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Lee Brauer  mars 2009

Réalisé par Lee Brauer. France-USA. 2009. Comédie dramatique. Avec Maude Mitchell, Mark Povinelli et la Compagnie Mabou Mines

"Dollhouse" est l'adaptation cinématographique de sa mise en scène de la pièce éponyme d'Henrik Ibsen par Lee Breuer. Cependant, sans connaître la version adaptée pour les planches, je ne me lancerai pas dans un comparatif des deux exercices.

Le dispositif choisi par Lee Breuer consiste à filmer, plutôt qu'une adaptation cinématographique de l'histoire, un théâtre avec une scène, de lourds rideaux rouges, des spectateurs, des décors, des acteurs et même la régie. Mais l'originalité de cette adaptation vient du fait que Breuer superpose les images, insère des effets spéciaux, fait jouer ses acteurs devant un parterre de marionnettes. Il y a donc une volonté de créer un véritable objet cinématographique utilisant des pratiques du cinéma, c'est-à-dire cadrage, gros plans, champs/contrechamps, etc... et pas seulement faire du théâtre filmé.

La pièce d'Ibsen raconte l'histoire de Nora (Maude Mitchell), épouse aimante et mère attentive, qui vit à l'abri du besoin dans une demeure douillette. Elle est cajolée par son mari Torvald (Mark Povinelli) qui vient de devenir directeur d'une banque. Mais le ver est dans le fruit : La situation n'a pas de tout temps été aussi simple, et elle a dû, quelques années auparavant, effectuer un emprunt pour prendre soin de son mari, à l'époque souffrant.

Or dans la société bourgeoise norvégienne du XIXe siècle, ce n'est pas le rôle dévolu à la femme que de s'occuper des affaires d'argent. Elle a donc caché cet emprunt à son mari. En restant ainsi dans les normes sociales et afin de ne pas bouleverser les conventions, elle espère pouvoir garder l'estime et l'amour que lui porte son époux. Cependant lorsque cet acte sera révélé, le ciment de l'union familial s'effritera, et qu'importe si elle avait fait cet acte par sacrifice et par amour.

Dans l'adaptation de Lee Breuer, la maison de poupées offerte par Nora à ses enfants en début de pièce sert de décor. Elle est assez grande pour que les enfants puissent jouer à l'intérieur. Les femmes sont de taille normales, quant aux rôles masculins, ils sont interprétés par des nains, qui ont donc la taille des enfants, et pour lesquels la taille du décor est adapté.

Ceci suggère que les femmes, à l'époque d'Ibsen, n'étaient pas adaptés à un monde taillé pour les hommes, et devaient sacrifier leurs envies, leurs désirs, leur autonomie, leur volonté pour se plier à un monde taillé pour les hommes.

On peut aussi y voir une représentation physique de "l'âme": la grandeur du sacrifice pour les femmes opposée à la petitesse d'esprit pour les hommes puisqu'au court de ce film ils succomberont à l'envie, à la cupidité, au stupre, et caetera...

Le choix de Lee Breuer est d'installer son dispositif dans l'outrance (le décor, les costumes, les couleurs, les spectateurs représentés par des marionnettes, les effets spéciaux), la parodie (l'accent danois des acteurs, les masques) et le faux (le jeu outré des acteurs qui sont censés être sur une scène de théâtre mais sont filmés en plans rapprochés, les effets spéciaux très visibles). Ainsi les seules vérités qui ressortent du texte et de l'histoire sont le drame et la souffrance de Nora.

Le spectateur peut noter le féminisme de cette pièce, le rapporter à l'époque, s'interroger s'il y a une morale propre aux hommes, et une autre plus compassionnelle propre aux femmes. Quant à l'objet filmique, en raison de ses partis-pris esthétiques, il ne laissera pas indifférent.

 

Durée : 2h03


Laurent Coudol         
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# 18 octobre 2020 : Le grand incendie

Plutôt que de subir ce nouveau couvre feu, faisons feu de tout bois et sortons, chacun avec nos moyens, la culture de ce marasme actuel. Voici donc le programme de la semaine sans plus attendre.

Du côté de la musique :

"Armand-Louis Couperin : pièces de clavecin" de Christophe Rousset
"Ce qui suit" de Mondo Cane
"Awaiting ship" de Dominique Fillon Augmented Trio
"Soné ka-la 2 odyssey" de Jacques Schwarz Bart
"Killing Eve + Australie" nouveau mix de Listen in Bed
"LP2" de Pointe Du Lac
"Jorn" de Box Bigerri
et toujours :
"Glover's mistake" de Mickaël Mottet
"Chanson d'amour" de Alexandre Tharaud et Sabine Devieilhe
"Deux mezzos sinon rien" de Karine Deshayes
"Visible(s)" de La Phaze
"Seven Inch" 2eme émission de la 2eme saison de LISTEN IN BED
"Introsessions EP" de Minshai
"Faune" de Raphaël Pannier Quartet
"Shaken soda" de Shaken Soda
"Y" de The Yokel
"L'ancien soleil" de Yvan Marc

Au théâtre :

les nouveautés :
"L'Art de conserver la santé" au Théâtre de la Bastille
"Don Juan" au Théâtre national de Chaillot
"On purge bébé" au Théâtre de l'Atelier
"Saccage" à la Manufacture des Abbesses
"Le Dernier jour d'un condamné" au Théâtre Essaion
"Jeanne d'Arc" au Théâtr de la Contrescarpe
"Here & Now" au Centre Culturel Suisse
"Virginie Hocq ou presque" au Théâtre Tristan Bernard
"Le destin moyen d'un mec fabuleux" au Studio Hébertot
les reprises :
"La promesse de l'aube" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Les Swinging Poules - Chansons synchronisées" au Théâtre L'Archipel
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

la nouvelle saison muséale avec :
"Pierre Dac - Du côté d'ailleurs" au Musée d'art etd'Histoire du Judaïsme
"Gabrielle Chanel - Manifeste de mode" au Palais Galliera
"L’Age d’or de la peinture danoise (1801-1864)" au Petit Palais
"Man Ray et la mode" au Musée du Luxembourg
"Victor Brauner - Je suis le rêve. Je suis l'inspiration" au Musée d'Art Moderne de Paris
"Sarah Moon - PasséPrésent" au Musée d'Art Moderne de Paris

"Alaïa et Balenciaga - Sculpteurs de la forme" à la Fondation Azzedine Alaïa
"Pierre et Gilles - Errances immobiles" à la Galerie Templon

Cinéma :

at home avec :
"India Song" de Marguerite Duras
"De beaux lendemains" de Atom Egoyan
"La légende du piano sur l"océan" de Giuseppe Tornatore
"Une femme mélancolique" de Susanne Heinrich
"Atanarjuat, la légende de l'homme rapide" de Zacharias Kunuk

Lecture avec :

"L'ange rouge" de François Médéline
"Le prix de la vengeance" de Don Wislow
"De Gaulle, stratège au long cours" de François Kersaudy
"Georges Clemenceau, lettres d'amérique" de Patrick Weil et Thomas Macé
"Justice de rue" de Kris Nelscott
"Plus fort qu'elle" de Jacques Expert

et toujours :
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"Infographie de la Rome antique" de John Scheid, Nicolas Guillerat & Milan Melocco
"L'accident de chasse" de David L. Carlson & Landis Blair
"Le voleur de plumes" de Kirk Wallace Johnson
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