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Interview  (Paris)  20 juin 2006

Asyl, nouveau talent de la scène rock française selon l'expression consacrée. Traduction : 4 jeunes gens venus de La Rochelle qui livrent un rock fortement teinté d'influences anglo-saxonnes, entre autres, comme ils nous l'expliquent dans cet entretien en forme de conversation à bâtons rompus dans leur hôtel, la veille de leur prestation parisienne pour la Fête de la Musique.

Formé il y a 10 ans, dans les cours d'école, par Mathieu Lescop, Antoine de Saint Antoine, Nicolas et Benjamin Freidline, les Asyl ont su progresser et tenir le cap pour aujourd'hui arriver enfin à un premier album, Petits cauchemars entre amis, et à un petit succès naissant sans pour autant que " la ville de La Rochelle nous ait beaucoup aidée. Il n'y a pas beaucoup d'infrastructure pour soutenir la scène musicale locale ".

En revanche les "salles subventionnées arrivent à soutenir les groupes en mettant à disposition des salles de répétitions ou en programmant les groupes " et puis il y a les Francofolies à l'occasion desquelles les Asyl jouent souvent. " Nous avons une carte d'abonnement ! " plaisantent-ils.

La Rochelle est pourtant une ville active sur le plan musical et les Asyl nous rappelle l'existence de nombreux groupes, notamment sur la scène rock métal, Emo et hardcore tels que Malleus maleficum ou Feeding qui contribuent tous au développement culturel, aussi underground soit il, de la ville.

Pour la scène punk rock il faut en fait descendre un petit peu, jusqu'à Bordeaux et ses groupes punk parmi les pionniers du punk en France. Strychnine en tête, groupe obscur, inconnu de beaucoup d'entre nous, auquel hommage est rendu sur le EP Intérieur-extérieur grâce à la reprise de " Génération vaincue " qui fera aussi le bonheur des spectateurs lors des prestations live du groupe.

Et puisqu'on parle de Bordeaux il faut bien évoquer le phénomène Noir Désir même si Asyl est pour une fois relativement épargné par la comparaison.

Pourtant le groupe ne la refuse pas catégoriquement. " Bien sûr qu'il y a du Noir Désir en chacun de nous ", et même si " la démarche est un peu la même, la forme est bien différente ". En plus les Asyl font la musique pour la musique et ne se veulent pas engagés politiquement. Ils reconnaissent pourtant que le fait de " faire de la musique n'est pas un travail comme un autre " et s'avère quelque part " une démarche politique, au sens premier du terme, sans pour autant se vouloir militant ".

Pourtant le lien avec le groupe bordelais semble plus étroit qu'il n'y parait. Ainsi " nous nous sommes rendu compte, après coup que nous faisions sur scène les mêmes reprises que Noir Désir à leur début, notamment des reprises du Gun Club et bien sur Strychnine. Mais sans volonté de vouloir faire la même chose. Nous ne le savions pas, c'est plus tard que l'on nous l'a fait remarquer ".

Si l'on veut remonter à la source des influences de Asyl, il faut quoi qu'il en soit quitter La Rochelle, quitter Bordeaux et quitter la France.

Les 4 membres du groupe ont grandi au son du punk rock anglais bien sûr. On reconnaîtra tant les influences des Buzzcocks que du Gang of Four, des Sex pistols ou de Joy Division. Mais c'est aussi vers les amériques qu'il faut se tourner. New York et sa scène underground passée, notamment les mythiques Television, mais aussi vers Fugazi et bien entendu toute la scène rock et grunge de Seattle.

Si l'on évoque Blur, dont Antoine de Saint Antoine arbore un superbe tshirt, cela sème un peu la confusion dans le groupe. Si Antoine comprend tout de suite à quoi il est fait allusion, en l'occurrence la franche tendance du titre " Intérieur – extérieur " à faire penser à " Boys and Girls " des Blur, les autres membres restent un peu évasifs. " Oui peut être que la ligne de basse s'approche assez de cela, mais tu sais Blur a fait tellement de trucs différents ", ou encore " Ce n'est en aucun cas un hommage ni même un plagiat, c'est un pur hasard et peut être que effectivement inconsciemment Blur a pu être une influence à ce moment là mais ce n'est vraiment pas quelque chose de calculé ".

