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puce Jean-Pierre Muller - Rémy Oppert
Interview  (Paris)  18 novembre 2006

Dans le cadre de l'Intégrale Montherlant au Théâtre du Nord-Ouest, Rémy Oppert a adapté le roman "Les célibataires", y joue le rôle de l'infâme Octave de Coetquidan et Jean-Pierre Muller s'est attelé à la mise en scène.

Nous les avons rencontré juste avant une représentation.


Vous avez adapté le roman "Les célibataires" de Montherlant dans le cadre de l'intégrale Montherlant au théâtre du Nord-Ouest. Pourquoi Montherlant ? Pourquoi "Les célibataires" ? Et pourquoi une pièce plutôt qu'une lecture ?

Rémy Oppert : Montherlant parce que dès l'âge de 20 ans j'étais fan de Montherlant dont le théâtre m'a fasciné. J'ai découvert un grand auteur, une langue superbe et de grands personnages. Et j'ai vu nombre de ses pièces qui ont été créées à l'époque à la Comédie Française. "Les célibataires" parce que j'en avais vu une adaptation télévisée faite en 1962 par Jean Prat qui était remarquable avec de grands comédiens de l'époque comme Fernand Ledoux, Jean-Paul Moulinot, Germaine Kerjean qui a connu un beau succès.

Au départ, je voulais m'appuyer sur cette adaptation mais l'ayant droit de Montherlant a souhaité qu'intervienne une nouvelle adaptation originale pour le théâtre. Jean-Luc Jeener m'a donné son accord pour que je lance ce projet.

Et une pièce parce que cela relève d'un travail plus intéressant et abouti qu'une lecture et qu'en l'espèce, les caractères très typés, les trois célibataires, et l'intrigue du roman permettait d'en faire une représentation théâtrale.

Et vous n'avez pas souhaité en assurer la mise en scène ?

Rémy Oppert : Au départ, si. Mais le comédien pressenti pour le rôle d'un des 3 célibataires, Octave, n'a pu se libérer. Comme j'étais très tenté par ce rôle que je trouve très pittoresque, et qu'il correspondait à un rôle que je n'avais pas encore joué, j'ai repris le rôle et du coup je ne pouvais plus faire la mise en scène tout en étant acteur. J'ai donc pensé à Jean-Pierre Muller avec qui j'ai travaillé pour "Brocéliande" toujours dans le cycle Montherlant.

Votre actualité c'est donc ces deux pièces de Montherlant. Et pour 2007 ?

Rémy Oppert : Je pense que nous continuerons "Les célibataires", qui se jouent en fin de cycle Montherlant, qui s'intègreront dans le cycle "Cœur et esprit" prévu pour le premier semestre 2007 au Théâtre du Nord-Ouest.

Nous libérons Rémy Oppert qui file se préparer pour la représentation.

Jean-Pierre Muller, comment avez-vous reçu cette proposition de Rémy Oppert ?

Jean-Pierre Muller : Je connaissais ce roman que j'avais lu, disons, un peu en diagonale car il est un peu "barbant" et j'ai trouvé qu'il était possible de tirer parti de l'adaptation de Rémy Oppert. Quand on part d'un roman, il y a 2 possibilités : soit l'adaptation fidèle soit la transposition. Pour ma part, je préfère la seconde car j'aime prendre des libertés avec les auteurs; Rémy Oppert est resté très fidèle au texte d'origine ce qui m'a un peu gêné au départ mais finalement cela a constitué un exercice intéressant que j'ai abordé comme une commande. Ce qui ne me déplait pas à faire de manière ponctuelle.

J'ai donc travaillé à partir de cette adaptation en mesurant les difficultés. La première était de recentrer sur le théâtre c'est-à-dire en accentuant le côté pittoresque des personnages de manière à ce qu'ils soient très datés d'autant que la pièce dure plus de deux heures et qu'il faut savoir capter l'attention du public. La deuxième difficulté était de représenter sur une scène unique une pluralité de lieux et pour ce faire j'ai choisi une mise en scène un peu cinétique pour éviter les noirs et faire des sortes de fondu-enchaîné ce qui n'est pas aisé à faire ici au Théâtre du Nord-Ouest compte tenu des conditions techniques.

Ensuite, la direction d'acteurs tendait à faire rentrer les acteurs dans des personnages plus caricaturaux qu'ils ne sont dans le roman de manière à donner un peu de relief à l'ensemble car il s'agit d'un roman narratif sans action. Comme nous disons dans le théâtre c'est une histoire sans enjeu, sans confrontation réelle ce qui est le nerf du théâtre, puisqu'il s'agit des relations entre trois vieux garçons marginaux même si l'un des trois est mieux intégré dans la société.

La première partie du spectacle est vraiment axée sur leurs relations et la seconde fait intervenir des personnages de leur entourage qui éclairent un peu l'histoire jusqu'à son dénouement final qui est la mort de l'un des trois que tous regardent avec détachement sans réel intérêt et là on rejoint des comportements contemporains.

Etes-vous intervenu dans la distribution ?

Jean-Pierre Muller : Non pas du tout.

Donc deuxième exercice ?

Jean-Pierre Muller : Tout à fait.

Vous avez aussi assuré la mise en scène de "Brocéliande" toujours dans le cadre de cette intégrale. S'agit-il d'un de vos projets ?

