le Ranelagh
"En ce temps là l'amour..." au Théâtre des Mathurins
"Imposture posthume" au Centre Culturel Suisse
"Fred Tousch - Fée" au Théâtre de Belleville
"Corinne Zarzavatdjian - Un nom à coucher dehors !" au Mélo d'Amélie
des reprises :
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Crépuscule" au Théâtre de l'Epée de Bois
"J'aime Brassens" au Théâtre d'Edgar
et la chronique des spectacles déjà à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Vampires - De Dracula à Buffy" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"Cléopâtre" de Alberto Angela
"Histoire du Canada" de Daniel de Montplaisir
"Je te suivrai en Sibérie" de Irène Frain
"La source de l'amour propre" de Toni Morrison
"Ordinary people" de Diana Evans
"Vik" de Ragnar Jonasson
et toujours :
"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Guerilla, le temps des barbares" de Laurent Obertone
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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