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Wolfgang Amadeus Phoenix  (Cooperative Music)  mai 2009

Phoenix, on y est venu progressivement, ça n’a pas été un coup de cœur immédiat. On les laissait même un peu de côté, il faut bien le dire. Jusqu’à ce que l’on se rende compte que finalement, non, au contraire de tant d’autres groupes tombés dans l’oubli, Phoenix n’est pas le groupe d’une seule chanson ("If I Ever Feel Better"). Et c’est encore moins le groupe pour midinettes qu’on a pu décrire par le passé. Ils ont su poursuivre leur voie, en restant exigeants envers eux-mêmes, et sans gagner à la facilité du Rock FM (Kings Of Leon, quelqu’un ?). Tout le mérite leur revient, et nous pouvons maintenant affirmer que l’engouement qu’ils suscitent depuis des années chez un nombre toujours croissant d’admirateurs était bel et bien justifié.

Phoenix, c’est l’histoire d’une mésentente. On ne s’est vraiment penché sur leur cas qu’avec le précédent album, It’s Never Been Like That, aux sonorités rock plus affirmées. On ne les avait pas oubliés, loin de là. On avait même écouté leur premier album, l’inégal United, et son tube "If I Ever Feel Better" – sans vraiment adhérer à l’enthousiasme qu’il suscitait. On avait beaucoup aimé le suivant, Alphabetical, aux tonalités plus soul et aux compositions plus abouties. Et voilà trois ans, ils ont débarqué avec It’s Never Been Like That, disque à la fraîcheur et à l’énergie contagieuses, bourré de tubes en puissance. Nous avons alors dû nous rendre à l’évidence : ce groupe a vraiment quelque chose de plus. On se demandait comment ils allaient pouvoir faire mieux sur leur quatrième album, et là réponse vient de nous arriver : avec ce nouveau disque, Phoenix change de catégorie et entre dans le club très fermé des grands groupes pop.

Non que Phoenix se soit métamorphosé en l’espace de trois ans – on retrouve ici leur son, leur patte –, mais ils ont grandi. Les quatre versaillais semblent avoir trouvé ici la parfaite alchimie entre l’électro-soul de leurs débuts et les aspirations pop-rock de It’s Never Been Like That. Sans conteste, le groupe se bonifie avec le temps et délivre avec Wolfgang Amadeus Phoenix, son meilleur album. Le plus cohérent, le plus abouti.

Il n’y a quasiment aucun déchet sur ce disque, si ce n’est un léger coup de pompe sur la fin ("Count Down" et "Girlfriend", légèrement en retrait). Pour le reste, on est tout simplement renversé par tant de maîtrise. A commencer par cet incroyable instrumental de plus de sept minutes, "Love Like A Sunset", qui reprend les choses là où le groupe les avait laissées trois ans plus tôt ("North"). A ceci près que ce titre est autrement plus ambitieux et complexe que son sympathique prédécesseur. Presque six minutes d’une impressionnante montée d’adrénaline où l’on pense tour à tour à Radiohead (période Kid A) puis à Air. La chanson se compose d’un diptyque dont le deuxième volet – habité par la voix de Thomas Mars, débarrassée ici de tous ses tics – fait retomber la tension. Il conclut le titre par une partie apaisée et lumineuse, qu’on dirait tout droit sortie du dernier – et très bon – "Viva La Vida Or Death And All His Friends" de Coldplay.

Si "Love Like A Sunset" est leur morceau de bravoure, l’album regorge de pépites, toutes plus impressionnantes les unes que les autres. En tête "Lisztomania", qui a tout pour devenir un tube énorme. Portée par une rythmique titanesque et une mélodie accrocheuse, elle concentre tout ce que l’on aime chez Phoenix. "1901" est du même acabit, et nous permet d’apprécier l’apport de la production de Philippe Zdar (membre du groupe Cassius, qui a produit l’album dans ses studios) sur les chansons du groupe. "Fences" est un sommet de délicatesse auquel Phoenix nous avait peu habitué. Encore une fois, la production est extrêmement léchée, tout en restant sobre. Thomas Mars n’a sans doute jamais aussi bien chanté, et cela explique pourquoi ce titre s’avère si touchant. Un peu plus loin, l’introduction de "Lasso" surprend avec sa ligne de basse et son chant inspirés par Of Montreal. Un des titres les plus directs et résolument rock de l’album, aux variations d’intensité bien pensées. "Rome" est un sommet de plus, révélateur des progrès accomplis par le groupe, et une des plus belles chansons qu'il ait composé.

