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Gore Gore Girls - The Bellrays  (Belfort, La Poudrière)  23 avril 2008

Autant le préciser tout de suite, je ne connaissais pas les groupes de cette soirée rock’n’roll. A peine avais-je écouté quelques morceaux des Bellrays auparavant. Et les Gore Gore Girls, qui ouvraient la soirée ? Pas vues pas connues, ma petite personne se sentant plus concernée par la scène punk/hardcore sénégalaise.

Affluence relativement importante à la Poudrière, c’est à noter, pour un soir de semaine (mercredi). Et c’est un peu rassurant de la part de notre France poussive. Alors on salue quelques connaissances, on sculpte le morceau de gras et…

A peine le temps de réaliser que j’allais vivre mon premier concert sobre depuis des siècles, que les quatre Gore Gore Girls entrent en scène, look pin-up oldschool à outrance, toutes Gretsh dehors. Deux-trois titres garage histoire de se chauffer, elles prennent la pose sans vraiment tomber dans l’artifice scénique nauséabond et c’est parti pour 45 minutes de revival rock’n’roll. Elles baisseront vite la cadence pour taper dans l’esprit bubble-gum fin 50 début 60 : du swing, du twang, la bassiste se déhanche nonchalante et bizarrement, c’est là que la température commence à monter.

Allez, deux morceaux plus tard, on repart dans un esprit plus garage sixties sans vraiment aller jusqu’au punk. Ca y est, c’est lancé, même si le public rechigne à se bouger, les Girls, en tous cas, ne lâchent rien, la chanteuse-guitariste sorcière descend à plusieurs reprises fendre le public, guitare phallique, grimace crispante et mini-jupe blanche à l’appui.

Le groupe joue carré, la basse ondule comme il faut, la batterie est monolithique et puissante, la lead guitariste tournoie sur elle-même, se démène, fouette l’air de ses cheveux et alterne leads furieux, bottleneck et même un coup d’harmonica désuet. Les voix sont parfois bien grinçantes, voulu, pas voulu, en tous cas ce n’est pas leur point fort.

Dans la fosse, on commence enfin à voir quelques personnes danser (pas moi, je suis gothique) et le dernier quart du concert sera particulièrement marquant grâce à des mid-tempos lourds et répétitifs très efficaces.

Le concert se finira sans que l’on trouve le temps long. Peut-être pouvait-on attendre un peu plus de folie ? Cela dit, il y avait une super énergie, une certaine diversité finalement, absolument rien d’original, c’est sûr, c’est revival (et pourtant, ça rime), ça fait du bien et ça fait oublier le côté irritant de ce genre de délire rétro. En effet, la coolitude rock semble aujourd’hui complètement centrée sur le vintage, le revival, voire le relic, alors que quelques années plus tôt, les Gore Gore Girls avaient dû se faire traiter de has-been. Ce sont elles qui doivent bien se marrer.

Sortie clope et chasse à l’angine, puis les Bellrays attaquent par surprise, on quitte la fraîcheur maladive pour l’étuve de la salle noire de Belfort.

La première impression est assez baffante, le groupe frappe fort, ça joue vite et la chanteuse nous scotche direct par sa présence et sa voix. Une voix à l’appel sexuel, puissante, qui se déchire pour sortir les griffes du velours. Clairement, on pense à Joplin, Turner, Franklin, rallongez la liste, SVP.

Derrière elle, un power trio masculin guitare-basse-batterie somme toute très classique, pas si punk, mais plutôt rock et hard-rock 70’s version primale, à la MC5 et Stooges pour les moments les plus fous.

Et là, paf ! Je commence à décrocher légèrement, je me dis que la réputation des Bellrays repose sur la voix de leur chanteuse : "d’ailleurs, là, elle en fait trop". En effet, mais elle chauffe tellement la salle, la tenant dans sa main et la faisant réagir à son bon vouloir qu’on en oublie ses phrasés improvisés parfois envahissants. Soudain, on entend des choses étranges, que se passe-t-il ? En fait, c’est le début de ses ennuis avec son câble XLR qui lui coupera occasionnellement la chique en vilaines tranches artificielles. Tout finira par rentrer dans l’ordre sans que jamais ce petit problème ne paraisse la ralentir.

Déboulent ensuite deux morceaux soul superbes, où l’on sent que la chanteuse est vraiment, vraiment à son aise, déclenchant des frissons à foison. C’est le grand moment de ce concert qui, ensuite, bifurque à nouveau en des terres hard-rock parfois confuses, le son brouillon sur la guitare n’aidant pas à s’y retrouver.

Je me souviens d’un grand bloc sympathique de titres bouillonnants plus ou moins rapides, au milieu duquel ne ressort finalement qu’une seule nouvelle pépite : un autre changement brusque de style, un slow blues des familles là aussi très émotionnel, où LA voix entrelacée de solis de guitare fait encore des merveilles. Et nous rappelle que nous l’avions aimé(e).

Cela posé, plusieurs passages hymniques ou secs comme des coups de triques ont confirmé que le groupe sait aussi déménager. Mentions spéciales au bassiste souriant qui ne faiblira pas de tout le set, assurant comme une bête, dans le rock comme dans le groove suave, ainsi qu’au batteur puissant et furieux.

Ce fut donc un bon concert mais quelque chose m’est apparu assez simplement : les Bellrays semblent aujourd’hui plus à l’aise dans leurs penchants groovy et bluesy que dans leur débauche rock dur. Du moins, sur cette date.

Les lumières se rallument, je regarde les bières que je ne peux boire et les sourires ravis, niais ou surexcités sur les faces de mes proches congénères. Je me dis que pour une fois, je pourrais faire la fine bouche, puisque je l’ai grande, en affirmant que tout cela manquait quand même d’un peu d’audace.

Mais on nous avait promis du rock, du revival, de la sueur et des filles, on ne nous avait pas menti. Merci.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du festival
Le Myspace du festival

Crédits photos : Vincent Courtois (retrouvez toute la série sur Taste of indie)


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