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puce Les enfants du soleil
Théâtre de l'Ouest Parisien  (Boulogne Billancourt)  octobre 2008

Comédie dramatique de Maxime Gorki, mise en scène Côme de Bellescize, avec Michel Baladi, Sabrina Bus, Nicolas Fantoli, Jonathan Fussi, Vincent Joncquez, Gaël Marhic, Sidney-Ali Mehelleb, Teddy Melis, Alix Poisson, Nathalie Radot, Éléonore Simon et Colette Venhard.

Le dernier spectacle du Théâtre du Fracas : "Les Errants" avait été un beau succès pour cette compagnie issue, pour la plupart de ses membres, de l’école Claude Mathieu.

Autant dire que l’attente était forte pour ce nouveau projet ambitieux : monter "Les Enfants du soleil" de Maxime Gorki, un texte rarement joué. Aidé en cela par Olivier Meyer, directeur du Théâtre de l’Ouest Parisien, qu’il faut saluer pour avoir pris le risque d’accueillir en ouverture de saison de son théâtre, cette jeune compagnie à laquelle il a donné des moyens, un confort de travail et surtout sa confiance, le spectacle voit le jour aujourd’hui.

Et disons le tout de suite : c’est une réussite absolue. Une belle fresque interprétée avec maestria par une troupe débordante d’énergie et de passion, qui nous tient en haleine d’un bout à l’autre pour nous laisser sonné mais heureux à l’issue d’un merveilleux moment de théâtre.

L’histoire est plutôt simple : dans une bâtisse bourgeoise en Russie, le chimiste Protassov, plein de bons sentiments et le nez dans ses expériences, entouré de sa maison, femme et amis, rêve à un monde idéal. Tandis qu’à sa porte, le peuple, s’enfonçant dans la misère, l’alcool et la violence, gronde un peu plus à chaque instant.

S’appuyant sur des interprètes exceptionnels et une sublime scénographie signée Sigolène de Chassy (des parois de plexiglas comme une séparation à la fois fragile et imperméable entre les deux mondes), Côme de Bellescize a construit une mise en scène incandescente, où chaque scène apporte sa pierre à l’ensemble et où aucun effet, jusqu’au moindre passage au second plan, n’est superflu. Jouant sur les perspectives, les transparences, ombres et lumières, il invente des images de toute beauté.

Dirigés avec maîtrise et intelligence, les comédiens n’en sont que plus percutant. Il faudrait parler de chacun d’eux, tant la distribution est homogène et contribue au triomphe général, mais signalons notamment Nathalie Radot (Liza) et Alix Poisson (Eléna), éblouissantes de sensibilité ; Vincent Joncquez (Protassov) troublant dans un personnage lunaire qui ne voit rien du réel ; Gaël Mahric (Légor) impressionnant en ouvrier alcoolique dépassé par sa propre violence ; Michel Baladi et Nicolas Fantoli, adipeux au possible en propriétaire et fils ; Eléonore Simon (Mélania), bulldozer de la scène, efficace à chacune de ses apparitions, en veuve transfigurée par l’amour ; Teddy Mélis, enfin (le vétérinaire), inoubliable dans un rôle tragi-comique où (non sans rappeler Jean-Pierre Bacri) il est prodigieusement bouleversant.

La pièce, portée par le talent de tous (sans oublier Sabrina Bus, Jonathan Fussi, Sydney Ali Mehelleb et Colette Venhard) et l’excellente traduction d’André Markowicz, traite de la façon d’aimer, de cohabiter, et illustre de façon exemplaire et intemporelle la fracture sociale. Sa signification est donc, on ne peut plus moderne, tant elle nous renvoie à notre propre monde, fissuré de plus en plus. Et en ce sens, elle n’en est que plus essentielle tant elle parait prophétique.

Réussissant à la fois à faire un grand spectacle populaire et romanesque, et à réveiller les consciences, le Théâtre du Fracas redonne ici toute son utilité au théâtre : divertir tout en faisant réfléchir sur le monde. Un spectacle indiscutablement marquant et emmené par un souffle et un feu bien plus ardents que la majorité des productions actuelles.

Il est donc plus qu’urgent d’aller applaudir cet étincelant travail de troupe.

 

Nicolas Arnstam         
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# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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