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puce Le bain et le miroir - Soins du corps et cosmétiques de l'Antiquité à la Renaissance
Musée National du Moyen Age  (Paris)  Du 20 mai au 21 septembre 2009

L'exposition "L'art des frères d'Amboise", programmée à l'automne 2007, était la première qui réunissait le Musée National du Moyen Age et du Musée National de la Renaissance à travers une thématique unique développée en deux volets.

Après cette exposition pointue à la sphère de monstration très circonscrite, la Réunion des Musées Nationaux réitère le protocole en y programmant concomitamment une deuxième et superbe exposition originale, pluridisciplinaire au large spectre spatio-temporel et sur une thématique grand public.

En effet, "Le bain et le miroir" entraîne le visiteur dans le monde du bien être et de la beauté qui y trouve une même légitimité en raison de l'existence des vestiges des thermes de Lutèce pour le premier et de l'existence d'un appartement des bains pour le second.

A un siècle qui se croît novateur, avec par exemple la vogue du spa, et se voit parfois fustigé pour son exacerbation du futile et du paraître, avec l'obsession de la beauté et du jeunisme, cette exposition consacrée aux soins du corps et aux cosmétiques de l'Antiquité à la Renaissance permet de constater la pérennité et l'universalité de ces préoccupations.

Cette exposition judicieusement pensée revêt des sources d'intérêt multiples. En premier lieu, elle s'inscrit totalement dans une démarche muséale qui consiste à mettre en permanence l'art comme l'histoire, fut-elle celle de la vie quotidienne, en résonance avec l'humain et en dialogue permanent entre les différentes époques, chacune s'étant nourrie de la précédente.

Par ailleurs, cette exposition apporte des éléments nouveaux de connaissance en raison des travaux scientifiques menés par la Centre de recherche et de restauration des musées de France et les laboratoires de l'Oréal Recherche notamment sur l'analyse chimique des produits utilisés durant ces époques.

Ensuite, les deux volets de cette exposition ne sont pas conçues de manière monolithique mais selon deux approches différentes qui s'éclairent mutuellement et s'avèrent complémentaires dans ce nécessaire croisement de focales pour éloigner tout didactisme péremptoire.

Ainsi, si le Musée National de la Renaissance a choisi une démarche déductive à partir des objets, documents et œuvres d'art, pour sa partie parisienne, la commissaire de l'exposition, Isabelle Bardiès-Fronty, conservateur en chef au Musée de Cluny, qui intervient en amont avec Philippe Walter, directeur de recherche au CNRS, a opté pour un parcours chronologique avec une présentation chrono-thématique analytique judicieuse en raison de l'ampleur de la période considérée.

Enfin, par la large variété d'objets présentés et leur sélection rigoureuse, l'exposition offre un large panorama sans relever de l'accumulation ni de la pléthore qui brouillent le discours et retient tout autant l'attention des érudits et des historiens d'art que celui du visiteur néophyte par son accessibilité, bel exemple de vulgarisation réussie.

La scénographie très contemporaine réalisée par Jérôme Haberrsetzer prend toute son ampleur dans le lieu premier de l'exposition, lieu majestueux et imposant qu'est le frigidarium d'un des trois thermes de Lutèce, unique vestige de la splendeur romaine à Paris, réouvert au public après restauration.

Il offre bien évidemment un lieu de prédilection pour la présentation de la période antique avec ses objets de taille et de nature hétérogènes présentés dans un ensemble de vitrines basses de tailles différentes à la couleur pierre, en harmonie avec les enduits rosés qui couvrent les murs, auxquelles s'intègrent des vidéos et de judicieux cartels animés.

La recherche de la beauté, critère d'une esthétique et du goût

Cette exposition, qui comprend un ensemble exceptionnel de plusieurs centaines de pièces venues des grandes collections publiques européennes, concerne, comme le souligne Isabelle Bardiès-Fronty, "un sujet faussement léger qui n'est pas que dans l'illustration".

La démarche de démonstration documentaire est également réflexive entre autres sur le statut de la beauté ancrée dans les temps antiques, sur la beauté comme paramètre de représentation de la figure humaine et notion culturelle véhiculée par une civilisation et sur les convergences du profane et du sacré.

