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puce Françoua Garrigues - Aurore Monicard
Interview  (Paris)  juin 2007

Ils se sont rencontrés à l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique de la Ville de Paris et ont fondé avec un collectif d’acteurs la Compagnie Infraktus en 2003.

"La Cantatrice chauve" de Ionesco, leur a rapporté le prix du public dimanche dernier (1er juillet) dans le cadre du festival de jeunes metteurs en scène organisé par le Théâtre 13.

Entretiens avec le metteur en scène, Françoua Garrigues et une des actrices, Aurore Monicard, d’une compagnie décalée qui a su conquérir les spectateurs la semaine dernière.

A l’issue des représentations des six spectacles proposés par le théâtre 13, deux prix sont remis (celui du jury et celui du public). Vous avez reçu celui du public : le plus appréciable ?

Aurore Monicard : Je trouve que symboliquement, c’est mieux d’avoir le prix du public mais matériellement et concrètement parlant, on est dégoûté de pas avoir eu le prix jury !! (ndlr : le prix du jury donne droit aux gagnants à une semaine d’exploitation au théâtre 13 et à une somme de 3000€ pour la reprise du spectacle).

Françoua Garrigues : On est très heureux d’avoir eu le prix du public parce qu’on ne fait pas un spectacle pour des professionnels mais pour un public donc c’est très touchant de savoir que le spectacle a plu : j’ai même pleuré lorsque je l’ai reçu ! J’ai d’ailleurs été assez surpris : étant donné que je fais des mises en scène assez décalées, voire agressives parfois , je m’attendais à ce que le public du Théâtre 13 ne s’attende justement pas à cela et se dise "qu’est ce que c’est que ce truc ?". Et, en fait le public a aimé… Le top cela aurait été d’avoir les deux prix !

Françoua, vous aviez déjà eu l’occasion de jouer "La Cantatrice chauve" l’année de votre Bac Littéraire Théâtre. Votre amour pour cette pièce est-il né de cette époque ?

Françoua Garrigues : J’ai en effet moi-même joué "La Cantatrice Chauve", je faisais M. Smith. Mais je connaissais cette pièce déjà bien avant : elle a été mon premier rapport au théâtre. Je l’ai vu jouée par un groupe de "grands" lorsque j’avais quatre, cinq ans dans une colonie de vacances. Ils l’ont montée en deux mois, et moi j’étais complètement halluciné ! C’est devenu mon premier livre de chevet. Pendant que mes amis allaient jouer au foot, je lisais et relisais "La Cantatrice chauve". Je la connaissais de A à Z et pouvais jouer tous les personnages.

Je l’ai ensuite vu jouée par beaucoup de troupes amateurs et professionnelles : je voulais donc la monter à ma sauce et donner quelque chose que je n’avais pas encore vu, essayer de surprendre avec ce texte là qui est déjà surprenant en soi puisque c’est absurde. Cette cantatrice chauve, elle est jouée depuis 50 ans à la Huchette et tout le monde l’a vue, du moins dans le milieu théâtral. Pour monter cette pièce, il faut à tout prix se renouveler, raconter quelque chose d’autre, tout en restant très proche du texte.

Tout tourne autour d’une enquête policière, absurde puisqu’elle n’est pas menée jusqu’au bout et le texte en soi ne va nulle part étant donné qu’à la base ces gens n’ont rien à se dire. On cherche qui a tué mais en fait il s’avère qu’il n’y a pas de tueur, qu’il n’y a pas d’intrigue et qu’il ne se passe rien un peu comme dans un film parodique. On prend les ficelles de genres littéraires, cinématographiques (film à suspense, film d’horreur, teenage movie …) et tout cela ne mène absolument à rien. Ionesco appelle cela une parodie de pièce, une "anti-pièce". C’est donc ce que j’ai essayé de faire.

Pourquoi ne pas avoir, à la création de la compagnie, commencé par monter "La Cantatrice chauve", étant donné votre amour pour cette pièce ?

Françoua Garrigues : Je n’osais pas commencer directement par celle-là. D’ailleurs je me trouve encore jeune pour la monter. J’aimerais bien la reprendre dans 20 ans et la refaire autrement. Dans le cadre de ce concours, je me suis demandé ce qui serait efficace pour les comédiens, le jury et le lieu qu’est le théâtre 13.

On choisit toujours dans la compagnie des textes assez violents mais en même temps assez drôle. Là, j’ai donc cherché la violence ailleurs, dans les propos de Ionesco. Il raconte que les gens sont superficiels, disent des phrases pour dire des phrases et que cela n’avance à rien : c’est donc là où se trouve la violence.

