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Controlling Crowds  (Warner Music)  mars 2009

Toujours pas. Il faudra encore l'attendre, le chef d'œuvre d'Archive, celui que les perles disséminées tout le long de leur discographie laisse espérer. Ce n'est pourtant pas faute d'ambition de la part de Griffiths et Keeler, les deux têtes pensantes de la formation, ni de capacité à se renouveler. Pourtant non, non, non, quoi qu'en puissent dire les quelques enthousiastes, jamais les mêmes, qui savent saisir la moindre occasion pour célébrer "l'album de la maturité" d'Archive, non, non, ce huitième album studio, Controlling Crowds, n'accomplit pas encore la prophétie.

Il regorge pourtant de bonnes choses. À commencer par le titre éponyme, qui ouvre l'album de ses dix minutes – sans que l'on nous refasse le coup de "Lights", titre éponyme de l'album précédent qui n'était, au mieux, qu'un très ennuyeux auto-pastiche de l'indépassable "Again". Et "Bullets", deuxième titre de l'album et premier single, le prolonge à merveille. A eux deux, ces titres introduisent à un univers musical électro-rock progressif tout en répétitions et lentes évolutions, un peu dans l'esprit de plusieurs titres de l'album précédent comme "Sane" ou "Sit back down", une certaine profondeur en plus.

A en rester là, pas de doute, Archive tiendrait la formule d'un grand album. Mais les choses se dégradent malheureusement au fur et à mesure que l'on avance dans l'écoute. On commencera à grincer des dents sur des titres comme "Word on signs", un rien sirupeux. On s'indignera franchement à l'écoute de titres tout à fait ratés comme "Chaos", qui parvient même à rappeler l'Alan Parsons Project des mauvais jours. Et l'on désespérera finalement d'entendre ainsi gâcher de bons titres par la prétention un peu vaine de certaines orchestrations synthétiques ; ainsi pour "Funeral" ou "Clone" ; ainsi même pour "Quiet Times", où la déception éclipsera presque le plaisir de retrouver le rappeur Rosko John.

Ce dernier avait disparu des rangs d'Archive après Londinium, album-référence de l'histoire du trip-hop. Les retrouvailles sont en soi une excellente surprise, tant on aime son flow et le timbre mat de sa voix, qui sait donner vie à d'excellents titres comme "Bastardised Ink". Il faut cependant reconnaître que les trois titres qui lui sont confiés briseraient plutôt l'unité de l'album. On en dira d'ailleurs autant de "Whore" ou "Collapse/Collide", chantés par Maria Q qui, malgré sa jolie voix, a le dont de tirer tout ce qu'elle chante vers le sous-Morcheeba.

Ne serait-ce pas alors le plus grand défaut de cet album que d'avoir voulu donner de la tête partout ? En effet, Archive y multiplie les voix (Pollard Berrier, voix officielle ; Maria Q et David Penney, comme chez eux ; Rosko John, revenu d'outre-tombe) et les directions (l'album est découpé en trois parties ; on y explore, en vrac, l'électro, l'électro-rock, le trip-hop).

Résultat : l'album est aussi long qu'il se peut (80 minutes – on remarquera encore que la quatrième partie, initialement prévue, n'a pas pu être intégrée et doit faire l'objet d'un album à part entière) et souffre, peut-être, du défaut de beaucoup d'albums longs : la difficulté à s'exprimer dans la durée sans jamais retomber. On peut certes encore ajouter quelques tites à la liste des excellents moments de l'album : "Kings of speed", qu'on dirait tout droit sorti d'Ok Computer, et le très délicat et entêtant "Dangervisit". Mais tout cela peine à donner un ensemble véritablement cohérent – et de qualité constante.

Malgré toute l'ambition du projet (dénoncer l'aliénation de masse en 80 minutes – ce qui a d'ailleurs déjà en soi quelque chose de candide), malgré aussi le soin apporté à la production et aux enchaînements de titres, on aura peut-être du mal à écouter l'album en tant que tel, du mal à accepter de courir le risque de laisser les bons titres se noyer dans la masse des compositions plus secondaires et l'on fera comme on a toujours fait avec Archive : le tri.

 

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Cédric Chort         
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# 11 avril 2021 : Culture en résistance

Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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