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puce La Nouvelle scène rock parisienne : Parisians - The Naast - Second Sex - Violett - Brats - Audition - Pravda
  avril 2006

La nouvelle scène parisienne ou comment appeler pompeusement des gens faisant du rock and roll

Ca a commencé comment cette histoire? Comment en est-on arrivé là? Bah en fait j'avais acheté une guitare, un Cort G series, l'un de ces trucs faits en Indonésie. C'est une copie Fat Strat qui coûte 370 euros. C'est souvent comme cela que l'on commence à jouer du rock and roll, l'achat d'une guitare ou la découverte d'un disque fondateur.

Alors les petits parisiens, j'ai commencé à en entendre parler un peu trop tard, trop tard pour me sentir dans leur mouvance. Le tout a commencé à peu près en même temps que l'époque fleurissante de 20 six. L'internet n'avait jamais semblé être aussi démocratique. Virginie Despentes écrivait son blog tous les jours. Pour le reste on lisait aussi les exploits d'une jeune fan des Libertines fraîchement entrée à Rock & Folk, Busty la bien nommée.

Alors toute l'action se situe dans un époque chaotique où le doute s'installe dans le coeur des gens : les Libertines vont-ils se séparer ou non? Voilà, on est à peu près en octobre 2004 pour tout dire. Donc, nous commencions tout juste à entendre parler des Brats et des Naast dans les écrits des blogeurs racontant leur nuit folle dans le tout Paris.

Puis il y eut un premier contact visuel: Rock & Folk a commencé à parler tous les mois des tristement nommés Parisians qui avaient droit à de petites photos dans la section news du journal. Tristement nommés car on se demande : Comment peut-on choisir un nom pareil ? Puis le tout démarrera vraiment avec le Blog Rock Child où l'on peut admirer ces groupes dans toute leur gloire, pleins de sueur et de poses rock and roll (bras croisés contre le mur gris... ça marche bien).

Voilà grosso modo l'histoire de ce buzz. Il faudrait bien sur rajouter les concerts au Bar 3 et le tout serait plus complet. Et moi, bien sûr, dans ma province normande, je fantasmais tout cela m'imaginant ce que ça pouvait être. Mais en réalité... je m'en foutais complètement, tout ce qui m'intéressait c'était qu'Eudeline était revenu avec un nouveau groupe et qu'il jouait avec ces gamins. Puis, faut dire que les tronches ne me revenaient pas trop.

Surtout les Naast avec ce côté minet de la mort, pas rasé car prépubère. Des mod's tout cela... version 2005 et sans Vespa. Puis ce qui me dérangeait d'autant plus était que leur look ressemblait beaucoup à celui des royalistes de mon lycée, alors forcément, c'est pas très rock 'n' roll.

Donc l'histoire tenait surtout des looks des Naast. On les avait déjà tous repéré. Surtout un en fait, le plus remarquable car le plus insupportable, Clod Naast. Oui le pire de la bande, un mec improbable. Clod Naast avait le tout du péteux parfait, surtout le jour où je l'ai vu de près.

L'homme (bon il avait à peine 16 ans) à l'époque baladait a son bras un fille, puis il avait ce sourire agaçant qu'ont les gens qui ont vu que votre braguette est ouverte. Bref, une horreur. Puis je suis allé les voir en concert, car il faut quand même voir ça. Un truc à voir oui... Il y a une chose sure, les Naast ont des groupies. Non, mais pas deux pélerines isolées, ils ont de quoi changer de monture tous les jours jusqu'à leur majorité!

Les filles sont très amoureuse des Naast, on est même au bord de l'explosion de foufoune à l'heure de leur entrée sur scène. Mais une fois là haut... Je me souviens de cet article sur les Naast dans Rock & Folk intitulé "J'ai vu la vierge!". Bah moi je peux vous dire que j'ai vu la vierge, le potiron et la tirelire qui vont avec!!

