Un petit détour cette semaine auprès des éditions Hélice Helas avec un ouvrage venant de loin, écrit par un auteur tchado-suisse qui endosse la voix d’un conteur pour nous proposer un ouvrage, La fabrique du merveilleux, une lecture qui fait écho aux crises que traversent les pays du Nord et les pays du Sud. On se retrouve au milieu d’un récit universel, résolument politique, écologique et spirituel.
Il y a fort longtemps, dans la lointaine principauté de Lara, une jeune courtisane fait une ascension fulgurante auprès du monarque Laoula. Subjuguant la cour, évinçant les autres épouses, remplaçant les conseillers, la reine Poudoudou règne par la terreur et en quelques lunes seulement, son contrôle sur le royaume est absolu et indéniable.
Cependant, dans la forêt primordiale, des rêves à l’état brut sont fabriqués, prêts à être livrés aux humains. Les arbres et les animaux s’unissent à la divinité Sou pour concocter des rêves de liberté, chargés de couleurs, d’insolite et de magie. Ces rêves venus tout droit de Lony, le monde qui nous habite, prennent vie dans Lokissy, le monde que nous habitons. Guiliguili et Tipipi sauront en tirer parti pour renverser le tyran, éloigner les cauchemars et les ténèbres et améliorer la vie de tous. Mais que faire de ces rêves et du merveilleux une fois la paix et la prospérité revenues ?
Vous l’avez compris, autour d’une fable ou d’un conte philosophique, l’auteur nous invite à réfléchir de façon intelligente et subtile sur ce qui nous entoure, sur la démocratie et son complexe maintien mais aussi sur la notion de progrès et son usage intelligent pour éviter les risques qui peuvent lui être liés.
L’ouvrage se compose de nombreux récits qui s’entrelacent à merveille entre eux. C’est superbement écrit, ce qui montre qu’il existe de nombreux auteurs trop peu connus venant des quatre coins du monde qui sont capables par leurs mots de nous émouvoir. L’auteur nous propose ici un univers jubilatoire, fait de rêves et de réalité, poétique, merveilleux et magique à la fois, grave et drole aussi qui emporte le lecteur.
La fabrique du merveilleux, qui porte bien son nom est un ouvrage plaisant et dépaysant qui fait partie de ces ouvrages dont on n’attend pas grand-chose en le débutant et qui, au final, nous fait dire qu’on a bien fait de l’avoir entre les mains quelques heures. Une bien belle découverte en quelque sorte !