Jean-Pierre Muller : Non. C'est Nathalie Hamel a monté ce projet et m'avait proposé de le jouer avec elle. Je n'ai pu lui donner une réponse favorable dans la mesure où j'avais déjà un emploi du temps chargé qui ne me permettait pas d'envisager des représentations étalées sur 6 mois. En revanche, j'ai accepté de faire la mise en scène qui est un travail plus ramassé tout en ne connaissant pas du tout la pièce. Et c'est Rémy Oppert qui a pris le rôle qui m'était destiné.

Et alors ?

Jean-Pierre Muller : Et bien j'ai pris plaisir à ce travail et j'ai souhaité que les personnages évoluent de manière un peu humoristique et moins sérieuse de manière à ce que cela puisse intéresser le public. Car le théâtre de Montherlant est rempli de beaux rôles pour les comédiens, ils se font plaisir, mais notre but premier est quand même d'intéresser le public. J'ai donc incité les acteurs à se départir un peu de leur sérieux car sinon, du fait qu'il y a aussi beaucoup de texte dans le théâtre de Montherlant et peu d'action dans "Brocéliande" comme dans "Les célibataires", on entendrait des ronflements dans la salle au bout de 15 minutes ! (rires).

Avez-vous une actualité hors du Théâtre du Nord-Ouest et de Montherlant ?

Jean-Pierre Muller : Je prépare actuellement, au sein de ma compagnie "Le théâtre du Peuplier Noir" implantée à Colombes, qui dispose d'un lieu, petit par la taille mais grand par les ambitions, "La traviata", l'opéra de Verdi, pour le mois de janvier. Depuis 2 ans, avec Bernard Muracciole, qui est un chanteur d'opéra et un ami, nous travaillons pour faire des mises en scène d'opéra en France et l'année dernière nous avons monté "Le barbier de Séville". En avril 2007, je jouerai un rôle parlé dans "L'amour masqué" d'André Messager. Ces deux spectacles seront joués à Puteaux avant de tourner en France.

Pas de programmation sur Paris ?

Jean-Pierre Muller : Non. C'est très difficile sur Paris. Nous sommes plus soutenus financièrement en province. Le budget de la culture a été réduit et il y a moins d'aides attribuées aux spectacles vivants. Et il se passe des choses assez curieuses du fait que certaines structures qui n'ont jamais été subventionnées vont désormais l'être alors qu'elles n'ont jamais fait de création théâtrale et que des structures pérennes depuis des années qui font cette création ne le sont toujours pas ! Mais, comme on dit, c'est une autre histoire…

 

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La chronique du spectacle "Les célibataires"


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# 15 septembre 2019 : Life in Vain

Cette semaine Daniel Johnston nous a quitté, mais aussi Philippe Pascal de Marquis de Sade. Merci à eux pour tout ce qu'ils ont apporté à la musique mondiale pour l'un et hexagonale pour l'autre.
Pour ce qui est du reste de l'actualité culturelle de la semaine, c'est parti pour le sommaire :

Du côté de la musique :

"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold
et toujours :
"L'horizon" de Manu
"Twelve nudes" de Ezra Furman
"Spleen 1" de Fleur du Mal, chronique assortie d'un entretien
Rencontre avec Le Flegmatic autour de son nouvel album "Ruine nouvelles" Le Flegmatic
"Echoplain Ep" de Echoplain
"Michel on my mind - Tribute to Michel Petrucciani" de Laurent Coulondre

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Pompiers" au Théâtre du Rond-Point
"La Vie de Galilée" à La Scala
"Suite française" au Théâtre La Bruyère
"The ways she dies" au Théâtre de la Bastille
"La Fin de l'Homme rouge" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Pour un oui ou pour un non" à la Manufacture des Abbesses
"Louise au parapluie" au Théâtre du Petit Gymnase
"La Réunification des deux Corées" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Ecoutez leur silence" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Les Naufragés" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Vive Bouchon !" au Théâtre du Splendid
"Marie-Antoinette" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Tempête en juin" au Théâtre La Bruyère
"Aux rats des paquerettes" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Pas vue, Ni connue" au Théâtre Essaion
des reprises
"L'homme à tête de chou" au Théâtre du Rond-Point
"Fables" au Studio Hébertot
"Le Défunt" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Dom Juan ou les limbes de la mémoire" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Une leçon d'Histoire de France - De l'An mil à Jeanne d'Arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France - De 1515 au Roi-Soleil " au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Karine Dubernet - Souris pas !" au Point Virgule
"Sandra Colombo - Instagrammable et cervelée" à la Comédie des Trois Bornes
"Marion Mezadorian - Pépites" à la Nouvelle Seine
"Carla Bianchi -Migrando" à la Nouvelle Seine
"Giorgia Sinicorni - Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Le Monde selon Roger Ballen" à la Halle Saint-Pierre

Cinéma avec :

"Les Fleurs amères" de Olivier Meys
Oldies but Goodies avec "Les Idoles" de Marc'O
et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits
et toujours :
"Autoportrait d'une vie heureuse" de Ingo Schulze
"Conversations entre amis" de Sally Rooney
"Le dernier grenadier du monde" de Bakhtiar Ali
"Le siècle des dictateurs" Sous la direction d'Olivier Guez
"Les opérations extraordinaires de la seconde guerre mondiale" de Claude Quétel
"Les réfugiés" de Viet Thanh Nguyen

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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