J'ai pris ces mecs pour des bouffons de premier étage, mais la vérité est qu'ils m'on foutu UNE GROSSE CLAQUE DANS LA GUEULE, point barre. Trois notes ont suffi pour amorcer un véritable pogo de 40 minutes. Franchement, je n'ai pratiquement rien vu, rien entendu de ce concert. Je n'avais que diffusée dans le corps cette magnifique substance, rythmique de la rage, fureur adolescente. Ce qui anime cette musique, c'est le sang noir, le grand responsable des "humeurs négatives" et tout le tralala violent. Bah c'est ça, un putain de pied, le genre sexuel, un truc que l'on trouve que dans les incantations "Shake it baby" chez le Lenon de Twist and Shout.

Alors dans chaque inspiration que prenait Gustave Naast avant de lancer la musique, ici se cache un truc oppressant, plus excitant qu'un simple "un, deux, un deux trois quatre". Gustave est grand, et apparemment trop sûr de lui... mais c'est ce qui le rend menaçant. Quand à Clod, il est... bouleversant. La rage physique de ce garçon est une injonction à la débauche. Une telle puissance se dégage de lui dans sa manière de s'élancer, tomber vers son clavier, lui donner des claques pour qu'il se redresse. Puis ce qu'il y a d'agaçant chez lui, c'est qu'aujourd'hui il me fait penser à Vince Taylor quand moi au mieux on m'appelle Jésus Christ.

Bref, il me troue le cul. Il y a tellement d'énergie chez les Naast que le public ne sait pas quoi en foutre. Ainsi des filles de seize ans se roulent un patin baveux tout en me chopant la main tandis que des mecs slamment sans que personne ne les rattrape... trop d'énergie à dégager en même temps,

Et puis l'insupportable, il y en avait aussi chez les Second Sex. Oui, sur Canal Plus, de vrais petits pisseux en herbe. Enfin, la fille qui s'occupe de la musique chez Denisot avait... comment a dit mon père...ah oui c'est ça "les yeux qui brillent et la culotte trempée". Oui toujours très fin mon père, Mais eux aussi il fallait les voir sur scène.

Puis sur scène, encore une fois c'est génial , ça fout une banane d'enfer. Bon, OK, leur chanson "Cowabunga" est une horreur. En plus on ne me la fait pas à moi, mes premières mots ont été Technodrome, Tortue Ninja et Dimmension X... les vrais fans savent de quoi je parle. Mais à part cela, je reste passionné par la frange du bassiste. Non c'est gratuit de ma part, vraiment pas sympa, un peu langue de pute. Mais sinon, ils sont impressionnants car ils sont en seconde et vivent leur truc à fond, dansent comme Lenon en 64-65 (en se tordant les genoux) puis l'autre joue ses accords comme si c'était une question de vie ou de mort. De toute manière, le rock est une question de vie ou de mort.

Par contre, pourquoi porter sa basse si haut, façon Birds, avec le corps sous la gorge? Leurs chansons n'en restent pas moins efficaces, juvéniles (ce qui est un compliment) et puis quelle fraîcheur! Jeunes de 15 ans au Virgin Megastore lançant leur guitare à terre, sautant sur le sol, criant ses poumons... voilà en fait.

Puis, j'ai un peu des chouchoutes. Enfin ça fait débile comme expression, super yéyé. Mais, je suis tombé amoureux, amoureux d'une chanson, chose compliquée pour tout rapport physique. Bref, "Pour changer ça" des Violett. J'aime cette chanson car on dirait du Simon and Garfunkel fait par des filles, donc un truc bien moins chiant. Alors oui, les Violett, le seul groupe capable de faire rire et pleurer. Bon, déjà rire c'est pas mal, surtout quand c'est pas s'esclaffer pour te foutre de la gueule de ce qu'il y a sur scène; mais alors pleurer sur de la musique d'aujourd'hui... ça n'arrive plus que sur du Rafaël et sa caravane pourrie.

Puis ce qu'il y a d'appréciable avec les Violett c'est que c'est un vrai groupe, pas un terrain de combat pour egos surdimensionnés. Il y a une vrai complémentarité entre les membres du groupe, et une vraie relation. Et des filles qui chantent à deux, c'est assez rare pour être signalé. Alors oui, elles passent de chanson pop débilatoire style "Quand je serai grande", à de vraies chansons rock comme "L'amant".... puis de belles chansons, trucs appelés ballade de nos jours, mais surtout des putains de chansons.

