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Interview  (Paris)  10 février 2009

A la sortie de leur album 200 Million Thousand, Black Lips est venu faire sa promo à Paris. Ils nous ont donné une interview pour le moins amusante...

Qui êtes-vous ?

Black Lips : Je suis Jo, je joue de la guitare dans Black Lips.
Je suis Col, je joue de la guitare.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, de quoi parlent vos chansons ?

Jo : Elles n’ont pas vraiment de sens, généralement elles n’ont même pas de but, c’est de l’observation des gens et des situations. Et des trucs.

Vous vous décrivez vous-mêmes comme du flower-punk. C’est-à-dire ?

Col : Cela veut dire punk comme baiser les filles, pas comme botter ton cul. On fait de la musique à laquelle les jeunes de 16 ans s’identifient.

Jo : Par la mentalité, cette naïveté, cette absence de responsabilité, juste s’amuser.

C’est votre public principal en concert ?

Jo : Oui.

Col : Notre public a tendance à devenir encore plus jeune. Au début, il était plus vieux, genre des collectionneurs solitaires. Maintenant, on a des skateborders et on a un public qui déborde d’énergie. Et c’est pareil dans toutes les villes, on a tous ces tarés.

Jo : Et les jolies filles.

Pourtant, vous vous embrassez entre vous, entre hommes, sur scène...

Col : C’est juste pour rire.

Jo : Ce qui se passe sur scène reste sur scène.

Vous avez lancé un concours pour votre clip vidéo. Cela a-t-il bien fonctionné ?

Col : On est carrément impressionné. On s’attendait à des vidéos amateur et on a reçu des trucs vraiment professionnels. On avait prévu un petit  prix merdique, maintenant on cherche comment récompenser les gens parce qu’ils méritent mieux !

Donc vous aurez finalement "200 millions de milliers" de vidéos ?

Jo : On y est presque.

Sur la version française de Wikipédia, vous êtes décrits comme sales et chantant faux.

Jo : Cela me va.

Col : Je m’en fous.

Jo : Les gens pensent ce qu’ils veulent, c’est cool.

Col : Mais on ne peut pas faire semblant d’être crade, c’est une chose vraie (ndlr : il regarde ses mains).

Avez-vous déjà joué en Chine ?

Jo : On préparait une tournée de deux semaines mais finalement, juste avant la conférence de presse, Björk a fait son concert et parlé du Tibet. Immédiatement, le gouvernement a tout régulé sur les groupes et les musiciens.

Quelles sont vos influences, vos inspirations ?

Jo : La compilation Back from the Grave.

Col : Le punk américain du début des années 60.

Jo : La chanteuse française Francoise Hardy. C’est pas une influence mais on aime bien. La musique rap.

Col : Toutes sortes de musique.

Parlez-moi de Jacques Dutronc.

Col : Mon musicien français préféré. Comme un Bob Dylan, mais avec une guitare qui joue faux, donc plus punk.

Jo : Il a l’air d’être très heureux d’être français, ce qui ressemble pour nous à du chauvinisme, très fier de qui il est et d’où il vient.

Vous avez joué en Inde et beaucoup s’en souviennent...

Jo : On avait fait 4 concerts là-bas et en Inde, ils préfèrent le heavy metal. Au bout de 4 concerts, on se faisait chier et au dernier, près du Sri Lanka, on a dépassé les bornes. On s’emmerdait donc on s’est bourré et il y a eu ce baiser sur scène. Là-bas, c’est vraiment un "faux pas" (en français). Même un couple marié qui s’embrasse en public risque 3 mois d’emprisonnement. C’est considéré comme obscène, un vrai tabou social. Ce n’est pas le fait de montrer son cul sur scène qui a choqué, mais bien le baiser !

Col : Notre promoteur a flippé, les sponsors ont retiré leur argent et le temps d’y penser, on a pris une voiture pour quitter la juridiction et éviter la prison. Et le lendemain, on est rentré.

Aujourd’hui, cela vous donne envie d’y retourner ?

Col : Yeah !

Jo : Comme touriste, pas comme groupe ou artiste. Ce serait trop dangereux, légalement.

Vous êtes bons amis avec Bradford du groupe Deerhunter. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Col : Il est d’Atlanta et nous y avons grandi. Il a fait le design de la pochette des deux premiers albums et plusieurs sessions à la batterie. C’est un vrai ami, un membre de la famille.

