Spectacle de Xavier Kutalian, mis en scène par Xavier Lemaire avec Xavier Kutalian.

Le Studio Hébertot accueille jusqu'au 28 mai prochain la nouvelle pièce L'arche et le château de Xavier Kutalian.

En 1915, le gouvernement turc perpétue un génocide au cours duquel les deux tiers des Arméniens, qui vivaient alors sur le territoire de l'actuelle Turquie, périrent du fait de déportations, de famines et de massacres de grande ampleur.

La pièce nous plonge dans la période après génocide, dans les années 1920, et présente l’histoire d’un orphelinat arménien, le "Foyer Howard Karagheusian" qui s'installa en France, dans le Loir-et-Cher.

L'orphelinat fut la réalisation d’un homme qui mit toute sa volonté, sa fortune et son espérance pour permettre à des orphelins arméniens d'avoir un toit, une éducation, et la possibilité d'un avenir.

À partir d'un manuscrit trouvé chez ses grands-parents, Xavier Kutalian nous offre un texte qui remet en perspective l'histoire du peuple arménien au travers de ses enfants survivants, qui durent s'inventer un avenir dans un territoire et un contexte européens hostiles.

Resituant habillement le contexte géopolitique historique complexe, Xavier Kutalian alterne explications qui contextualisent la mise en oeuvre de cet orphelinat, et incarnation des différents personnages, tout à la fois donateur et enfant orphelin. Il nous prend par la main pour nous faire voyager du Bosphore au Loir-et-Cher, via des personnages aussi forts qu’attachants.

L'histoire est bouleversante et le spectacle poignant. Xavier Kutalian, par son écriture et sa mise en scène, parvient à créer un récit à la fois intime et universel.

Il incarne et rend un hommage subtil et tendre aux multiples personnages. En véritable caméléon, il bascule de l’un à l’autre sans nous perdre une seconde.

Les tableaux s'enchaînent au son du doudouk arménien et nous transportent dans ces espaces temps de l'histoire, de notre Histoire.

La musique et les subtiles variations de lumière, s’accordent de façon très délicate au récit sans jamais prendre la vedette.

On s’attache très vite aux protagonistes et surtout à la performance époustouflante de Xavier Kutalian !