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Coopérative de Mai  (Clermont-Ferrand)  dimanche 22 novembre 2009

Groundation a arraché la Terre avec les dents dans le Central Massive.

"La musique te dira la vérité" disait Bob Marley. C’est avec ces mots en tête que je suis arrivé à la Coopé de Mai, sacro-saint temple des musiques actuelles de Clermont-Ferrand. 20 heures, les barrières de sécurité sont prises d’assaut par les afficionados, la lumière s’éteint, l’ambiance se fait plus ténue…

Eternel couvre-chef vissé sur la tête, barbe impeccablement entretenue qui lui tombe sur le torse, Harrisson Stafford ouvre la marche armé de sa guitare. A sa suite, le reste du groupe prend place ; Te Kanawa "Ruffus" Haereiti donne le beat, Ryan Newman l’accompagne de sa basse ronde tandis que Marcus Urani couvre le tout au son de son B3. La jam introductive, pose le décor d’emblée, alors que le reste du combo, les cuivres, les choristes et le percussionniste s’installent. Groundation est là au complet, et est déterminé à vous emmener dans une autre dimension.

En sachant que chacun de leur set est unique et que la playlist est décidée juste avant de monter sur scène, je me demandais par quel morceau ils allaient ouvrir le bal. En entendant Harrisson entonner : "You can be anything you want to be", la suite du concert était annoncée. Groundation prendra vos oreilles, leur fera faire des détours entre Zion et Pluton avant de vous ramener sur Terre…

"You can profit" parle de lui-même ; oui, vous pouvez en profiter, vous allez en profiter. La puissance dégagée par le morceau résume à lui seul la musique de Groundation. Elle touche directement au cœur sans fioritures inutiles. Les chœurs de Kim Powell et Stéphanie Wallace sculptent un écrin de velours pour le falsetto angélique de Stafford.

Suit "Beating Heart" pour définitivement convaincre les sceptiques que l’heure est à la danse, et à la communion fraternelle et consciente. Comme le rappelle Harrisson, leur musique est destinée à la masse. Il n’hésite pas parfois à interrompre le show pour prendre la parole ouvertement et le public à témoin : "Music got to be heard". Autrement dit, pour celui ou celle qui sait l’entendre, à travers les mots et la vibration qui s’en dégage…

Et celle-ci est plaisante au fur et à mesure que défile les morceaux du Here I Am Tour. "Run the plan" arrive sans crier gare, introduit par un solo de B3 maîtrisé de bout en bout par Maître Marcus Urani. La foule hypnotisée est restée muette et évacue la syncope dans laquelle elle était tombée par un flot de sifflets d’approbation et d’applaudissements sourds qui font vibrer la fosse. "You got it" Marcus…

S’envole de suite, le phrasé aérien de David Chachere qui, des notes émises par sa trompette, nous emmène en élévation à mille lieux des profondeurs où nous avait plongé le claviériste. Le nuage cuivré crée par Chachere est poursuivi par le solo du tromboniste Kelsey Howard qui n’est décidément pas prêt à nous laisser redescendre… S’ensuit le solo de Mingo Lewis Junior, le virevoltant percussionniste qui, dans sa joute personnelle, dévisse l’une de ses cymbales. Ce qui nécessitera l’irruption et l’intervention de leur backliner "Mamadou"…

Ainsi Groundation s’apprécie-t-il dans toute sa splendeur à la grande Coopé ! Un vaisseau dont les membres participent à la direction avec leur leader. Harrisson d’ailleurs choisit à nouveau d’interrompre le set aux termes du morceau pour sensibiliser une nouvelle fois le public. Comme il le martèle : "nous venons de loin, très loin ; si nous sommes ici aujourd’hui, c’est grâce à nos prédécesseurs, et nous devons prendre soin de ce bien qui est la Terre et l’humanité pour nos enfants, car l’avenir leur appartient". Dans la bouche d’un autre, ce discours pourrait paraître démagogique et écologiquement racoleur, mais  dans celle de cet homme empreint de spiritualité, ces paroles prennent tout leur sens.

Il en rajoute une couche en nous exhortant à rester conscient et lucide face aux propagandes gouvernementales : "ils nous disent que l’avenir est compromis, mais le futur c’est nous, pas eux, ni leur gouvernement".