Savez-vous pourquoi il a annulé son passage en France en février ?

Col : Aucune idée.

On ne vous imagine pas en train de composer enfermés dans un grand studio. Quelle est votre méthode pour écrire vos chansons ?

Jo : On est meilleur sous la pression. Comme à l’école, quand vous travaillez juste la nuit précédant le contrôle.

Quel est le rôle de chacun de vous dans la création ?

Jo : Tout le monde fait tout.

Col : Chacun donne son propre style à la musique.

L’an dernier, le concert à Benicassim était étrange, avec beaucoup moins d’interactivité que d’habitude. Avez-vous apprécié de jouer dans ces conditions "normales" ?

Col : Oui, c’était dingue, une très grande scène, c’était dingue.

Jo : Il était 2 heures du matin, j’aurais aimé qu’on reste plus longtemps là-bas.

Col : On a joué dans beaucoup de petits clubs ces dernières années, alors une telle scène c’est génial.

Jo : On a toujours eu un équilibre dans nos tournées entre les petits concerts et les grands.

Au contraire, votre concert à la Boule Noire en septembre était très différent, dans une petite jauge.

Jo : Ce concert était fou. Avant même qu’on ait commencé à jouer, des jeunes ont sauté sur scène et sur la batterie.

C’est un bon souvenir ?

Jo et Col (ensemble) : Oui !

Col : Je devais faire très attention à ne pas prendre de coups !

Ce n’est pas difficile de continuer à jouer dans ces conditions ?

Col : Si, c’est parfois le bordel dans les petites salles.

Jo : Les gens sont plus proches, ils se sentent libres de faire ce qu’ils veulent. Pas comme sur les grandes scènes. Parfois on peut plus jouer !

Col : On arrive parfois à un point où on peut plus jouer sur scène.

Mais cela fait partie de vos spectacles...

Jo : On aime bien que les gens s’éclatent mais jusqu’au point où on puisse quand même continuer à jouer. Si on doit arrêter de jouer, à quoi ça sert ?

Est-ce que vous êtes punk dans votre quotidien ?

Col : Je ne vis pas dans une poubelle mais dans une maison que je loue.

Que faisiez-vous plus jeunes pour gagner de l’argent ?

Jo et Col (ensemble) : Des sandwichs !

Col : Je faisais les poubelles dans un fast food.

Vous avez des projets parallèles, des side-projects ?

Jo : Parfois. Par exemple, Almighty Defenders, mais la plupart de ces projets sont inactifs car Black Lips est trop occupé.

Vous gagnez beaucoup d’argent avec Black Lips ?

Jo : Non.

Col : Assez pour vivre. Mais on n’est pas riche.

 

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La chronique de l'album Good Bad Not Evil de Black Lips
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Black Lips en concert au Festival GéNéRiQ 2009
Black Lips en concert au Festival Les Inrocks tck tck tck 2009 (vendredi 6)
Black Lips en concert au Festival Les Inrocks tck tck tck 2009 (lundi 9)

En savoir plus :
Le site officiel de Black Lips
Le Soundcloud de Black Lips
Le Myspace de Black Lips
Le Facebook de Black Lips

Questions : Spud et Mathieu Beurois
Crédits photos (Festival GeNeRiQ 2009) : Vanessa Bureau (Toute la série sur Taste of Indie)
Crédits photos (Festival Benicassim 2008) : Manu (Toute la série sur Taste of Indie)


Mathieu Beurois         
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# 23 février 2020 : Eclectisme n'est pas un gros mot

Classique, pop, rock, découvertes, artistes confirmés, comédies, drames, art moderne ou plus classique, romans et livres historiques, tout se cotoient encore dans cette nouvelle et riche édition de Froggy's Delight. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Contemporary" de Adélaide Ferrière
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Rencontre avec Cyril Adda, autour de on album "L'îlot" et de sa session live de 5 titres
"Beethoven : intégrale des sonates pour piano" de Fazil Say
"Happy mood !" de François Ripoche
"L'appel de la forêt" de Julien Gasc
"Satchidananda", nouveau et 11eme mix de Listen in Bed
"Song for" de Noé Huchard
"Amours, toujours !" de Smoking Joséphine
"Rêve d'un jour" de The Chocolatines
"The Bear and other stories" de The Fantasy Orchestra
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"Le Tour du théâtre en 80 minutes" au Théâtre de Poche-Montparnasse
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"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
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Cinéma avec :

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