Et si j’ai tellement attendu pour monter cette pièce, c’est que pour moi, c’est LE chef-d’œuvre absolu, le début de l’absurde et du théâtre oulipien : sans sens, on peut quand même créer quelque chose qui parle aux gens même si cela ne parle de rien. C’est un texte sérieux, très engagé et je trouvais que c’était juste de le monter dans le cadre de ce concours où je m’attendais à être confronté à d’autres écritures beaucoup plus contemporaines. C’est une pièce qui ne s’épuisera jamais.

Et vous, Aurore, comment appréhendiez-vous La Cantatrice chauve avant de la jouer ?

Aurore Monicard : Je ne la connaissais pas bien mais Françoua l’avait monté il y a deux ans dans le cadre de cours pour enfants qu’il donnait et je me suis régalée. Voir des petits bouts habillés avec les chaussures de leurs mamans jouer les bourgeois, c’était génial ! J’avais dû lire la pièce à l’école et j’en avais un vague souvenir mais ce n’était pas du tout à la base une « histoire d’amour » entre elle et moi. Et lorsque j’ai vu les enfants la jouaient, j’ai eu très envie d’être à leur place et que François la monte pour nous. Donc quand il m’a dit qu’il allait le faire et que je ferai Mme Smith, j’étais très heureuse !

Quel metteur en scène êtes-vous : accordez-vous une certaine liberté aux comédiens ?

Françoua Garrigues : Je donne à mâcher le texte jusqu’à ce que ce que les comédiens connaissent le texte à la virgule près et ensuite je change de manière de travailler sur chaque spectacle. Sur "La Cantatrice chauve", je leur ai donné des thèmes d’improvisations et les ai laissé travailler et inventer selon le sujet que je leur lançais. Etant donné que nous sommes dans le cadre d’une enquête policière, nous avons beaucoup joué autour de cela. Je ne leur demande pas à la base d’être des comédiens mais de jouer, s’amuser et à partir de là, il découle des lignes, des propositions que je choisis ou non de garder.

Lorsque je ne prends pas c’est que cela ne va pas dans mon sens ; mais bien souvent étant donné que je leur donne beaucoup d’indications, ils vont dans mon sens et trouvent leur liberté là-dedans. Avec "La Cantatrice chauve", c’est l’une des premières fois où j’ai réussi à leur laisser cette liberté car j’ai bien souvent imposé ma mise en scène, ma vision comme dans "Loretta Strong" où c’était presqu’un puzzle, une structure carrée que je leur imposais.

Aurore Monicard : On a effectivement commencé à la monter comme cela : on ne jouait pas de sentiments, d’intentions. C’était une sorte de chorégraphie.

Françoua Garrigues : Ensuite j’ai monté du Schwab avec "Excédent de poids", insignifiant : amorphe : une pièce très dure et très violente avec un langage à la hache mais il faut savoir se laisser totalement absorber par ce qui est dit pour être au même niveau que la bêtise de ses personnages. Sur le 2ème acte, les comédiens étaient complètent lâché et faisaient exactement ce qu’ils voulaient : il fallait créer un moment présent.

C’est plutôt cette méthode-là que j’ai utilisé pour "La Cantatrice chauve". J’ai donc plusieurs méthodes de travail, je ne sais pas quelle est la bonne, la plus efficace ; je cherche encore et j’ai beaucoup de chance d’avoir des comédiens qui sont eux-mêmes ravis de chercher, inventer et qui arrivent à me surprendre. Je me disais parfois que La Cantatrice chauve ne m’appartenait plus.

Vous donnez à voir des mises en scène décalées à la limite de la folie : un univers que vous appréciez particulièrement ?

Françoua Garrigues : Je suis entre le dessin-animé et le film d’horreur !

Aurore Monicard : Mais il y a toujours un côté ludique : on ne fait pas dans le gore, le trash contemporain.

"Entre le dessin-animé et le film d’horreur" : une définition de votre théâtre?

Françoua Garrigues : Oui, mais pas seulement.

Aurore Monicar : Oui, parce que tu es intello quand même. Je crois qu’il l’est mais il ne faut pas le dire !

Françoua Garrigues : Je veux bien monter une comédie romantique mais si je la monte, je ne le ferais pas de manière simple et je la décalerais forcément, je me connais.

Pourquoi ce besoin de décalage ?

