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The Popopopops - Two Door Cinema Club - Lissy Trullie - The Two - Florence & The Machine - Passion Pit  (Paris, La Cigale)  samedi 7 novembre 2009

A la Cigale, en ce samedi 7 novembre, les Popopopops, jeune groupe rennais ouvrent la soirée devant à peine 3 rangs de spectateurs. La salle tarde à se remplir. Tant pis pour les retardataires car le show des bretons est impeccable et servi par un son parfait. Repéré par les Inrocks lors du concours CQFD, ils attaquent bille en tête par une chanson aux accents Clashiens "You don't know about yourself" (?). Malgré une salle encore vide, ils enchaînent les morceaux énergiques et accrocheurs. Les lycéens, plutôt sexy dans des jeans qui moulent leurs petites fesses, tiennent la scène comme des grands. Le chanteur, qui se glisse parfois derrière un clavier, malgré une coupe à la Morten Harket de A-Ha, a une voix puissante juste teintée d'un léger voile de fumeur. "Dance Tonight", qui sera sans aucun doute sur leur premier album, produit par Clive Martin, se révèle très efficace et sautillante. Tout comme "Come On" qui clôture leur concert et n'a que peu à voir avec la version en écoute sur leur Myspace. Même si parfois la conclusion des chansons laisse à désirer, et que leur son les rapproche d'un Phoenix adolescent, le potentiel du groupe est énorme, autant par leurs compos que par leur présence scénique et un indéniable sex-appeal.

La Roux, qui a annulé sa venue pour raisons de santé, est remplacée par les petits nouveaux du label Kitsuné, Two Door Cinema Club. Précédés d'une bon bouche-à-oreille suite à leur passage à la Boule Noire le mardi soir, les trois Irlandais investissent la scène devant une salle toujours à moitié vide. Mais, à moins d'avoir regardé une feuille A4 dans l'entrée de la Cigale, peu sont les spectateurs qui savent quel est ce groupe au chanteur rouquin, car le contact avec le public n'est pas franchement le point fort du trio. Leur single "I can talk" sera interprété en cinquième morceau d'un set qui en comportera neuf. Malgré cette bonne réputation fraîchement acquise, le groupe se révèle plutôt décevant. On a l'impression que ses membres ont été bercés trop près d'enceintes qui auraient déversé du Big Country. A certains moments, la guitare crin-crin semble même tenue par un musicien échappé de l'orchestre de soukouss de Koffi Olomidé, en particulier sur leur premier single "Something good can work". De l'énergie certes, mais le charme n'opère pas, d'autant que la balance semble avoir été peu soignée.

En troisième position, la new-yorkaise récemment reconvertie en chanteuse rock, Lissy Trullie, arrivera-t-elle à faire mentir un a priori négatif qui consiste à croire que lorsqu'un ancien mannequin prend une guitare pour faire de la musique, mieux vaut couper le son ? Lissy Trullie, grande blonde androgyne aux cheveux courts, est entourée de musiciens efficaces, bien qu'un peu scolaires. Elle interprètera six titres, dont seulement trois sont extraits de son EP Self-taughter". Elle entame les hostilité avec un "Ready for the floor" musclé. La jeune femme, entre deux chansons, s'adresse au public de manière attendue ("I'm really happy to be in Paris"), salue sa famille venue la voir ce soir-là. Le public tape dans ses mains. C'est carré, c'est efficace. Si les titres extraits du mini-album, "Self-taught learner" et surtout "Boy Boy" avec lequel elle conclut sa courte prestation, résonnent comme de dignes successeurs, bien accrocheurs, d'un rock appris chez les Pretenders (Lissy Trullie a d'ailleurs une voix qui peut parfois rappeler celle de Chrissie Hynde), ou chez ses ancêtres new-yorkais Blondie, on ne peut pas en dire autant des autres morceaux qui sonnent beaucoup plus rock-fm des eighties taillé pour les radios américaines, genre Berlin ou Roxette. Au final, la jeune demoiselle est charmante et elle nous aura servi un set roboratif mais dont les plats n'auront pas toujours été d'une grande fraîcheur.

