Texte de Chloé Oliveres, co-mis en scène par Papy, avec Chloé Oliveres.
Mon côté Wertheimer se présente comme une plongée autobiographique dans l’histoire de quatre générations de femmes, explorant leur santé psychique.
En enquêtant au sujet de Victorine, son arrière grand-mère diagnostiquée "mélancolique" et hospitalisée à Sainte-Anne durant 10 ans, Chloé Oliveres se questionne sur les frontières de la normalité, explore l'anamnèse transgénérationnelle, et tend à toucher du doigt les raisons et les endroits de la vie où advient la "folie".
L’écriture est ciselée et percutante, portée par l'interprétation nuancée et émouvante de Chloé Oliveres, qui oscille entre humour et gravité, abordant plusieurs thématiques sensibles : la maladie mentale, la maternité non désirée, l'héritage familial et le souci de rompre un tel cycle coercitif.
La mise en scène épurée permet à la comédienne d'incarner tous ses personnages dans des tableaux figurés avec inventivité et poésie.
Cette ambivalence offre au public un espace de réflexion plein de nuances, on rit bien sûr, et à l'écoute des voix qu'incarne Chloé Oliveres, comme celle de Virginia Woolf par exemple, on aborde des dynamiques familiales universelles.
Avec une analyse quasi sociologique sur la santé mentale féminine à travers les âges, et sa propre peur de "devenir folle", Chloé Oliveres rend un magnifique hommage à ces femmes - ses femmes - en équilibre fragile sur sa branche généalogique.
Seule sur le plateau, elle incarne avec nuance tous les personnages, en jouant de sa voix et de son corps, naviguant sans cesse entre rire, colère, tendresse et vulnérabilité.
Le public est invité à s’immerger dans cette exploration familiale et la pièce devient une conversation tout en proximité.
Mon côté Wertheimer se révèle être un seul-en-scène touchant et troublant, ancré dans une démarche d’exploration résiliante.
Une très belle pièce !
