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Théâtre des Bouffes du Nord  (Paris)  janvier 2024

Monologue dramatique écrit par Claudine Galéa et interprété par Valérie Dréville dans une mise en scène d'Emilie Charriot.

Elle s'approche. Sans qu'on la voit venir du lointain des coulisses. Sans que la lumière d'Edouard Hugli ne réagisse à cette venue. La scène des Bouffes du Nord est vide sans même une chaise ou un pupitre. On aimerait dire dans son jus, mais, depuis le départ de Peter Brook, on a refait le sol, couleur noir macadam. Comme si le sol était une piste pour que s'envole un avion, ou préchauffe un bolide.

Et c'est l'impression que donne Valérie Dréville : celle d'un prototype parti pour une heure d'une course effrénée, virtuose, franchissant tous les obstacles. tous les mots, sans risque qu'ils se télescopent, qu'ils se perdent sans qu'on les entende. Pour une grande actrice, toutes les phrases se franchissent le road-book en bouche. Comme d'habitude, elle est venue sans apprêt, en pantalon noir et pull en v bleu.

La dernière fois qu'on l'a vu, elle était sur une scène peuplée pour des monologues plus habitées, ceux de Gérard Watkins dans "Voix". Cette fois-ci, elle est seule pour interpréter un texte de Claudine Galéa, conçu comme "Au bord" pour le théâtre.

On y parle de Falk Richter, de chansons de Noël, de Frank Sinatra et de My Way, d'un père militaire en Algérie, d'un autre atteint d'un cancer et de toutes les consciences féminines suiiiiiiiiiiiii...

Si l'on est attentif à l'interprétation de Valérie Dréville, on repérera les césures. Si on est déjà sous le chamre de sa voix, on entend plus qu'on ne comprend. On est ailleurs. Parfois Valérie se permet des intonations "bernhardiennes" quand il y a une possibilité de ses rabâchages qui étaient la marque de fabrique du grand imprécateur autrichien.

Emilie Charriot, dans sa mise en scène, n'a pas jugé bon d'enrayer la machine Dréville. Pas beaucoup de mouvement. Pas beaucoup de jeux de lumière non plus. Sans qu'on puisse parler pourtant d'ascétisme. Il y a chez Valérie Dréville une décontraction dans le statique qui défie tout minimalisme... Même droite comme un "i", elle paraît libre, capable de soudaines inflexions de sa voix. Une voix qui n'est pas non plus une voix parfaitement reconnaissable, estampillée et reproductible. On sent qu'elle peut en jouer comme un instrument de musique qui n'a pas qu'un son, qui s'accorde aux variations. Attention, ce n'est pas non plus un organe hypnotique... Des auditeurs/spectateurs peuvent décrocher, s'ennuyer. On a parlé de "mécanique Dréville", certes, mais ce n'est pas un robot qui réussirait à chaque fois son coup.

Apparemment, Valérie Dréville a un atout pour ne jamais se crasher : elle aime le texte de Claudine Galea qui évoque les choses, les chansons, les êtres et ne revendique aucun exercice de style pas plus que la pratique du morceau de bravoure. C'est peut-être ça qui en fait un texte typiquement féminin. Un texte pas facile à résumer ni à catégoriser.

Il y a du mystère chez Claudine Galea et Valérie Dréville a su le saisir sans chercher à le détricoter. Elle ne rend pas "Un sentiment de vie" compréhensible ou incompréhensible. Elle l'expose, le défend, le pénètre et ne cherche jamais à le domestiquer.

Elle peut l'interpréter mille fois sans qu'il cède sous la répétition. On comprend pourquoi on la sent heureuse d'être sur scène à dire fièrement ce beau texte sans espoir mais pas désespérant pour autant.

 

Philippe Person         
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