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Interview  (Clermont Ferrand)  octobre 2007

Depuis leur remix de "Never Be Alone" du groupe Simian, le duo français Justice est au cœur d’un tourbillon médiatique défiant toute concurrence.

Rencontre sympathique avec Gaspard Augé, moitié de Justice, quelques heures avant leur concert à Clermont-Ferrand, quelques mois après la sortie du premier album du groupe «†» et en plein milieu d’une tournée mondiale ahurissante, passant aussi bien par la capitale auvergnate que par l’Australie ou encore les Etats-Unis.

L’occasion de mieux découvrir un groupe parfois mystérieux, qui malgré la hype qui les entoure, sait garder la tête froide.

Ca va faire un petit moment maintenant que l’album † est sorti, vous en tirez quoi comme bilan pour l’instant ?

Gaspard Augé : Que du positif pour l’instant. Tout se passe bien. On est juste super étonné qu’un album comme celui la, qui n’est pas forcément très accessible, plaise aux gens. Je serais tenté de te dire que c’est "que du bonheur", mais c’est vraiment une sale expression.

Tu penses que votre musique n’est pas très accessible parce qu’on ne peut pas le classer dans un genre musical précis, que vos influences sont vraiment très diverses ?

Gaspard Augé : Je pense, au contraire, que c’est plutôt un atout. Ca nous permet de parler à un plus grand nombre de personnes d’avoir plein d’influences. Puis nous ce n’est pas une démarche consciente : on s’est jamais dit, on va mettre du rock, du disco, de la pop et de l’électro dans un disque pour plaire aux gens. On fait cette musique parce qu’on écoute ca chez nous. Notre musique c’est le reflet de ce qu’on a écouté depuis qu’on est petit. C’est sans doute aussi pour ca que ca parle aux gens de notre génération et aux plus jeunes, parce que c’est un mélange de pleins de trucs qui parle à l’inconscient collectif et c’est des émotions super simples : soit tu as envie de danser, de pleurer ou de lever le poing en l’air, des trucs assez universels en fait.

Tu définirais comme la musique de Justice, si on t’obligeait à la définir ? Et en live ?

Gaspard Augé :Toujours du disco moderne mais en plus turbiné on va dire.

Tu préfères faire des DJ Set ou des lives ?

Gaspard Augé : Je préfère les lives parce que c’est plus fidèle à la musique qu’on fait en album, même si on en a fait qu’un, ou même les remixs. Les DJ Set c’est plus une musique de fête, plus immédiate et spontanée.

Au niveau de la composition et l’élaboration des morceaux, même des remixs, comment ca se passe, chacun a un rôle précis ?

Gaspard Augé : En fait les morceaux on les compose de manière super classique, avec soit un piano, une basse ou les deux et après on remplace tout par une espèce de sauce électronique

Vous avez aussi un gros passé de musicien derrière vous, non ?

Gaspard Augé : Non parce qu’on est pas du tout des virtuoses dans nos instruments. Moi je faisais un peu de piano et de la batterie et Xavier de la basse et de la guitare mais on a toujours joué dans des groupes de lycées qui nous ont un peu formé à la composition mais c’est vraiment depuis qu’on a commencé à bosser ensemble qu’on a plus ou moins appris comment toutes ces choses marchaient.

Et sans Internet, tu penses que vous en seriez où maintenant ?

Gaspard Augé : C’est évident que ça a fait bouger les choses peut être mille fois plus vite que si on en était encore aux circuits traditionnels de diffusion. Internet c’est un moyen de diffuser de la musique mais aussi tout ce qu’il y a autour comme les vidéos de concerts, les clips qu’on a pu faire ou les shows cases télé qu’on a pu faire. Ca fait partie de l’univers Justice au même titre que la musique.

En parlant de show case télé, sur le net je suis tombé par hasard sur un extrait d’une émission américaine, je crois que c’était l’émission de David Letterman, où des sosies de Mickael Jackson, Rick James, Rod Stewart ou encore Stevie Wonder faisaient du Play back sur "Dance". C’était quoi cette énorme blague ?