Par ailleurs, elle établit également l'adaptation au Moyen Age de l'héritage antique avec l'idéal de beauté gréco-romaine deux périodes que la commissaire résume ainsi dans un de ses essais figurant dans le catalogue : "L'antiquité, belle comme la romaine" et "Le moyen âge, beauté mon beau souci".

Le parcours chrono-thématique se déroule en trois lieux dont le frigidarium prédestiné à recevoir les pièces antiques magnifiques - dont "Aphrodite au bain", des peintures murales vestiges de Pompéi et la statuette en ronde bosse de "Aphroduite détachant sa sandale" retenue comme visuel de l'exposition - et les oeuvres du Moyen Age sont présentées dans deux salles plus intimistes du musée.

Deux périodes qui sont placées sous le rite de l'eau : les thermes antiques et le bain médiéval constituent une pratique hygiénique et prophylactique qui prend l'allure d'un fait social érigé en cérémonial auprès de l'élite dont n'est pas niée la vertu épicurienne voire érotique ("Bethsabée au bain", "Suzanne et les vieillards").

De nombreux objets de soins corporels ont été retrouvés dans des tombes à côté d'objets culinaires qui lient la beauté et le banquet, symboles de la vie qui doit accompagner le défunt dans son voyage.

Les œuvres présentées, qu'il s'agisse des bustes antiques ou de la statuaire médiévale, proposent un focus sur l'art de la coiffure qui atteste du souci de l'apparence avec une très grande variété de style et de mode qui sont diffusées par les monnaies et médailles aux effigies impériales.

Ainsi vogue-t-on des architectures capillaires romaines aux chignons ondulés grecs, de la grande austérite des coiffures des sculptures toscanes provenant des dépositions de croix du début du 13ème siècle au raffinement de celles d'une annonciation en craie du 15ème siècle, de la prédilection des tresses dans les pays du Nord et les bandeaux à la florentine pour ceux du Sud et les très étonnants bustes reliquaires toscans de saintes qui reproduisent certains canons d'une beauté idéale à la carnation subtile.

Une belle place est faite aux secrets de beauté. Ainsi la technologie contemporaine permet de connaître la composition des cosmétiques, du fard noir à yeux et de la coloration des cheveux hérités de l'Egypte experte de la chimie des solutions, des fards romains issus de l'art des teinturiers ou du début de l'art de la formulation en à la période médiévale.

Produits en renouvellement constant qui, comme les objets de toilette dont les formes des objets de toilette traversent le temps tout en se diversifiant, tels le miroir, le peigne et la pixyde, avec par exemple avec la découverte de l'étamage des glaces, donnent naissance à une industrie du luxe au service de la beauté. Ainsi les onguents placés dans de simples coquillages à Pompéi trouveront logis dans des verres soufflés, la tabletterie et l'orfèvrerie mettront leur savoir-faire au service de la fabrication de nécessaires de toilette dès le 4ème siècle.

L'intervention de l'Eglise qui prône le renoncement aux pratiques de la vanité et de l'embellissement, avec en figure de proue Marie-Madeleine la pécheresse repentie, dont une très belle représentation en anachorète sur une huile sur bois du 15ème siècle, ne parviendra pas à juguler cet engouement pour la beauté.

L'exposition comporte également une sélection de documents qui permettent de constater que les ouvrages médiévaux reprendront, par la voie des traités médicaux, les textes hygiéniques dont l'Antiquité a été prolixe.

Cette partie de l'exposition se clôt sur une tapisserie flamande du début du 16ème siècle, "Le bain" une des tenture de "La vie seigneuriale" qui constitue une belle transition pour le deuxième volet de l'exposition qui se déroule au Musée de la Renaissance réputée pour sa collection de tapisseries.

Une exposition magnifiquement réussie pour un extraordinaire voyage au pays de la beauté toujours renouvelée.

 
A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'exposition au Musée National de la Renaissance
La chronique du catalogue

En savoir plus :

Le site officiel du Musée National du Moyen Age

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation d ela Réunion des Musées Nationaux


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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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