Françoua Garrigues : Parce que moi, en tant que spectateur, j’aime bien être surpris, pas choqué mais à la limite, et de pouvoir me dire "c’est incroyable, je n’aurais jamais pensé à cela". J’aime lorsque c’est rythmé, que cela va très très vite, m’en prendre " plein la gueule" en tant que spectateur et pouvoir me dire en sortant "j’ai payé et j’en ai eu pour mon argent". J’ai un côté un peu excessif et cela se ressent dans mes mises en scène. J’aime lorsque cela va vite, qu’il y a beaucoup d’informations comme dans la publicité. : lorsque je regarde de la publicité, je déteste les acteurs, je trouve cela ridicule mais, on en prend plein la vue pendant 10 minutes et j’aime bien ce concept "clip vidéo".

Je ne fais pas du "théâââtre" mais des formes, du spectacle ! Il y a des gens qui n’aiment pas et préfèrent la sobriété ; moi j’aime les clowns, les fous, les gens atypiques, décalés. J’aime que cette vie soit une folie et pas quelque chose de tout simple. Mais j’essaie de ne pas dénaturer les choses malgré ce décalage. Dans La Cantatrice chauve, les personnages n’ont rien à se raconter, ils se racontent eux-mêmes. C’est inintéressant au possible. J’ai donc un peu décalé le propos et imaginé que les Smith ne sont plus du tout les Smith mais des usurpateurs…et on peut s’imaginer ce qu’on veut.

Aurore Monicard : Je me suis vraiment rendue compte sur "La Cantatrice chauve" que Françoua avait vraiment un univers à lui. Avant je ne me posais pas la question. Le fait d’avoir travaillé avec d’autres gens et d’en être à notre troisième création au sein de la compagnie m’a amené à voir quelque chose se dessiner.

C’est là que je me suis vraiment dit "on impose quelque chose aux gens avec cet univers là". Lorsque Françoua lance une impro, je vais y aller mais dans son sens. Si je travaille avec un autre metteur en scène, je ne ferais pas comme cela, je ne proposerais pas les mêmes choses. Avec Françoua, on est libre mais il parvient tout de même à nous serrer dans un monde qui lui appartient avec une énergie folle. Ce qui est agréable, c’est qu’on a l’impression de donner tout ce qu’on a.

L’hystérie est présente dans la vie de tous les jours et je ne comprends pas qu’on ne l’accepte pas toujours au théâtre. Mais je peux aussi prendre énormément de plaisir à jouer dans la sobriété parce que je ne suis pas créatrice. En ce moment je joue "Clothilde du Nord" : une pièce très épurée, très axée sur le ressenti avec un énorme travail sur le détail, l’expression et une mise en scène très intimiste. C’est un spectacle très différent mais je n’ai pas de préférence : j’ai surtout envie de rencontrer des gens qui ont un univers particulier. J’ai seulement un petit à priori sur les spectacles "du quotidien" ; ce qui me dérange, c’est le divertissement. Le théâtre ne doit pas seulement être divertissant…

Françoua Garrigues : J’ai le même a priori. Je veux avant tout du spectacle. L’acteur est un médiateur : il donne à voir autre chose que la vraie vie tout en parlant de la vraie vie.

Vos pièces véhiculent aussi beaucoup de pulsions humaines et parlent de sexe. On ne s’attendrait pas forcement à cela dans "La Cantatrice chauve"…

Aurore Monicard : On ne veut pas choquer mais surprendre. En tant que comédien, étant donné que Françoua nous demande toujours de faire des choses très fortes, très extrêmes, on en arrive très vite à cela. Que nous reste-t-il à part faire l’amour ou faire la guerre ? C’est inévitable…

Françoua Garrigues : Ce n’est tout de même jamais trop choquant, trop salace ou vulgaire à souhait. C’est un peu comme dans une soirée : on va d’abord boire, puis parler de politique, de philosophie, de Dieu et on en arrive à parler de sexe. Autant s’approprier cela sur scène sans pour autant être choquant.

Des projets à venir ?

Françoua Garrigues : On ne va pas reprendre tout de suite "La Cantatrice chauve" mais on compte bien sûr le faire prochainement et surtout trouver une salle. Je joue du 2 au 25 septembre à la Comète 347, une pièce de Michael Ghent qui mêle danses, chants et acrobaties : "Futur Conditionnel". Et l’année prochaine, la compagnie reprend "Accent Circonflexes" au Colombier à Bagnolet (20 et 21 mai 2008).

 

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Crédits photos : CC


Charlotte Cousin         
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