Gaspard Augé : C’était dans une autre émission que celle de David Letterman, c’était dans celle de Jimmy Kimmel, même si c’est un peu la même chose. On nous avait demandé de venir faire un morceau en live, ce qui a assez peu d’intérêt vu que la bas c’est du Play back donc on a juste profité de ce moment de télé américaine pour faire quelque chose qui nous amusait, plus drôle que nous deux derrière les platines. On s’est dit qu’on avait trois minutes sur une des plus grosses chaines de télé américaine, alors amusons nous et faisons un truc un peu décalé. Alors on a fait un peu une dream team de la pop, mais sans essayer de faire ça le plus parfaitement possible parce que ça nous amusait aussi que ça soit un peu foireux, qu’ils ne soient pas toujours dans le temps, pour rendre le truc amusant et pas se prendre au sérieux. On trouvait ca vraiment drôle de "saboter" une émission américaine avec Mickael Jackson qui joue avec Rick James qui est mort. C’était un peu irrévérencieux en quelque sorte.

Et l’utilisation de la croix comme symbole, ce n’est pas aussi d’une certaine manière irrévérencieux ?

Gaspard Augé : Non, je pense que les gens y voient ce qu’ils veulent y voir. Je pense que la plupart des gens ne sont pas offusqués en tout cas. J’imagine en tout cas que des gens pensent qu’on essaye de propager la bonne parole, d’autre que c’est juste une image marketing. Après je pense que les gens sont assez intelligents pour y trouver leurs comptes aussi.

Tu ne pense pas qu’aujourd’hui c’est une tare d’être parisien, qu’avant même qu’on écoute votre musique on vous a catalogué comme hype ?

Gaspard Augé : Non, je ne pense pas. Le truc avec Paris, comme toutes les capitales, c’est que tu es plus exposé parce qu’il y a plus de clubs et de médias. De toute façon, "hype" ça ne veut pas dire grand-chose, mais a un moment ou un autre, on a forcément besoin d’une exposition pour intéresser les gens et leur donner envie d’écouter ton disque. Y a tellement de disques qui sortent et que personne n’écoute. On avait besoin de ça. Maintenant, on essaye de transformer Justice en un truc qui dépasse ce cadre hype parisien parce que nous, on s’en fout d’être à la mode, ce n’est pas un truc après lequel on court. Même plus on s’éloigne de ça, plus on est content en fait.

Si ce n’est pas un phénomène de mode, tu vois comment Justice dans cinq ans ?

Gaspard Augé : Dans cinq ans peut être que ça sera fini et tout le monde s’en foutra mais nous on va essayer de continuer à faire la musique qui nous plait.

Tu espères que toute cette hype autour de Justice disparaitra ?

Gaspard Augé : J’espère qu’on sera juste un groupe français et pas un groupe parisien.

Et cette surexposition médiatique, tu n’as pas peur de l’avoir avec Justice ? En sachant que la musique de Justice est beaucoup utilisée dans des pubs notamment…

Gaspard Augé : Après c’est un truc qui peut chiffonner certaines personnes qui pensent de manière hypocrite que jouer le jeu des médias ou donner tes morceaux dans des pubs, c’est mal, c’est le Diable. Mais au final, je trouve ça audacieux qu’un morceau comme "Waters Of Nazareth" sur une pub Peugeot, écoutée par une mamie par exemple, permette de toucher un public pas du tout amené à écouter notre musique et qui par le biais de la télévision, se retrouve confronté à notre son. Je trouve ça plutôt intéressant.

Mais t’as pas peur que l’utilisation abusive de chansons comme "Dance", qu’on entend beaucoup en ce moment, finisse par le faire devenir, dit très vulgairement, un "tube de salle des fêtes" ?

Gaspard Augé : Mais moi je n’ai rien contre les tubes de salle des fêtes. Nous ça nous arrive de passer du M People ou des choses comme ca.

Ca ne serait pas quelque chose de négatif pour toi ?

Gaspard Augé : Non parce que ça voudrait dire que t’es rentré dans l’imaginaire collectif des gens et c’est plutôt cool. C’est quelque chose qui me dépasse complètement. "Never Be Alone" c’est plus des morceaux qu’on a l’impression d’avoir fait. Ca serait déjà bien que dans dix ans, les gens se souviennent de cette chanson.

