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Interview  (Paris)  février 2004

Pour interviewer Sotha, inutile de la chercher ou de la rencontrer ailleurs qu’au Café de la Gare. Nous la retrouvons en début de soirée en pleine répétition de sa nouvelle pièce, dont elle assure la mise en scène, ce qui nous donne la primeur de quelques scènes.

Sagement assis dans la salle, nous attendons sagement le feu vert pour déballer notre enregistreur qui, selon le principe qui veut que l’on soit toujours trahi par la technique et n’ayant pas été judicieusement manipulé, n’a pas rempli sa fonction. L’interview qui suit résulte donc d'un louable effort de mémoire (sic! ) qui nous l’espérons, et nous nous en excusons auprès des intéressés, sera fidèle, au moins pour l’essentiel, aux propos tenus par Sotha, Jérémy Manesse et Thimothée Manesse dont c’est la première interview (qu’on se le dise !) et en exclusivité pour Froggy’s Delight.

Toute réclamation déposée au delà de quinze jours ne sera plus recevable mais promis la prochaine fois je viens avec mon ingénieur du son !

Peut-on avoir quelques infos sur votre nouveau spectacle qui prendra la suite de "La partenaire de l’inspecteur Murdock" ?

Sotha : Le thème de la pièce est un braquage de banque mais un peu singulier qui fera que les gens verront d’une autre manière ce genre d’événement.

La première est prévue pour quand ?

Sotha : Mi-mars sauf incident de répétitions.

La pièce comporte une nombreuse et belle distribution. J’ai vu Philippe Manesse et vos fils, Jérémy et Thimothée, ainsi qu’Elsa Otzenberger qui jouait dans La partenaire et Thomas Rouxel un des Roger.

Sotha : Oui et puis deux autres filles dont une petite nouvelle qui jouera en doublure avec Elsa

Quand vous écrivez vous pensez à la distribution ?

Sotha : Pas systématiquement. Il m’arrive parfois d’écrire un rôle en pensant à un comédien bien précis même si ensuite ce n’est pas lui qui interprète le rôle en définitive. Pour cette pièce, je voulais avoir Luis Rego mais hélas il m’a donné son accord trop tardivement pour que cela puisse se concrétiser.

Parlez nous un peu des Roger et de la genèse de la pièce

Sotha : J’ai écrit les Roger en 1978 après avoir vu les 3 Jeanne. J’avais trouvé ce spectacle un peu décevant quant à l’image des femmes qu’il donnait. Alors j’ai voulu écrire une pièce sur les mecs.

Les Roger ne semblent pas avoir vieilli

Sotha : Parce qu’ils n’ont pas d’âge. Les mecs c’est les mecs. Et la pièce marche toujours avec autant de succès. Elle a subi quelques adaptations pour tenir compte un peu de l’évolution des moeurs. Par exemple la scène du service militaire. Et pourtant les critiques étaient dures. J’avais écrit la pièce en prose vulgaire, mais vulgaire au sens d’ordinaire, de langue commune et les gens disaient que c’était vulgaire au sens de grossier.

Jérémy : Drôle et amusant ne veut pas dire que ce n’est pas intelligent. Maman utilise toujours des mots simples et compréhensibles qui racontent une histoire.

Dans cette pièce, vous est-il arrivé de changer de rôle ?

Thimothée : Oui effectivement. J’ai joué tous les rôles.

Et "Les blondes préfèrent leur chien" dans laquelle joue votre fille Manon Rony?

Sotha : C’est une pièce un peu bouche trou c’est-à-dire que je l’ai écrite pour qu’elle soit jouée en attendant d’autres spectacles avec le bol de soupe et le verre de vin rouge. Elle durait une heure et en ce moment elle a tendance à prendre un peu de ventre car elle marche bien.

Le Café de la Gare a été une pépinière d’artistes. Est-ce encore le cas ?

Sotha : Oui. Récemment, il y a eu Christophe Guybet. Mais on ne peut pas savoir si parmi les jeunes qui jouent aujourd’hui il y en aura qui feront une carrière.

Jérémy : D’autant que la notoriété est souvent une question de chance et d’opportunité. Nous avons tous des exemples d’acteurs moyens qui ont réussi et d’autres très bons qui continuent à peu travailler.

Faites-vous appel à des comédiens extérieurs à la troupe du Café de la Gare ?