Au final, l’album peut paraître assez court (36 minutes, 10 chansons, voire 9 si l’on regroupe "Love Like A Sunset" en une seule partie), mais il est d’une intensité telle qu’il n’y a rien à redire. Par ailleurs, on ne peut que louer la production, très travaillée et qui enrobe magnifiquement les compositions des français. De par la qualité de ses chansons, des arrangements, du chant, du jeu de guitare, des sons de clavier… Phoenix parvient une nouvelle fois à se surpasser, et l’on se demande où ils vont s’arrêter…

"Nul n’est prophète en son pays" : cette maxime colle depuis trop longtemps à la peau des versaillais. Wolfgang Amadeus Phoenix marquera-t-il la fin du – relatif – désamour entre Phoenix et le public français ? Car depuis ses débuts, ils est assez surprenant de constater le décalage entre l’énorme engouement qu’ils suscitent chez nos confrères anglo-saxons et la relative froideur qui accueille régulièrement leurs disques en France. Phoenix vient clairement de passer un cap de célébrité outre-Atlantique : ils sont tout d'abord devenus le premier groupe français à passer au show télévisé Saturday Nigh Live – une véritable institution, ayant accueilli tout ce qui se fait de mieux sur la planète rock. Puis, dans la foulée, leur nouveau bébé est venu se placer directement en tête des téléchargements dès sa sortie aux Etats-Unis.

Quel accueil leur sera réservé dans l'Hexagone ? Impossible de savoir, et là n'est pas l'essentiel. Avec cet album, et jusqu’à ce que Air sorte de sa tanière – à condition que ceux-ci redressent la barre après un Pocket Symphony mou du genoux –, Phoenix s’impose sans discussion possible comme le plus grand groupe français actuel, et comme l’autre groupe hexagonal incontournable des années 2000. Les deux seules choses qu’ils auront ratées avec cet album, c’est son titre et sa pochette. Pour le reste... Chapeau bas, messieurs !

 

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En savoir plus :
Le Myspace de Phoenix
Le site officiel de Phoenix


Pierre Baubeau         
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# 5 avril 2020 : sous le soleil... mais pas vraiment

Les beaux jours sont au rendez vous en ce début avril mais nous, sages et confinés n'allons pas cette année envahir parcs et terrasses à comparer son bronzage à coup de vin rosé douteux... non on attend que la mort détourne les yeux de notre pauvre monde. Donnons nous un peu de baume au coeur avec notre sélection culturelle hedbo.

Du côté de la musique :

"Shut up Mix #13" par Listen in Bed à écouter en ligne
"Cerc" de Artus
Interview avec Christophe Chassol autour de son album "Ludi"
"Que faire de son coeur ?" de Eskimo
"Bonheur ou tristesse" de Lesneu
"Super lâche" de Maalers
"Zeno" de Muzi
"Shostakovich : Symphony N 8" de Orchestre National du Capitole de Toulouse & Tugan Sokhiev
"It's a mighty hard road" de Popa Chubby
"Chapter 3" de Tropical Mannschaft
"Cimes" de Volin
et toujours :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
un classique revisité avec la vidéo de "Le Misanthrope"
une comédie dramatique historique avec le streaming de "A tort et à raison"
une comédie dramatique contemporaine avec le streaming de "Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner"
une comédie contemporaine avec "L'heureux élu"
du divertissement caustique avec des inoxydables :
"J'aime beaucoup ce que vous faites"
"Sexe, magouilles et culture générale"
du boulevard avec :
"Ma femme s'appelle Maurice"
"Le Nouveau testament"
dans la série "Au Théâtre ce soir" :
"Folie douce"

"Chat en poche"
une gourmandise avec "La Belle Hélène" façon peplum hybridé comics
et des spectacles à voir ou a revoir en DVD :
"Orphée"
"Poisson et Petits pois !"
"Road Trip"

Expositions avec:

des balades muséales à Paris en en bord de Seine avec la visite virtuelle des collections permanentes du Musée d'Orsay, du Musée des Arts Décoratifs et du Musée du Quai Branly
pousser en province jusqu'au Musée des Beaux Arts de Lyon et même au Mucem à Marseille
et commencer un Tour d'Europe par l'Italie direction Galerie d'Art Moderne de Milan puis la Galerie des Offices à Florence
mettre la zapette dans le sac à dos pour s'aventurer dans les musées du bout du monde du Japon au The National Museum of Modern Art de Tokyo aux Etats Unis avec le Musée Guggenheim à New York
enfin retour at home en toute tranquillité mais en musique en son électro avec sur le Musée de la Sacem "Musiques électroniques - Des laboratoires aux dance floors"

Cinéma at home avec :

en mode Ciné-Club avec :
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"M le maudit" de Fritz Lang
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découvrir en DVD la filmographie de Jean-Daniel Pollet, réalisateur atypique - et méconnu - de la Nouvelle Vague pour lequel la Cinémathèque française avait prévu une rétrospective avec en parallèle la sortie en salles de ses films restaurés avec en streaming "Méditérranée
et des films récents sortis en DVD :
"Adults in the room" de Costa Gavras
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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