Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep Twitch
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Cali - Rit - Poum Tchack
Théâtre antique  (Arles)  28 juillet 2006

La musique est-elle meilleure, jouée dans de beaux sites ? Sans aller jusqu'à défendre cette idée, qui ferait fi de la prestation des interprètes, il faut reconnaître que le cachet d'un théâtre antique tel que celui d'Arles, avec ses vestiges de colonnades en fond de scène, ne peut qu'ajouter au plaisir d'assister à un concert.

Ce 28 juillet, devant une foule majoritairement jeune et féminine massée là pour Cali, c'est le marseillais Rit qui a eu l'honneur d'ouvrir la danse, sur fond de soleil déclinant et de premier croissant de lune montant.

Seul en scène, Rit est une sorte d'homme-orchestre écolo-tranquilo. Grosse caisse et shaker aux pieds, guitare à la main, harmonica autour du coup, symbale à portée de frappe, le gaillard parvient encore à se sampler, à se prendre pour une boîte à rythme ou à se lancer dans des imitations de trompette à la bouche.

Au-delà de la performance qu'il peut y avoir à coordonner tout cela, le public aura su ce soir-là être sensible à la douceur de l'homme, qui donne à sa musique, "chanson tranquille", comme il la décrit lui-même, un côté candide, idéaliste, auquel on aime à se laisser prendre un peu. Non sans une touche d'humour, voire d'autodérision, tout à fait appréciable, Rit sait surtout construire avec son public une relation touchante d'authenticité, où transparaît une envie de partage des plus touchantes.

Il semble heureux d'être là, tout simplement, conscient de la chance qu'il a de pouvoir faire entendre sa voix - et sa musique. Certainement est-ce le sens de cette habitude qui consiste à photographier son public, à laquelle il ne manquera pas de satisfaire ce soir.

Après la douceur de Rit, place à l'énergie de Poum Tchack. Quand on habite comme moi Aix-en-Provence, d'où le groupe est originaire, on a eu bon nombre d'occasions de le voir sur scène.

A chaque fois, on aura assisté à la même chose : six hommes qui, par leur énergie, leur folie, leur inventivité et leur virtuosité, se saisissent d'un public généralement peu prédisposé (du swing manouche ? est-ce que j'ai la tête de quelqu'un qui écoute du swing manouche ?) et le promènent par toute la gamme de la bonne humeur, au rythme effréné de leurs pirouettes rythmiques et acrobaties mélodiques.

Swing manouche, d'accord, mais que Poum Tchack sait enrichir de mille autres influences, pour ne jamais se contenter d'être un "groupe de", serviteur obscur d'une musique traditionnelle - la tradition engloutissant les prête-noms, qui ne lui sont que prétextes à exister. Poum Tchack, bien au contraire, c'est un groupe original, avec son propre univers musical, riche et déjanté, étonnant de modernité sous ses airs bien sages d'exotisme de voisinage.

Sur scène, deux guitaristes, l'un soliste, l'autre rythmique, un chanteur-accordéoniste au charisme certain, un batteur et un contrebassiste, un violoniste survolté aux allures de maître de cérémonie, qui danse et bondit, galipette et tournicote, lançant ses acolytes dont un solo ou un chorus, quand il ne tambourine pas sur la contrebasse derrière lui ou ne joue pas de l'archet devant le nez d'un guitariste.

Tous musiciens hors pairs, pour peu que mes oreilles et mes yeux qui ont parfois avec eux du mal à suivre puissent en juger ; et tous très visiblement ravis d'être là, à jouer ensemble, à sentir venir à eux ce public qui ne rêvait que de Cali. Applaudissements aux allures d'ovation, rappel supplémentaire.

A ce niveau là, il n'y a plus lieu de parler de bonne humeur contagieuse : c'est à une véritable épidémie que l'on a affaire, et personne ne semble immunisé. L'effet Poum Tchack.

Après une telle prestation, aussi brillante que malheureusement brève (à peine 45 minutes), comment pourrait bien se passer le concert de Cali, la tête d'affiche de la soirée ? Il faut bien reconnaître que l'on pouvait avoir à l'égard de l'homme un certain nombre de doutes. Chanteur à minettes ou poète simple d'un quotidien dérisoire ? Quelle sincérité dans les déballages multiples de la souffrance affective de parfaits anti-héros modernes que constituent ses chansons ? J'étais pour ma part assez méfiant.

