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Interview  (Saint-Etienne)  6 janvier 2009

Projet à une seule tête mais à quatre bras de Jérôme Michalon, Pocket Bastard est déjà l’auteur de deux albums autoproduits. Ce fan du Do It Yourself n’en est pas moins exigeant sur son travail et nous parle ici de ses envies, de ses convictions et de toute la musique qu’il aime, évidemment !

Peux-tu nous faire un petit historique de Pocket Bastard ?

C’est un projet solo à la base. Je joue depuis une quinzaine d’année de la guitare et depuis quelques années de la basse et j’ai toujours joué dans des groupes plutôt punk. A tendance emo quand même mais qui faisaient du bruit dont un qui est encore en activité et qui s’appelle The Panther Party.

Et cela me titillait de faire mon truc à moi tout seul. Cela fait un moment que j’avais envie de faire mes compos. Alors je me suis dit : "Tu vas te prendre une semaine, tranquille tout seul et te faire plaisir à faire ce que tu veux". J’avais quelques compos et je me disais que ce serait bien de les enregistrer. Des choses plutôt guitare folk / chant. J’ai eu l’opportunité d’aller en résidence à la Fabrique pendant une semaine.

Semaine pendant laquelle j’ai composé 15 morceaux environ. Au final, j’ai enregistré très peu des morceaux qui étaient déjà prêts mais j’ai composé des nouveaux. Ce qui a donné mon premier disque qui était téléchargeable sur mon site internet gratuitement. Le but étant de diffuser gratuitement au maximum de gens possible. C’était mon premier "disque démo", même si ce n’était pas matérialisé sur un support physique. Cela s’appelait  I Have Dreamed Of : Imperfect Melodies.

A ce moment là, je n’avais pas l’idée de faire de concert ni quoi que ce soit. La consigne quand je m’étais enregistré, c’était de faire ce dont j’avais envie. Ce qui fait que quand des gens ont commencé à me demander quand est-ce que j’allais faire des concerts, j’étais bien embêté car il y a des morceaux que concrètement, je ne pouvais pas jouer. Ou alors il aurait fallu que je me fasse greffer quelques bras, mais ce n’est pas encore assez au point (rires).

Donc je n’ai fait aucun concert jusqu’en février 2008, moment de la sortie de mon deuxième disque qui s’appelle I Hate Myself But I Don’t Want To Die (petit hommage à notre ami Kurt).

Donc j’ai quelques concerts tout seul avec mon ordinateur et avec ma guitare, et depuis septembre 2008, il y a Junior qui m’accompagne et qui fait la deuxième guitare. Junior a un parcours similaire au mien dans la scène rock, il joue dans Boxing Helena notamment. Cela s’est bien passé tout les deux, il y a un bon feeling.

Et donc on en est là et Pocket Bastard est un groupe qui me ressemble assez même si, a priori, j’ai des goûts assez variés, car je peux aussi bien écouter Digitalism, Bonnie Prince Billy, Madonna, U2, du doom metal… L’idée, c’était d’arriver à faire un truc qui me ressemble dans cette diversité là. Donc j’ai essayé et j’ai trouvé cette formule de morceaux pop/folk avec des sonorités électro.

On me dit parfois qu’il y a un côté Sebadoh, Lou Barlow dans mes chansons et cela me fait assez plaisir, c’est sûr. J’ai aussi pas mal été influencé par Why, notamment dans le phrasé… mais on ne va pas trop s’éterniser sur mes influences car cela pourrait durer 3 heures. Je suis tellement reconnaissant de tous ces gens qui font de la belle musique que je ne me lasse pas d’en parler !

Je te comprends. Donc on passe du concept "je me fais plaisir sans contrainte" à un format "groupe" qui est pour le moment un duo ?

Pour moi, ce n’est toujours pas un groupe, c’est toujours mon projet à moi et sur scène, Junior apporte des choses mais je reste tout de meme seul maitre à bord (rires). J’ai été trop frustré dans d’autres groupes…

Est-ce que cela peut vouloir dire que la géométrie du groupe peut être amené à changer parfois selon tes envies ? Un peu comme B R OAD WAY ?