Alors que les techniciens s'affairent derrière le lourd rideau rouge pour installer le plateau pour Florence & The Machine, un duo composé d'un grand échalas et d'une petite brunette se glisse sur l'étroite partie de scène restée visible. Il s'agit d'un jeune groupe qui tourne actuellement beaucoup dans des petites salles parisiennes comme la Loge ou la Flèche d'Or, nommé The Two. Ils interprèteront, courageusement, devant un auditoire qui semble plus pressé d'aller se faire servir une mousse que d'écouter leurs compos, trois titres en acoustique. Le ton général est folk-rock, les deux voix se répondent de manière très agréable et mélodique. Les chansons délicates et sensibles du duo peinent cependant à atteindre le cœur, voire les oreilles, d'un public plus que dissipé.

Puis vient la sensation de la soirée, Florence & the Machine. Florence Welch faisait déjà la couverture du NME en janvier 2009, présentée par l'hebdo anglais comme une des sensations de l'année. Après l'avoir vu sur scène, on ne peut que considérer que c'était là propos tout à fait justifié. Des loupiotes installées dans de vieilles cages à oiseaux suspendues de part et d'autres illuminaient la scène. Une harpe imposante en façade, un rideau aux motifs floraux à l'arrière, des fleurs sur le micro et le clavier, et une lumière tamisée complétaient le décor, délivrant une atmosphère poétique à ce qui allait être un des grands moments musicaux de cette édition du festival des Inrocks, voire un des meilleurs concerts de l'année.

Florence Welch, les cheveux d'un roux ardent, tressés et ramenés en couronne, arrivait dans une longue robe noire, pieds nus. Le son est velouté, la balance parfaite. Dès le début du set, entamé avec "My boy builds coffin", elle étourdira le public par ses prouesses vocales, la puissance de son organe, et l'émotion qui se dégage de son chant. On pense à la Kate Bush de la période Hounds of Love. Florence, enchaîne directement sans aucune pause, avec un "Kiss with a fist" survitaminé. "Drumming song" invoque l'âme de Siouxsie et de Budgie et de leurs Creatures. "Howl" est un des sommets de ce concert éblouissant, la voix s'envole emportant l'ensemble du public. Les yeux piquent. Des frissons parcourent les échines. Et pourtant, entre deux chansons, Florence remerciera le public avec beaucoup d'enthousiasme et de sincérité. Le contact avec la belle Florence, les cheveux maintenant dénoués, montant sur les enceintes de retour pour être au plus proche du public était électrisant et profond. "Un grand moment !" dira ma voisine à son petit copain à l'issue du concert. Et Dieu, comme j'étais d'accord avec elle.

Après une telle claque, KO debout par tant de grâce, il ne restait plus que les Passion Pit, à passer. Relégués en tête d'affiche suite au forfait de La Roux, les bostonniens revenaient en France après leurs prestations peu convaincantes au Studio 104 de Canal et à Rock en Seine. On leur prédisait un flop après la tornade Florence, ça n'a pas loupé. Dès la première chanson, en raison de problèmes techniques qui ne permettaient d'entendre que la batterie et deviner la voix de fausset du chanteur Michael Angelakos, les sifflets fusaient. Au fur et à mesure que le concert avançait, le balcon de la Cigale se vidait. Certes, si les singles "The Reeling" et "Sleepy Head" ont bien fonctionné, c'est d'abord grâce à une frange du public peu regardante qui aurait dansé et applaudi sur à peu près n'importe quoi à condition que ça fasse du bruit. La voix de Michael Angelakos vrillait les oreilles de l'auditoire, le son ressemblait à une bouillie peu appétissante, et les bostonniens suaient tellement dans leur chemise qu'ils donnaient l'impression de biscottes trempées dans le thé. Mis à part un batteur convaincant, Passion Pit n'a décidément aucun atout pour réussir à tenir une scène.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du festival Les Inrocks tck tck tck
Le Myspace de The Popopopops
Le Myspace de Two Door Cinema Club
Le Myspace de Lissy Trullie
Le Myspace de The Two
Le site officiel de Florence and the Machine
Le Myspace de Florence and the Machine
Le Myspace de Passion Pit


Laurent Coudol         
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