Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce William Elliott Whitmore - Alela Diane
L'Aéronef  (Lille)  1 avril 2009

Nouvelle égérie des grands noms de la presse musicale indépendante, Alela Diane, Menig de son nom civil, avait réussi une entrée des plus remarquées dans le panthéon de la musique folk avec son album The pirate's gospel – qu'il serait insultant de présenter encore à la bonne bouche mélomane.

Restait à voir, et à entendre, si la jeune femme, à pas encore tout à fait 26 ans, pourrait réitérer ce premier coup de maître et / ou lui donner vie jusque sur scène. Challenge relevé avec une nouvelle tournée, en l'honneur de To be still, son deuxième opus. Première date française : l'aéronef de Lille, ce mercredi 1er avril.

Pour assurer sa première partie tout au long de cette tournée, Alela Diane s'est adjoint les services de quelqu'un qui lui ressemble : William Elliott Whitmore. Relativement inconnu en France, il n'en est pourtant pas à son coup d'essai, puisqu'il s'était déjà rendu coupable de pas moins de six albums (tous parus chez Southern records) entre Octobre 2003 et Novembre 2007. C'est maintenant avec la complicité d'Anti-records qu'il publie Animals in the dark.

Seul en scène, à la guitare ou au banjo, il propose une musique simple comme la vie dans les parties les plus rurales de l'Iowa dont il est originaire.

L'homme sent la campagne, et les années 60. Il vit encore dans la ferme qui l'a vu naître, aime travailler la terre, élever des chevaux, des poulets. Il martèle le rythme du talon de ses bottes avec une force étonnante. Et sa voix est ensorcelante, légèrement éraillée mais chaude, comme vieillie prématurément ; profonde, puissante. On en relirait Jim Harrisson.

Plus ancrées dans le siècle, les chansons de son dernier album parlent du monde, du mal qui s'y cache parfois – dans la plus droite et typiquement américaine tradition de la folk protest song.

Avec des mots simples, il pointe du doigt les errances des puissants, les erreurs et dangers d'une politique. Avec un charisme saisissant et tout d'humilité, il ravira au public ses plus belles acclamations, pour un set court d'une demi-heure qui laisse courir son nom sur toutes les lèvres. De mon côté, je rêve qu'il s'amuse à reprendre "The pirate's gospel", titre phare de l'album éponyme.

Quant à Alela Diane, sa performance hésite en permanence entre le grand spectacle calibré et l'authenticité d'une rencontre toute d'intimité. On comparera ainsi sa façon, désarmante de simplicité, d'entrer seule en scène, de dire bonsoir, de jouer un morceau en s'accompagnant elle-même à la guitare – et la manière dont elle contraste avec l'entrée progressive de ses musiciens (son père à la guitare, une choriste, un batteur et un bassiste) entre chaque morceau, et la façon identique qu'ils auront de quitter la scène quelques chansons plus tard, qui rompent un peu le charme en laissant à voir comme tout cela est étudié.

Alors quoi ? Tout la simplicité affichée ne serait-elle que marketing ? La si cool jeune femme ne serait-elle que l'icône d'un revival hippie-folk pour bobo nostalgique ? On pourra toujours le soupçonner et se dire que le si grand succès, inattendu, du premier album aura éloigné la chanteuse de sa fraîcheur initiale.

Mais je ne suis pas persuadé, loin de là, que ce soit la vérité. Les quelques mots que la jeune femme, encore un peu intimidée malgré tout, ne manque pas de prononcer entre deux chansons, semblent sincères : elle est heureuse, d'être ici ; elle mène une vie incroyable, à l'autre bout du monde, des gens se déplacent en nombre juste pour venir l'entendre chanter. S'il y a une arnaque là-dessous, elle est d'une telle lucidité...

Bien sûr, le concert s'achèvera, après deux rappels, sur le titre le plus attendu (..."The pirate's gospel", vous l'aurez deviné) et ce déroulement a quelque chose d'un peu convenu. Mais peut-on reprocher à un artiste une certaine professionnalisation – sans lui souhaiter en même temps, du moins, l'échec commercial et médiatique ?

Bien sûr, on ne pourra s'empêcher de se dire que les gesticulations du batteur et du bassiste, en fond de scène, ont quelque chose d'exagéré, de surjoué même. Comme si on leur avait demandé d'apporter un peu de vie sur une scène bien raide. Mais à l'inverse, quelle froide étude scénographique aurait bien pu décider de laisser ainsi pendant d'interminables silences la choriste, qui passera parfois plusieurs minutes sans n'avoir rien à faire, un peu gauche et raide, finalement touchante derrière son pied de micro à l'avant de la scène ?

Bien sûr, finir après deux rappels, sur de pseudos-protestations, (style : "bon une toute dernière si vous insistez mais ça n'était vraiment pas prévu") et enchaîner sur le titre le plus attendu du concert (ce fameux Pirate's gospel) a forcément quelque chose d'artificiel. Mais le succès n'est-il pas un fardeau avec lequel il vaut mieux savoir composer, de peur qu'il ne vous écrase ? De fait, ce sont bien aux titres phares du premier album, joués en nombre que le public réagira le plus, quoi que "White as diamonds" et "To be still" remportent également bon nombre de suffrages.

Peut-être les plus puristes pourront-ils donc, s'ils y ont le coeur, trouver à se sentir volés du bain de sincérité, d'authenticité et d'intimité qu'ils étaient venu chercher, par centaines, aux pieds de la scène ce soir. Mais ceux qui s'intéressent avant tout à la musique devront bien reconnaître qu'Alela Diane les aura transportés.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album The pirate's gospel de Alela Diane
La chronique de l'album To Be Still de Alela Diane
La chronique de l'album eponyme de Alela Diane & Wild Divine
La chronique de l'album About farewell de Alela Diane
La chronique de l'album Cold Moon de Alela Diane & Ryan Francesconi
Alela Diane en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2008 (Samedi)
Alela Diane en concert au Festival des Inrocks iDTGV 2008
Alela Diane en concert au Festival Les Vieilles Charrues (vendredi)
Alela Diane en concert au Festival Les Femmes S'en Mêlent #16 (jeudi 21 mars 2013)
L'interview de Alela Diane (5 mars 2011)
L'interview de Alela Diane (samedi 17 juin 2014)

En savoir plus :
Le Myspace de William Elliott Whitmore
Le site officiel de Alela Diane
Le Myspace de Alela Diane

Crédits photos : Cédric Chort (Toute la série sur Taste of Indie)


Cédric Chort         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=