Oui, peut-être mais je suis, je pense, moins à géométrie variable qu’eux. Parce que eux, ils vont faire un truc pendant un an et puis après, ils arrètent. J’aimerais bien jouer avec différentes personnes mais j’aimerais que cela reste mon projet à moi. Par exemple John Venture, j’ai été décu qu’ils arrêtent. Et les gens qui aimaient comme moi, on a été malheureux quand ils ont arrété. Si moi j’arretais de faire les morceaux que je fais avec Junior par exemple, les gens qui aiment et qui ne retrouveraient pas ce que je faisais et bien, ils les auraient là (ndlr : il fait un geste pour montrer qu'il a les "boules"). C’est frustrant. Et moi je les ai là pour John Venture. Ne fais pas à ton prochain… (rires). Donc je garde mes compos et après je m’entoure de telle ou telle personne.

Tu peux nous en dire plus sur le nom du groupe ?

Oh oui, c’est en fait suite à une conversation avec une copine sur les déboires amoureux. Je disais que parfois, on faisait du mal aux gens sans le vouloir et je disais : "je suis vraiment un connard". Elle me répond : "mais non t’es un petit connard, un connard de poche" et donc c’est devenu Pocket Bastard. Et puis c’est aussi un groupe de poche, on se transporte facilement, on joue et voilà.

Ton deuxième disque est sorti sous quelle forme ?

Les 100 premiers exemplaires sont sortis sur le micro label Angry Ballerina. C’est un label qui sort des CDR à 100 exemplaires. Après j’ai pris la décision d’en represser d’autres car les 100 exemplaires sont partis assez vite finalement. J’avais quand même envie de prolonger la vie de cet album car j’avais beaucoup travaillé dessus, j’avais passé un mois chez moi à tout faire tout seul.

Pas de résidence à la Fabrique ce coup ci ?

Non, mais la Fabrique m’a aidé. Nicolas m’a fait le mastering, ce qui est très important. Sinon, j’ai tout joué et tout enregistré moi-même. C’est donc ce disque autoprod que j’envoie un peu partout et on verra bien. Je suis vraiment de la culture Do It Yourself et cela permet des choses fabuleuses sans rendre de compte à personne et sans se lancer dans le processus de professionnalisation qui est vraiment trop contraignant. Cela permet  de faire ce que l’on aime sans prendre trop de risques, en fait.

Par contre, cela n’est pas forcément la meilleure façon de s’ouvrir des portes. Tu vis de la musique ?

Pas du tout, je fais une thèse de sociologie !

Donc en vivre, ce n’est pas ta préoccupation.

Non, ce dont j’ai envie, c’est que les gens m’écoutent ! Et qu’ils aiment tant qu’à faire. Après si un label aime et me propose de sortir un disque, pourquoi pas mais faut voir dans quelles conditions.

Tu n’es pas prêt à faire de concessions.

Je ne sais pas, mais en tout cas pas sur la musique.

Donc l’idée, c’est de te faire plaisir et te faire entendre.

Oui, et s’il devait y avoir une mini revendication, c’est de dire que si on se donne la peine, on peut arriver à faire des choses tout seul sans passer forcément par le circuit des maisons de disques.

Si on fait une croix sur tout objectif de rentabilité… Tu penses qu’on peut être créatif et rentable ?

Oui bien sûr, regarde Radiohead et Björk, ils sont toujours créatifs. Mais c’est l’idéal, d’être payé pour faire ce que l’on veut. En tout cas, c’est dommage que ce ne soit pas un réflexe, une revendication. Car tout le monde rêve de faire ce qu’il veut dans de bonnes conditions sans finalement oser le demander.

Le groupe dans lequel tu joues, The Panther Party, est dans le même processus ?

Oui complétement, on joue quand on a envie, on a tous un boulot à côté, mais ca n’empêche pas de tourner, de sortir des disques. Mais le problème, c’est quand même de trouver du temps. Mais prendre une semaine de temps en temps et tourner, rencontrer les gens, c’est un vrai plaisir. Il faut que la musique reste un plaisir. Si cela devient de la contrainte, il y a un problème.

Tu voudrais par exemple être musicien de studio pour en vivre ?

Non. Si je ne savais rien faire d’autre, peut-être mais là, j’ai d’autre cartes à jouer. La musique doit rester un plaisir créatif avant tout. D’ailleurs, quand j’ai commencé à jouer, ce n’était pas pour reprendre à tout prix les morceaux des autres, déjà parce que je trouvais cela compliqué, mais aussi parce que j’avais envie de faire mes trucs à moi.

C’est arrivé comment la musique ?

Depuis tout petit, j’écoute du rock, Bruce Springsteen, Dire Straits, Midnight Oil et puis mon frère est bassiste. Arrivé 14 ans, la guitare pour mon anniversaire, etc. J’ai pris un peu de cours mais c’était un peu tard. Il fallait aller prendre des cours de solfège et pour moi, c’était hors de question. Alors j’ai laissé tombé les cours et j’ai joué avec des gens, et c’est la meilleure école pour faire du rock, de la noise.