Sotha : Oui, cela arrive. Je fais passer des auditions. Mais je n’aime pas cela car il faut faire des choix parmi des acteurs qui sont parfois très bons. Je n’aime pas les auditions. Cela me rappelle le couloir de la honte. Nous appelions ainsi le couloir sur lequel donnaient les bureaux des réalisateurs de télé rue des alouettes et où l’on arrivait le matin avec des sandwichs et jusqu’à six heures du soir nous toquions à toutes les portes pour essayer d’avoir une chance de pouvoir au moins faire une audition. Les assistants des réalisateurs, car on ne voyait jamais les réalisateurs, passaient la tête par la porte et la refermait très vite en voyant cette file de gens qui attendait. Tous ceux qui sont passés par le Café et qui ont fait carrière n’ont pas connu ça. Comme Miou Miou par exemple, ils ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont eu.

Jérémy : C’est assez humiliant, c’est vrai, d’être obligé de se vendre.

Votre mise en scène est-elle tirée au cordeau ?

Jérémy : Maman nous laisse toujours des plages pour l’impro

Sotha : Mon souci n’est pas de faire une stricte direction d’acteurs. Je m’attache plutôt à la musique de la pièce, au rythme.

L’impro est fréquente, systématique, variable ?

Thimothée : Il y a presque toujours une part d’impro mais cela dépend aussi beaucoup de la réactivité du public.

Sotha : Samedi, la pièce a duré près de deux heures tellement le public riait.

Je vous ai vu prendre les mesures des comédiennes. Vous êtes non seulement auteur, metteur en scène mais vous occupez aussi des décors et des costumes ?

Sotha : Oui cela me détend et puis comme cela je suis sûre d’avoir ce dont je rêvais pour la pièce.

Vous avez le temps de tout faire ?

Sotha : Oui, le rythme de travail ici n’est quand même pas très stressant. Ainsi pour les répétitions, comme nous sommes dans notre théâtre nous pouvons répéter sans trop de souci de temps

Vous écrivez souvent ?

Sotha : Non. Je n’ai pas des tiroirs pleins de pièce. Je n’ai rien. Je n’écris bien que dans l’urgence, sous la pression.

Jérémy : Maman a besoin qu’une date soit fixée pour la première pour commencer à se mettre à l’écriture

Avez-vous joué ailleurs qu’au Café ?

Thimothée : Oui, j’ai beaucoup joué dans des téléfilms Navarro, Julie Lescaut. Mais j’ai arrêté les castings parce que l’on ne me proposait que des rôles de racaille. Au début ça m’amusait. Maintenant, ça ne m’amuse plus. Je n’en fais plus.

Le théatre c’est atavique dans la famille ou une simple coïncidence ?

Thimothée : Il y a des façons de jouer qui sont ataviques.

Comment êtes-vous venu au théâtre ?

Thimothée : J’ai toujours eu envie de faire du théâtre. J’ai arrêté l’école à 16 ans. J’étais un cancre. Le directeur m’avait même demander des excuses publiques que je n’ai jamais voulu faire car il s’agissait d’un acte humiliant et inacceptable.

Sotha : Nous avons été étonné de voir qu’il pouvait réciter des pages de textes alors qu’à l’école il était incapable d‘apprendre une leçon.
Tous mes enfants ont eu des difficultés avec le milieu enseignant.

Jérémy : Oui, il en a été ainsi également pour moi mais plus tard au cours de mes études

Sotha : Manon a vraiment été dégoûté de l’école et pourtant elle était dans un lycée qui possédait des options artistiques. Elle faisait pourtant de bonnes choses mais ses professeurs avaient une attitude très féroce à son encontre parce qu’elle était issue du Café de la Gare.

Thimothée : Au début ça s’est mal passé parce que mes parents ne m’ont jamais poussé à faire du théâtre. Mon père surtout a tout fait pour m’en dissuader au point où pour mon premier passage sur scène, c’était pour le graphique de Boskop, il m’a tellement rendu la vie impossible que j’avais dit que je ne jouerais plus jamais dans ce théâtre.

Sotha : Son père connaît les risques de ce métier incertain. Sa réaction était normale.

Quels sont les avantages et les inconvénients de jouer en famille avec notamment votre mère comme metteur en scène ?

Thimothée : Il n’y a pas vraiment d’inconvénient. De toute façon, je n’ai jamais de problèmes avec les metteurs en scène parce que je suis très respectueux de leurs indications.