La liesse sulfureuse qui s’empare du "Central Massive" réveille les volcans endormis… et sonne le début de "Time Come", où les choristes Kim Powell et Stéphanie Wallace font oublier un instant la version originale des Congoes sur l’album. Et par la même occasion, avec les backs d’Harrisson que celles-ci concourent à vocaleader (aka lead vocaliser aka vocaliser en tête) le combo ! Harrisson reprend la main et la voix avec "Blues Away" en enchaînant Scat sur Toast, Toast sur Scat  prouvant par là, la versatilité de son phrasé aussi vaste que les octaves couvertes par son falsetto…

A l’issue du morceau, il introduit "Not so simple" en rappelant que la vie de musicien n’est pas simple,  mais que sans le public celle-ci serait impossible. La foule est sous le charme et un silence pesant envahit la salle. Pourtant cet homme n’hésite pas à briser la tranquille quiétude dans laquelle elle était tombée pour lui demander si elle souhaite l’entendre parler ou entendre Groundation jouer de la musique.

Ce à quoi lui répond Marcus, Ruffus, et Ryan en introduisant Here I Am le titre de l’album éponyme ! La version est limpide et les solos de Kim Powell laissent le public en nage entre le 7ème ciel et les portes de Zion… Elle aura récolté tous solos confondus, le meilleur standing ovation de la soirée. Stéphanie Wallace n’est pas en reste et nous berce agréablement de sa jolie voix d’alto….L’hypnose est totale. Harrisson en profite pour à nouveau nous mettre en garde contre l’instrumentalisation politique des différences culturelles.

"Cultural Wars", le seul écart concédé au Here I Am Tour met le feu aux poudres et propulse définitivement le Central Massive vers Zion… en scandant "Music will always rescue me" tout en brandissant sa guitare, Harrisson emporte finalement l’adhésion unanime du public. L’identification est parfaite.

21h30 heure auvergnate sonne la fin présumée du live. Harrisson en bon MC fait une rapide rétrospective et présentation de ses musiciens en soulignant que la tournée a débuté il y a 17 semaines et qu’elle prenait fin ici, en Auvergne. Il rend hommage d’ailleurs, à tous ces acteurs de l’ombre que l’on ne voit pas, mais qui participent à la vie de la musique. Il cite et remercie "MusicAction" et appelle sur scène leur Backliner "Mamadou" ainsi que leur tour-manager "Laurent". Tout en précisant que depuis leur première tournée européenne, il y a 5 ans, ils n’ont jamais cessé leur collaboration. Le public est conquis et célèbre ces héros de l’ombre mis en lumière.

Et  ce sont sous des sifflets nourris mais positivement stridents que disparaissent les Groundation… pour revenir 5 minutes plus tard nous offrir un rappel de 30 minutes. "From Golan to Galilee" radoucit les mœurs des mélomanes présents. Un couple de jeunes têtes blondes en profitent pour s’embrasser fougueusement tandis que deux cinquantenaires aux tendres mèches grisonnantes boivent les paroles de Stafford. La musique relie et ce soir, elle a transcendé les clivages générationnelles. 22 h arrive et scelle définitivement la clôture du voyage intersidéral que nous ont offerts ces virtuoses. Stafford en guise de conclusion nous révèle les lieux de destinations retours où chacun d’entre eux retournera. Comme pour nous rappeler qu’ils sont également humains, avec des attaches familiales aux quatre coins du monde : Etats-Unis, Israël, Jamaïque, Nouvelle-Zélande. Mais surtout que Groundation restera toujours avec nous, même après leur départ. Et l’on veut bien le croire.

En ressortant de la salle, je me suis dit qu’une fois de plus, "Bob" avait raison…

PS : à l’instar de Stafford, je souhaiterais remercier ceux qui m’ont permis de vous relater ces faits : Campus Clermont, Max, Marie-Eve, Laurent et Julian.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

Groundation en concert au Festival Jardin du Michel #9 (édition 2013) - vendredi et samedi
Groundation en concert à Oeno Music Festival #2 (édition 2015)

En savoir plus :
Le site officiel de Groundation
Le Myspace de Groundation

Crédits photos : Albéric Ortholary (Toute la série sur Taste of Indie)

Merci à Radio Campus Clermont


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# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
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"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
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et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
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et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
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