En réalité, nous dit Mathieu, chanteur charismatique et auteur des textes de Asyl, " ce morceau se veut être une parodie, un anti-tube. Ca ressemble à un tube de l'été avec sa ligne de basse son rythme dansant et entêtant et derrière il y a un texte pas du tout glamour, pas tropical du tout, on avait envie de ce décalage ".

Alors on parle de la place de la musique dans leur vie. Devenir musicien c'est un vrai choix, pourquoi prendre ce risque plutôt que de jouer en dilettante et gagner sa vie avec un boulot "standard" ?

La réponse ne se fait pas attendre et est collégiale. " On ne se voyait pas avoir une vie classique, du style métro-boulot-dodo… La musique c'est un travail pas comme les autres, un truc à part dans lequel tu te donnes à fond ". C'est le moyen pour le groupe " d'évacuer et de canaliser nos angoisses, c'est un besoin…. Quelque part c'est un geste politique. C'est un vecteur qui nous permet de nous confronter avec le monde extérieur, de surmonter les obstacles".

Plus qu'une passion, la musique est un choix de vie donc. Et c'est en cela que la notion de choix "politique" entre en ligne de compte. C'est une des derniers bastions de résistance face à la vie "standard et bien rangée relayée dans tous les médias". La musique est un art et l'art seul permet cette lutte.

Lucide, Asyl, mais cela n'empêche pas l'humour et Benjamin d'ajouter " On aime les arts bien sur, mais c'est pas pour cela qu'il faut perdre la queue ! ".(sic)

" On est un peu dans nos rêves, dans un monde idéalisé grâce à la musique. C'est un peu le monde de Peter Pan… même si bien sur il y a toujours le capitaine Crochet qui rôde ".

Groupe plus engagé qu'il ne veut l'avouer donc avec des idées claires et précises sur leur statut d'intermittents : faire bouger les choses, à leur échelle et c'est déjà pas si mal !

Et c'est avec Petits cauchemars entre amis, leur premier album, que Asyl commence à agiter notre gentille petite planète.

Issus de leur travail ancien, comme tout bon premier album qui se respecte, les titres présents sur l'album ne sont pas un best of. Loin de là. " Petits cauchemars entre amis est en fait bien entendu composé de chansons assez anciennes mais de beaucoup de travail récent également. Ce qui était important c'est d'avoir un album cohérent et qui ait une coloration uniforme, pas une compilation de choses trop différentes… Ainsi afin de garder cette cohérence, certains titres ont été travaillés ou composés peu de temps avant l'enregistrement de l'album et finalement il y a un équilibre entre des titres écrits il y a assez longtemps que l'on aimait bien et que l'on souhaitait garder et des choses plus récentes directement travaillées au studio Le Chalet de Bordeaux pendant l'enregistrement ".

Avoir un album cohérent est une chose mais le groupe ne fait pas pour autant de ce premier album une ligne de conduite à suivre à vie. Ainsi Mathieu annonce, pince sans rire, que " ce premier album se veut un peu dans une lignée de rock dur et radical mais cela n'exclut pas que le deuxième album de Asyl n'aura peut être rien à voir et vous fera tous pleurer ".

Remise en question d'un disque à l'autre plutôt que d'appliquer une bonne vieille méthode qui a déjà fait ses preuves. Voilà bien là ce qui pourrait faire la différence entre un groupe brillant et des opportunistes. Asyl a choisi son camp. Celui du cœur et des tripes. Le plaisir sans les concessions.