Cette méfiance ne m'a pas quitté de tout le concert. Certes, la prestation scénique elle-même est loin d'être mauvaise.

Avec pas mal d'humour et un grand appétit de scène, Cali mêle en concert les titres de ses deux albums, s'offre un intermède en forme de parodie des Rolling Stones, qui jouaient ce même soir à Paris, de reprise avortée de "No woman no cry", bavarde avec son public.

Surtout, il met dans l'interprétation de ses chansons une énergie qui peut faire oublier qu'elles sont proposés dans des versions presque identiques aux versions studio (si l'on excepte une version rallongée et dramatisée de "Dolorosa", qui sait prendre le temps d'une montée dramatique, d'une explosion, le chanteur se jetant au sol, pour un final peut-être un peu grandiloquent, mais tout à fait poignant).

Mais il y a chez l'homme quelque chose d'exagéré qui peut bien avoir l'air artificiel dans ses gesticulations ; dans la façon dont il surjoue ses textes ; dans l'admiration extrême qu'il manifeste trop longuement pour le lieu ; dans les remerciements interminables qu'il adresse aux organisateurs de son premier concert arlésien.

Mais il fait montre, dans le même temps, d'une générosité, tout au moins affichée, qui est réjouissante - comme lorsqu'il fait venir sur scène la fille de l'un de ses musiciens, dont c'était ce soir-là le sixième anniversaire ; ou dans son éclat de rire manifestement surpris, quand il aperçoit entre les deux grandes colonnes du théâtre antique, déguisé en César, l'un des proches du groupe qui vient de son pouce renversé répondre à la question "Aurais-je assez de talent pour que tu m'aimes tout le temps ?", posée dans la chanson Il y a une question ; dans l'ardeur qu'il met, en tout cas, à plaire à son public, à endosser l'habit qu'il réclame.

Là est peut-être le problème, finalement - le mien, en tout cas : le spectacle de Cali est construit pour plaire à son public ; et son public est plutôt féminin et a plutôt moins de 18 ans. Mais force est de constater que celui-ci est totalement ravi, et en redemande longuement ; et cela, on ne saurait que le mettre au crédit du chanteur.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album L'amour parfait de Cali
La chronique de l'album La vie ne suffit pas de Cali
La chronique de l'album L'Espoir de Cali
Cali en concert au Café de la Danse (1er juillet 2003)
Cali en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2004
Cali en concert au Festival Solidays 2004 (samedi)
Cali en concert au Festival de Dour 2004 (dimanche)
Cali en concert au Festival Les Vieilles Charrues 2004 (samedi)
Cali en concert à l'Olympia (21 novembre 2005)
Cali en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2006 (vendredi)
Cali en concert au Festival Le Rock dans tous ses états 2006 (vendredi)
Cali en concert au Festival des Vieilles Charrues 2006 (samedi)
Cali en concert au Festival de Saint Nolff 2006 - Fichez nous la paix !
Cali en concert au bordel magnifique - Live (octobre 2006)
Cali en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2008 (Jeudi)
Cali en concert à Zénith (14 et 15 avril 2008)
Cali en concert au Festival des terre-Neuvas Bobital 2008 - Vendredi
Cali en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort 2008
Cali en concert au Festival Furia Sound 2008
Cali en concert au Festival Fnac Live #3 (édition 2013) - Dimanche
L'interview de Cali (juillet 2003)
La conférence de presse de Cali (10 juillet 2004)

En savoir plus :

Le site officiel de Cali
Le site officiel de Rit
Le site officiel de Poum Tchack

Crédits photos : Cédric Chort (plus de photos sur Taste of indie)


Cédric Chort         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

• A écouter aussi sur Froggy's Delight :

La Chanson Du Jour 16 - Spirit Ditch de Sparklehorse (4 septembre 2016)


# 09 juin 2024 :Les nouveautés débarquent

Entre 2 tours de scrutin, il reste du temps pour découvrir notre sélection culturelle hebdomadaire. Cette semaine, c'est aussi le retour des sessions Froggy et ça fait plaisir !
Pensez aussi à nous soutenir en suivant nos réseaux sociaux et nos chaînes YouTube et Twitch.

