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puce Festival Les Nuits de l'Alligator 2010 (mardi 23)
Honkeyfinger - The Agitator - Asaf Avidan & The Mojos - Vieux Farka Touré  (La Maroquinerie, Paris)  mardi 23 février 2010

C'est reparti pour une nouvelle session des Nuits de l'Alligator, ces formidables soirées où sont conviés des groupes de divers horizons dont le point commun est l'influence du blues.

Depuis 5 ans, les Nuits de l'alligator s'invitent un peu partout en France, posant cette année leur valise de Lille à Nantes, avec notamment des haltes dans les modestes Trebry et Tulle.

Ce soir, la charmante Maroquinerie du 20ème arrondissement nous reçoit dans ses locaux. Quatre groupes sont programmés : Honkeyfinger, The Agitator, Asaf Avidan & The Mojos et Vieux Farka Touré.

Un tour rapide au petit bar de la Maroquinerie pour choper la bière d'avant concert et je rejoins David dans la micro fosse devant la scène.

Ce qui marque de suite, l'atmosphère tranquille, trop tranquille qui règne dans la salle. Les gens sont assis au-delà de la fosse, sur les marches ou accoudés un peu plus loin. Je ne dirais pas que c'est pépère mais presque.

Il est 20h lorsqu'un gars très chevelu, grosse barbe, costaud, genre roadie (il fait limite peur) s'installe pour régler une guitare slide (guitare ultra épurée, planche en bois avec quelques cordes dessus!).

Les lumières s'éteignent alors, et notre "roadie" s'avère être Honkeyfinger, anglais imposant. Ce que va nous proposer ce type, devant ce public un peu distant, est assez impressionnant.

Une sorte de blues sauvage, interprété seul, où il s'arrache sur une guitare slide au son bien électriquement saturé, se donne bien à fond à l'harmonica (en fait, il enregistre alternativement des séquences de guitare et harmonica). Et surtout, complètement possédé, Honkeyfinger crie, hurle plus qu'il ne chante, à la manière d'un Eels survolté.

Bien barré, décalé, d'autant qu'il ne lésine pas sur les effets de pédales, larsens sur la gratte et échos démesurés sur l'harmonica, l'ensemble virant à l'expérimental sur un ou deux morceaux.

Un mix entre Sonic Youth et du blues traditionnel gras, concocté par un fou furieux au milieu. Son set terminé, une bonne demi-heure plus tard, on est donc bien abasourdi par cette démonstration bien déjantée.

A peine dix minutes pour se remettre de cette folie que The Agitator pénètre sur scène avec entousiasme. Un chanteur, un batteur, point barre ! Avec une energie incroyable, les morceaux vont se succéder dans un style rock n'roll un peu tribal grâce à une voix tremblotante et rapide "à l'ancienne" très rockabilly (à mi-chemin entre Jerry Lee Lewis et Lux Interior) et un batteur qui imprime le rythme furieusement sur ses fûts.

On sent que The Agitator est vraiment un groupe qui s'éclate en live, sans se prendre au sérieux – voir les gesticulations amusantes du chanteur, ses danses déconnantes, ses intonnations frénétiques. La grande originalité de ce duo fait rapidement oublier l'absence de mélodie.

Vous l'aurez compris, c'est plus rock n'roll que blues, voire même gospel (là, ils chantent à deux voix) sur quelques titres. En plus, avec ce show survitaminé, ces agités ont réveillé le public qui le lui a bien rendu en lui témoignant d'une chaude ovation finale. Dans un registre différent de Honkeyfinger, encore une bonne demi-heure de performance physique.

L'attente est un peu plus longue pour le groupe à suivre, mais la fosse se remplit, et David va m'expliquer que ce groupe bénéficie d'un intérêt aussi important que Vieux Farka Touré. Enfin, toujours est-il qu'il se fait attendre comparativement aux deux premiers groupes qui avaient enchaîné.

Asaf Avidan & The Mojos n'est pas le nom de groupe le plus rock n'roll qui soit, certes, mais on va vite s'apercevoir qu'il disposent d'atouts musicaux assez étonnants.

Dès le premier morceau, je suis calmé par la voix démente du chanteur. Gaulé comme Travis Bickle (souvenez-vous, Taxi Driver, même crête sur le crâne), il possède un timbre de voix plus aigu encore que Robert Plant et Jeff Buckley sous hélium. Ce premier titre, très folk (il est seul à la guitare à ce moment là) m'a bien pris aux tripes.

Une fois l'ensemble de ce groupe israelien réuni sur scène, nous aurons droit à un enchaînement de titres très rock, ballades plus posées, ensemble lyrique appuyé par un violoncelle de qualité (en plus, derrière le violoncelle, une très jolie jeune fille). Une belle faculté chez eux à accélérer et temporiser le rock.

En fait, avec cette voix aigue et intense, ce rock teinté de lyrisme et d'un peu de blues rappelle directement Janis Joplin et son big brother d'époque.

Lorsqu'arrive le dernier morceau, entamé blues et terminé franchement heavy metal, comment ne pas penser à Led Zeppelin !

Petit problème : ce groupe a les défauts de ses qualités, une petite tendance à l'exagération, à la démonstration (lorsque chaque ziquos y va de son solo bien appuyé, bon...).

Mais peu importe, même si moins étonnant et barge que Honkeyfinger ou The Agitator, Asaf Avidan & The Mojos plus conventionnel dans son rock, a ce soir bien brillé par ses compositions.

C'est un peu dommage de voir une partie du public déserter la fosse avant l'arrivée de Vieux Farka Touré. Vieux, fils d'Ali Farka Touré, légende malienne du blues africain, a hérité clairement de la maitrise du manche à six cordes de son père. Il est ici entouré d'un batteur, un gars au conga, une basse.

Dans une ambiance bien festive – Vieux n'hésitant pas en plus à tchacher avec le public – ce groupe va ainsi nous régaler d'un blues funk bien affûté, distillé dans une musique traditionnelle agréable. Lorsque la machine "Vieux Farka Touré" tourne plein pot, avec des solos terrifiant du fiston, on est ébahi.

Mais le blues n'est pas l'une des seules composantes du style musical de ce groupe, ainsi la guitare va se faire funky ou reggae le temps d'un ou deux morceaux. Et autour de Vieux qui triture sa guitare dans ses différents styles, les chants traditionnels sont bien présents, les instruments à percussions également, provoquant un dépaysement musical frais et enjoué rarement vu sur scène pour ma part.

Le groupe prend son pied, c'est net et cela devient vraiment communicatif dans la mini fosse de la Maroquinerie, où le public danse dans tous les sens, que c'est bon !

Bon, pour cause de transport (alors là, ça c'est pas rock n'roll du tout), je tire ma révérence vers les 23h30 juste avant qu'ils n'enchainent un autre morceau, très satisfait de ma soirée.

Des soirées comme ça, avec quatre groupes assez différents (autours du blues quand même), permettant de réunir trois continents musicaux, c'est la classe.

Ces Nuits de l'alligator sont vraiment bonnards.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

Honkeyfinger en concert au Festival Les Nuits de l'Alligator 2010 (lundi 22 et mardi 23)

En savoir plus :
Le site officiel de Honkeyfinger
Le Myspace de Honkeyfinger
Le Myspace de The Agitator
Le site officiel de Asaf Avidan & The Mojos
Le Myspace de Asaf Avidan & The Mojos
Le site officiel de Vieux Farka Touré
Le Myspace de Vieux Farka Touré
Le site officiel du Festival Les Nuits de l'alligator

Crédits photos : David Didier (Toute la série sur Taste of Indie)


Yannick Maquenhen         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
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