Pourriez-vous jouer dans un autre théâtre ?

Thimothée : L’avantage ici c’est de jouer avec des comédiens qui sont des amis, que l’on connaît bien. Ailleurs, je ne pourrais pas jouer seul. Je n’aime pas les one man show. J’aime les histoires.

Sotha : Surtout pour Roger qui est une pièce qui repose sur cette entente et cette camaraderie. Et puis, les comédiens sont à l’écoute de leurs partenaires. Si un soir, l’un d’eux n’est pas en forme, les autres peuvent le relayer en quelque sorte.

Jérémy : Il y a toujours dans les pièces des moments, des petits morceaux de bravoure, où chaque comédien peut montrer ce qu’il sait faire et ce qu’il a envie de faire. L’essentiel est de prendre du plaisir à jouer et à amuser les spectateurs.

Sotha : A l’époque les critiques étaient très virulents à notre égard. Pas tant pour les spectacles parce qu’ils n’en parlaient jamais. Jamais un mot sur les pièces. Ils se bornaient à écrire que la salle était moche, qu’on était mal assis. Au mieux, il parlait de la roue (NDLR : la roue de loterie qui déterminait le prix des places et qui trône toujours dans le hall d’entrée du Café) ou de la soupe. Et puis ils n’étaient pas contents parce qu’on leur faisait payer leur place alors qu’ailleurs ils arrivaient avec leur carte de presse et on leur donnait gratuitement toutes les places qu’ils voulaient. Et puis les spectateurs, enfin une certaine catégorie, ne voulaient pas mettre les pieds ici. Ça a un peu changé quand même.


Sotha : C’est un lieu un peu particulier quand même. Ainsi il nous est arrivé de recueillir des spectacles qui avaient démarré dans d’autres salles et qui ne marchaient pas très bien et qui joués ici ont fait un gros succès. Ça tient à peu de chose.

Sotha : D’ailleurs ça me pose toujours un problème pour les affiches car ils portent tous les trois le même nom. Alors je suis obligée de les intercaler avec le nom des autres comédiens.

Les anciens du Café qui sont devenus célèbres reviennent-ils vous voir pour jouer ici ?

Sotha : Non, c’est très rare

Jérémy : On ne peut pas leur offrir les mêmes cachets et puis il leur faudrait une grande humilité pour revenir jouer ici. Certains viendraient bien faute de mieux parce que la notoriété n’est pas permanente, elle est en dents de scie. Mais ils viendraient avec à l’esprit qu’il s’agit d’un pis-aller. De toute façon, ils ne reviennent même pas parce qu’ils sont toujours en attente d’un grand rôle.

Sotha : Certains comme Elie et Dieudonné ont voulu faire leur dernier spectacle ici. Smaïn, qui s’est maintenant plus orienté vers la production, vient souvent pour nous saluer.

Peut-on dire que le Café de la Gare s’est institutionnalisé ?

Sotha : Il y a 30 ans, régnait au Café de la Gare une joyeuse anarchie. On travaillait un peu quand on voulait – il nous est arrivé de jouer à quatre une pièce à neuf personnages - et on se partageait la recette et il n’y avait pas de bulletin de salaires etc. Tout cela a changé bien sûr. Nous sommes rentrés dans le rang. Mais le Café de la Gare n’est pas une institution. D’ailleurs qu’est-ce que cela signifie en matière théatrale ?

Vous étiez aux débuts du café de la Gare. L’esprit en a-t-il été maintenu ?

Sotha : Je ne regarde pas trop vers le passé. Les choses ont changé. Mais on peut dire que le Café c’était une troupe où il n’y avait pas de rôle bien défini. Il n’y avait pas d’un côté les acteurs, de l’autres les techniciens. Chacun participait à toutes les phases d’élaboration du spectacle. En ce sens, il en est encore ainsi. Ainsi Philippe Manesse est arrivé tout jeune à 21 ans pour décapsuler les bouteilles. Après il est devenu régisseur au péril de sa vie.

Et l’avenir du Café ? Vous avez 4 enfants qui font tous du théatre. Prendront-ils la relève ?

Sotha : C’est déjà fait.

 
A lire aussi sur Froggy les chroniques consacrées aux spectacles :

Roger, Roger et Roger
La partenaire de l 'inspecteur Murdock
Les blondes préfèrent leurs chiens

et l'interview des Manesse père et fils


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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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