Du côté de la musique :

Rencontre avec Baptiste Dosdat autour de son album "Batist & The 73", agrémenté d'une session
"The afternoon of our lives" de Olivier Rocabois
"Ciel, cendre et misère noire" de Houle
Alain Chamfort était au Point Ephémère
"Middle class luxury" de Beau Bandit
"As seasons changed" de Indigo Birds
"Jusqu'où s'évapore la musique" de Jérôme Lefebvre / FMR Ochestra
We Hate You Please Die, Jules & Jo et Hippocampe Fou dans un petit tour des clips de la semaine
"Upside down" de Manila Haze
"Volupté" de Marie Pons & Geoffrey Jubault
"Hey you" de Mazingo
"Réalité" de Moorea
"Bleu" de Olivier Triboulois
"Thalasso" de Soft Michel
"Rockmaker" de The Dandy Wharols
et toujours :

"Nos courses folles" de Les Fouteurs de Joie
quelques clips avec Lux, Tramhaus, Coeur Joie, Mélys, Resto Basket
"Ravage club" de Ravage Club
"A life of suitcase" de The Rapports
"The giant rooster" de Trigger King
"Homecoming" c'est le 31ème épisode du Morceau Caché

Au théâtre :

les nouveautés :

"Du domaine des murmures" au Théâtre Le Lucernaire
"Hepta, le grand voyage du Petit Homme" au Théâtre Essaïon
"Pourquoi Camille ?" au Théâtre La Flèche (et bientôt Avignon)

"Les vagues" au Théâtre de La Tempête
"Molly ou l'Odyssée d'une Femme" au Théâtre Essaïon

"Dictionnaire amoureux de l'inutile" au Théâtre La Scala
"La contrainte" au Théâtre La Verrière de Lille
"Les possédés d'Illfurth" au Théâtre du Rond Point
"Les tournesols" au Théâtre Funambule Montmartre
"Un faux pas dans la vie d'Emma Picard" au Théâtre Essaïon
et toujours :
"L'affaire Rosalind Franklin" au Théâtre de la Reine Blanche
"Un mari idéal" au Théâtre Clavel
"Chère insaisissable" au Théâtre Le Lucernaire
"La loi du marcheur" au Théâtre de la Bastille
"Le jeu des ombres" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Capharnaüm, poème théâtral" au Théâtre de la Cité Internationale
"Jean Baptiste, Madeleine, Armande et les autres" au Théâtre Gérard Philipe
"Majola" au Théâtre Essaïon
"Mon pote" au Théâtre de la Manufacture des Abbesses

Cinéma avec :

"La Gardav" de Thomas et Dimitri Lemoine

"Heroico" de Davis Zonana
"Roqya" de Saïd Belktibia
"L'esprit Coubertin" de Jérémie Sein
et toujours :
"Le déserteur" de Dani Rosenberg
"Marilu" de Sandrine Dumas
"Que notre joie demeure" de Cheyenne-Marie Carron
"Amal" de Jawad Rhalib
"L'île" de Damien Manivel
"Le naméssime" de Xavier Bélony Mussel
"Yurt" de Nehir Tuna
"Le squelette de Madame Morales" de Rogelio A. Gonzalez

Lecture avec :

"Joli mois de mai" de Alan Parks
"Se perdre ou disparaitre" de Kimi Cunningham Grant
"Vic Chestnutt, le calme et la fureur" de Thierry Jourdain
et toujours :
"La cité des mers" de Kate Mosse
"Merci la résistance !" par un Collectif d'auteurs
"Mon homme marié" de Madeleine Gray
"Rien de spécial" de Nicole Flattery
"Le temps des cerises" de Montserrat Roig
"Neuf mois" de Philippe Garnier
"De sable et d'acier" de Peter Caddick-Adams
"Je ne suis pas un héros" de Eric Ambler
"Après minuit" de Gillian McAllister

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
twitch.com/froggysdelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=