Tu as joué un peu dernièrement en première partie de groupes connus comme French Cowboys, c’est bien pour toi ?

Carrément, c’est super. Ca fait un public qui te découvre, qui peut même acheter le disque sur Myspace et même avoir les 2 pour 5 euros ! C ’est pas cher !

Et les projets à venir ?

Et bien quand je ne faisais pas de concert, pas mal de monde m’avait sollicité alors je vais les relancer maintenant, voir s’ils veulent toujours de moi et m’organiser comme cela quelques week-ends. En partant juste avec Junior et un ordinateur.

L’ordinateur, ce n’est pas une contrainte pour le live ?

Si bien sûr, car cela empêche un peu l’impro mais j’aimerais bien essayer de faire des choses avec un batteur. Quitte à tout retriturer derrière, retravailler la sonorité, mettre de l’électro, retravailler les sons de la batterie, les remplacer, etc. Mais en tout cas, j’ai envie de faire de la scène. Cela me fait plaisir de voir qu’il y a un peu d’enthousiasme autour de ce que je fais !

Dernière question : imagine que ton meilleur ami parte au bout du monde et tu voudrais lui donner un disque de ta discothèque de telle sorte que lorsqu'il l’écoute, il pense à toi. Quel disque lui donnerais-tu ?

Il faut déjà trouver la personne, ce n’est pas évident… (il réfléchit) Je vais être très mainstream, ce serait Rattle & Hum de U2. Je le donnerais à des personnes qui sous estiment ce groupe et je leur dirais : "voilà, puisque tu es loin, prends le temps d’écouter et peut-être que tu comprendras pourquoi j’adore ce groupe".

Retrouvez Pocket Bastard
en Froggy's Session
pour 4 titres acoustiques en cliquant ici !

 

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Pocket Bastard en concert au Triomphe (16 octobre 2008)
Pocket Bastard en concert au Fil (23 octobre 2008)

En savoir plus :
Le site officiel de Pocket Bastard
Le Myspace de Pocket Bastard

Crédits photos : David Didier (Retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


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Pocket Bastard (6 janvier 2009)


# 20 octobre 2019 : De tout, pour Tous

Encore un programme bien chargé et très éclectique au travers de notre sélection culturelle hebdomadaire. Beaucoup à lire, à voir, à écouter... alors ne perdons pas de temps. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Engine of paradise" de Adam Green
"Phantom solids" de Lunt
"Fear of an acoustic planet" de Tahiti 80
"A wonder plante to" de Nilok 4tet & Daniel Zimmermann
"Six strings under" de Eric Legnini
Sarah McCoy et Dom La Nena au Nancy Jazz Pulsation
"Nothin' but" de Flyin' Saucers Gumbo Special
"Comfort zone" de Hugo Lippi
"Hors l'amour" de Jean Felzine
"A ciel ouvert" de Kaori
Rencontre avec Lady Arlette, accompagnée d'une session live et acoustique
"Vinyles, suite" c'est le titre de l'émission #3 de Listen in Bed
"Déluge" c'est le troisième volume des Mix de Listen in Bed
"Hybrid" de Yosta
et toujours :
"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Orouni en session live dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Cirque Leroux - La Nuit du Cerf" au Théâtre Libre
"Un jardin de silence" à La Scala
"Frida jambe de bois" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Fleur de peau" au Théâtre Essaion
"Habiter le temps" au Lavoir Moderne Parisien
"Wilde - Chopin" au Théâtre Le Ranelagh
"En ce temps là l'amour..." au Théâtre des Mathurins
"Imposture posthume" au Centre Culturel Suisse
"Fred Tousch - Fée" au Théâtre de Belleville
"Corinne Zarzavatdjian - Un nom à coucher dehors !" au Mélo d'Amélie
des reprises :
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Crépuscule" au Théâtre de l'Epée de Bois
"J'aime Brassens" au Théâtre d'Edgar
et la chronique des spectacles déjà à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Vampires - De Dracula à Buffy" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"Cléopâtre" de Alberto Angela
"Histoire du Canada" de Daniel de Montplaisir
"Je te suivrai en Sibérie" de Irène Frain
"La source de l'amour propre" de Toni Morrison
"Ordinary people" de Diana Evans
"Vik" de Ragnar Jonasson
et toujours :
"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Guerilla, le temps des barbares" de Laurent Obertone
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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