C'est marrant, ça me rappelle un peu "Mother Nature's son" qu'il y a sur le White Album, l'une de ces choses trop belles pour être vraies, une chanson très intelligente dans sa construction. Les Violett sont intelligentes, je pense qu'elles sont sur le point de nous pondre de sacrées chansons.

Bon, il ne me manque que les Brats et l'on aurait parlé des 4 groupes principaux. Mais je n'ai jamais vu les Brats, alors on attendra le concert des Stooges. Bon, il y a quelque chose de sûr, il existe un vrai décalage entre cette génération et la mienne. La différence entre moi et eux, c'est que j'ai découvert le rock avec des gens morts ou qui n'ont pas trop d'intérêt à être vus sur scène (entendre ici Lou Reed). Mais eux, ils ont découvert le truc avec des mecs de leur âge sur les planches, transpirant et saignant pour de vrai... c'est ça la magie de la chose. Tout cela a donné naissance à des nombreux groupes : Byrons, Shades, Polocks, Hang Over... bref, que de nouveautés !

Puis tout ce petit monde se retrouve avec un CD: le live Passe ton Bac D'abord. Alors autant le dire tout de suite, il n'est pas terrible. Déjà il commence par "Cowabunga" (sic), le morceau des Second sex comme Naast ont beaucoup moins de pêche. Puis les morceaux des Violett sont ratés, problème rythmique, chant faux... quand à Audition et Pravda... ça se défend mais je ne vois pas ce qu'il y a à défendre.

Non, disons que les bons morceaux ici sont ceux des un peu plus âgés : Parisians, Hush Puppies, Hell Boy et Eudeline. Leurs morceaux sont bons, les plus jeunes ont beaucoup évolué en dix mois. Ce cd est intéressant car c'est une manière de ce faire une idée de la chose, le premier manifeste du genre gravé et... il n'est pas très cher.

En tout cas les petits parisiens sont en marche. On croit plus facilement en eux que dans les mouvements étudiants.... et ça c'est plutôt bon signe.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

L'interview de Violett (1ère partie)
L'interview des Violett (2ème partie)
Second Sex en concert à la Maroquinerie en décembre 2005


L.J.Jet         
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# 10 novembre 2019 : Non à la morosité

Faites une pause avec l'actualité, faites une pause avec les réseaux sociaux et profitez plutôt de notre sélection culturelle hebdomadaire avec des tas de belles raisons de se réjouir un peu. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy
et toujours :
"A l'oblique" de Phôs (Catherine Watine & Intratextures)
"So cold streams" de Frustration
"Liszt : O Lieb !" de Cyrille Dubois & Tristan Raes
"Au revoir chagrin" de Da Silva
"Ca" de Pulcinella
"Roseaux II" de Roseaux
"Symphonic tales" de Samy Thiébault
"Ca s'arrête jamais" de The Hyènes
"Ils se mélangent" de Djen Ka
Rencontre avec Joséphine Blanc accompagnée d'une session 3 titres acoustiques
"Funkhauser" de My Favorite Horses
Oiseaux Tempête et Jessica Moss au Grand Mix de Tourcoing

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Une des dernières soirées de Carnaval" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Les Mille et Une Nuits" au Théâtre national de l'Odéon
"21 Rue des Sources" au Théâtre du Rond-Point
"La dernière bande" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Mademoiselle Julie" au Théâtre de la Tempête
"Que Crèvent tous les protagonistes" au Théâtre 13/Seine
"Léonard de Vinci, l'enfance d'un génié" au Studio Hébertot
"L'Effort d'être spectateur" au Théâtre du Rond-Point
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"Olympicorama - Epreuve n°4 : le 100 mètres" à la Grande Halle de La Villette
"La Diva divague" au Théâtre de Dix Heures
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"Les Membres fantômes" au Théâtre La Flèche
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Expositions avec:

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"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
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"Une famille presque normale" de M T Edvardsson
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"L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent" de Philippe Delerm
"La frontière" de Don Winslow
"Les quatre coins du coeur" de Françoise Sagan
"Miracle" de Solène Bakowski
"N'habite plus à l'adresse indiquée" de Nicolas Delesalle
"Une vie violente" de Pier Paolo Pasolini

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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