Le plaisir passant par les compositions, inévitablement. En ce qui concerne l'écriture, Mathieu n'a pas de prétention d'auteur et avoue que l'écriture est parfois assez chaotique.

Faite de notes prises sur des cahiers et parfois regroupées ensemble pour en faire une chanson. Il " ne part jamais d'un thème prédéfini mais je me laisse guider. L'inspiration peut venir de tas de choses différentes, comme le cinéma, des livres ou encore des rêves. C'est une forme d'écriture assez instinctive, je ne suis pas un écrivain qui décide d'un thème et le développe. Je laisse venir les choses à moi… Ce sont des idées, des flashs, des choses qui me surprennent. J'essaie de faire en sorte de parler des sujets que j'aborde de manière un peu décalée, inhabituelle ".

Cette façon d'écrire donne des textes qui semblent au premier abord un peu décousus mais assez poétiques dans la forme tandis que le fond est souvent un effectivement un peu décalé et provocateur, presque ironique.

La composition finale des morceaux vient d'un mélange de musiques, existantes ou non avec les textes. " En principe on essaie des choses, certains commencent une mélodie et je teste les textes dessus, j'en essaie plusieurs et on voit ce que cela donne… parfois il s'agit même de plusieurs morceaux de textes différents assemblés entre eux ".

Cette méthode à la fois démocratique et un peu anarchique permet au groupe de se surprendre sans arrêt et de renforcer leur complicité. " il faut se laisser surprendre et que la chanson au finale soit touchante", voilà la recette qui parait simple mais souvent négligée par beaucoup de groupes actuels.

Sur scène, c'est un peu le même principe. Les Asyl surprennent et se surprennent. " 10 ans que l'on joue ensemble ça permet de faire des choses sur scène que l'on ne pourrait pas faire autrement ".

Quoi que puisse en dire la presse, " Il n'y a pas de chorégraphie sur scène, on n'est pas les L5 ! ". " Ce que nous voulons sur scène c'est réussir à installer quelque chose entre nous et le public ". Et ce n'est pas toujours facile car le public n'est pas toujours très réceptif. " Un live ce doit être un partage avec le public. Mais parfois les gens se croit devant un clip et oublient totalement qu'ils sont face à un spectacle vivant alors qu'en fait il faut que chacun donne à l'autre".

Chaque concert de Asyl est donc différent, basé sur l'énergie du groupe et de la salle. "C'est une question d'impulsion, nous réagissons par rapport aux pulsions et impulsions du public et inversement ". Ainsi selon l'état d'esprit des uns et des autres tout peut basculer. "C'est par exemple plus difficile pour un concert qui est directement lié à la sortie de l'album, où tout le monde t'attend au tournant, tu as plus de stress et c'est plus difficile de provoquer une réaction à la musique . Quoi qu'il en soit la musique doit être un partage et doit provoquer des réactions ".

Mathieu disait lors de son concert de la Maroquinerie, lorsqu'il faisait asseoir la salle par terre en quelques secondes, que " nous avons beaucoup mieux à faire ce soir que de faire un suicide collectif. Partageons la musique et partageons ce moment ensemble. Faisons des trucs de fous. Eclatons nous "… Pour Asyl chaque concert doit être un happening, un moment unique dont on se rappellera… dont acte !

Français par hasard, musiciens par passion, Asyl est bel et bien un des plus grand espoir depuis longtemps de la scène rock française. Ne vous arrêtez donc pas à leur apparente arrogance sur scène, les 4 membres d'Asyl ont en plus d'un talent certain, un charisme et un capital sympathie non négligeables.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Petits cauchemars entre amis de Asyl
La chronique de l'album Brûle brûle brûle de Asyl
Asyl en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2006 (vendredi)
Asyl en concert à La Maroquinerie (8 juin 2006)
Asyl en concert au Festival Le Rock dans tous ses états 2006 (vendredi)

En savoir plus :

Le site officiel de Asyl

Crédits photos : Loic Le Quéré (les photos originales sur Taste of indie)


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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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