Tu pensais à des CDs en particulier quand tu parlais de cd peu exposés aux médias et néanmoins très bons? Tes coups de cœur musicaux du moment ?

Gaspard Augé : Fancy, qui scéniquement, je pense, est presque le meilleur du groupe du monde. Ils sont vraiment impressionnants. Après Midnight Juggernauts, un groupe australien avec qui on va jouer au Zénith et avec qui on a joué pour la tournée américaine. On écoute assez peu de musique électronique en fait, donc l’électro me parle moins. Sinon l’album qui a vraiment été sous estimé c’est celui de Jackson and his Computer Band, qui est sorti… (hésitant puis s’adressant à Pedro Winter, aka Busy P, aussi manager de Daft Punk et créateur du label Ed Banger Records, qui traficote et écoute de la musique à coté de nous depuis le début de l’interview). Il est sorti quand Pedro ?

Pedro Winter : Y a trois ans je pense, peut être même un peu plus.

Gaspard Augé : C’est vraiment le meilleur album de musique électronique depuis plusieurs années et vraiment personne n’en a parlé. Ce n’est pas un album grand public alors qu’il est très riche et il en a influencé beaucoup, nous les premier d’ailleurs, mais aussi beaucoup d’autres.

Vous qui avez remixé Simian, tu l’as écouté le Simian Mobile Disco ?

Gaspard Augé : Oui je l’ai écouté. Mais c’est pas de la musique qui me parle énormément parce que j’écoute pas trop de musique électronique chez moi, ce n’est pas un truc qui m’influence dans la musique qu’on fait. Mais sinon c’est super anglais, y a beaucoup de filtres et c’est assez répétitif. C’est assez bien fait mais pour le coup, c’est très orienté club. Ce qui me plait dans les albums, c’est de pouvoir aussi bien les écouter en club que chez moi, d’ailleurs surtout chez moi. Mais sinon je trouve que cet album manque un peu de fond, un peu d’émotions.

Tu penses qu’il y a vraiment une scène française, un peu comme en 1997 avec Cassius ou encore Daft Punk ?

Gaspard Augé : On dirait parce qu’il y a pas mal de gens qui font de la musique et qui sont plus ou moins connectés. Que ce soit Institubes ou Ed Bangers, qui sont tous plus ou moins des amis, c’est vrai que c’est plutôt une scène, on va dire, familiale. Après je sais pas comment tous ces gens vont évoluer et si ils vont devenir aussi gros que Air, Daft Punk ou même Cassius parce que j’ai l’impression qu’aujourd’hui j’ai l’impression que c’est une musique, je dirais pas expérimentale, mais plus audacieuse et peut être moins formaté, bien que dans les années 90 c’était révolutionnaire parce que personne connaissait la musique électronique. Evidemment y a une scène française, mais c’est aussi une coïncidence que le monde s’intéresse à ce qui se passe à Paris et en France actuellement.

Et tu te vois dans quelques années comme Cassius maintenant, avec vraiment des musiciens sur scène ?

Gaspard Augé : Non je ne pense pas. Et puis ce n’est pas quelque chose qui nous intéresse. Eux c’est intéressant parce que c’est une musique relativement "funky" et eux ça se prête bien à une disposition sur scène (Xavier arrive, se présente discrètement et gentiment, s’excusant de ne pas avoir pu participer à l’interview à cause des balances).Nous c’est tellement un truc mélangé de pleins de sons que c’est un peu plus compliqué et ça ferait perdre tout l’intérêt de notre musique en essayant de la jouer sur scène de cette manière.

Un petit mot pour conclure ?

Gaspard Augé : Que dire…Merci. C’est une belle conclusion ça !

 

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# 15 septembre 2019 : Life in Vain

Cette semaine Daniel Johnston nous a quitté, mais aussi Philippe Pascal de Marquis de Sade. Merci à eux pour tout ce qu'ils ont apporté à la musique mondiale pour l'un et hexagonale pour l'autre.
Pour ce qui est du reste de l'actualité culturelle de la semaine, c'est parti pour le sommaire :

Du côté de la musique :

"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold
et toujours :
"L'horizon" de Manu
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Rencontre avec Le Flegmatic autour de son nouvel album "Ruine nouvelles" Le Flegmatic
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Au théâtre :

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