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puce Festival Les Nuits de l'Alligator 2010 (samedi 27)
She Keeps Bees - Turner Cody feat. Herman Düne - Clues  (La Maroquinerie, Paris)  samedi 27 février 2010

A l’ordre du soir : ambiance chaleureuse pour cette soirée de clôture parisienne du festival Les Nuits de l’Alligator en ce 27 février qui annonce la fin imminente d’un hiver interminable. L’abondance du public dans la petite salle n’y est pas pour rien ! Et puis, le samedi soir, quoi de mieux qu’un petit concert comme récompense du travail accomplie pendant la semaine ?

She Keeps Bees entame le tour de chant avec une attitude décontractée et sans compromis. Une coupe de cheveux à la Patti Smith, un univers semblable à celui de Cat Power en plus dynamité… Jessica Larrabee est une chanteuse gentiment barrée.

Pour seul compagnon de route, un batteur officie derrière les cymbales et les caisses claires pour accompagner la chanteuse/guitariste qui se risque au "french language" entre les morceaux.

Et c’est à cela que l’on repère le talent : peu de matériel, pas de fioriture et ça fonctionne. Avec les titres de son second album intitulé Nest, sorti en 2009, le duo met le feu aux poudres. Dotée d’une voix puissante, d’un timbre rauque et écorché, d’une mise en place impeccable, elle prêche à des convaincus.

Et quand elle lâche sa guitare électrique pour un morceau reposant sur la batterie, le handclapping (moment d’interactivité savoureux avec le public) et le chant, c’est le coup de grâce. Cette authenticité se retrouve dans l’époque révolue où les artistes ne mettaient pas leur énergie dans le look mais bel et bien dans la pratique de leur passion.

Un petit interlude avant le prochain groupe.

Et de surcroit, pas désagréable puisque le public applaudit des deux mains le talentueux trublion qui se lance dans l’interprétation, guitare en bandoulière, de chansons folk.

Ce bonhomme a le mérite d’avoir tenu le public en haleine pendant un bon quart d’heure et de l’avoir ainsi empêché de succomber à la tentation d’une boisson gazeuse, rafraichissante et alcoolisée…

Turner Cody feat. Herman Düne entrent alors en scène et nous proposent un univers roots au couleur très country-folk. La collaboration franco-américaine fonctionne admirablement bien.

Le batteur assure une rythmique implacable et toute en nuances avec baguettes, balais et mailloches. Le guitariste électrique joue des effets de sa guitare avec un son clair à la limite des sonorités produites par la pédal style.

Le chanteur-guitariste, perlant de sueur, délivre une voix légèrement nasillarde taillée sur mesure pour les chansons folk.

Des influences très proches de Van Morrison ou de James Taylor. La trompette s’invite en guest sur un morceau. Ce que je retiendrais de ce set et plus généralement de cette soirée, c’est le morceau acoustique en rappel offert généreusement par Turner Cody. Seul en scène, le rouquin chapeauté se lance dans un arpège et une mélodie qui redonnent du sens à l’émotion.

Le second intermède avant d’annoncer l’arrivé des Clues, me laisse perplexe. Deux hommes : l’un, préposé au chant (envolée lyrique douteuse ?) et de la partie électronique, l’autre, au bec d’une flute diffusant des sonorités arabisantes. Le public, lui non plus, ne sait comment recevoir cet imprévu en réservant aux deux hommes un accueil en demi-teinte.

Enfin, les membres de Clues prennent place. Au compteur : deux batteries au centre de la scène, un  chanteur/guitariste, un clavier/bassiste, un gars aux manettes de l’électronique.

Comme si le silence avait été la plus grande crainte de ce groupe venu du Canada. Vous l’aurez compris, la rythmique, à travers la batterie, occupe une place prépondérante dans leur marque de fabrique. Les riffs sont saisissants.

C’est incontestablement rock. Leur premier album intitulé du même nom Clues, sorti en 2008, n’avait pas reçu l’accueil escompté. Et pourtant, les échos médiatiques les consacrent comme la "relève d’Arcade Fire".

Ce qui n’est pas totalement faux et plutôt flatteur ! Le chanteur à la voix haute perchée ne manque pas d’énergie et s’anime dans des gesticulations non contenues à partir du troisième morceau. Les spectateurs n’en sont pas rassasiés. Les musiciens assurent une montée en puissance et c’est sur les habituels rappels que la soirée va tout simplement s’achever.

On peut tout de même noter une rupture dans la programmation. Un agencement chimérique entre la simplicité roots des deux premiers groupes, et l’alchimie maniérée du dernier.

Pour finir cette chronique par une brève rétrospective de la soirée, rien de typiquement blues… tantôt folk, rock, parfois électro, au demeurant très intéressant.

Mais je le pense, ce festival n’appartient pas à la catégorie traditionnelle des festivals blues du Mississippi. C’est un arc-en-ciel d’influences musicales découlant des racines. Car, il faut bien l’admettre, le blues est un peu le patriarche de tous les styles.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de She Keeps Bees
Le Myspace de She Keeps Bees
Le site officiel de Turner Cody
Le Myspace de Turner Cody
Le Myspace de Clues
Le site officiel du Festival Les Nuits de l'alligator

Crédits photos : Vanessa Bureau (Toute la série sur Taste of Indie)


Sarah Defaye         
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Turner Cody (7 février 2010)


# 22 septembre 2019 : Fin d'été

Fin d'été c'est le titre du nouvel album de Samir Barris, on vous en parle en ces premiers jours d'automne, tout comme les autres sorties musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques et muséales qui ont retenu notre attention cette semaine. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Corpse flower" de Mike Patton & Jean Claude Vannier
Rencontre avec Joseph Fisher autour de "Chemin Vert", assortie d'une session acoustique à découvrir ici
"Prokofiev : Visions fugitives" de Florian Noack
"The basement tapes" de Mister Moonlight
"The uncompleted works volume 1, 2 & 3" de Nantucket Nurse
"Là-Haut" de Gérald Genty
"Ilel" de Hildebrandt
"Buxton palace hotel" de Studio Electrophonique
"Vian" par Debout sur le Zinc
"Impressions d'Afrique" de Quatuor Béia & Moriba Koita
"Fin d'été" de Samir Barris
et toujours :
"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"L'Autre monde ou les Etats et Empires de la Lune" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Le Misanthrope" à l'Espace Cardin
"L'Animal imaginaire" au Théâtre de la Colline
"Data Mossoul" au Théâtre de la Colline
"Danser à la Lughnasa" au Théâtre 13/Jardin
"Le Frigo" au Théâtre de la Tempête
"A deux heures du matin" au Théâtre L'Atalante
"La Veuve Champagne" au Théâtre de la Huchette
"Le Square" au Lavoir Moderne Parisien
"Jo" au Théâtre du Gymnase
"Jean-Marie Galey - Ma Comédie française" au Lavoir Moderne Parisien
"Ah ! Félix" à l'Eglise Sainte-Eustache
"Le Voyage musical des Soeurs Papilles" à la Comédie des 3 Bornes
"Lucie Carbone - Badaboum" à la Comédie des 3 Bornes
"Casse-toi diva" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Nora Hamzawi" au Théâtre du Rond-Point
des reprises
"Letzlove - Portrait(s) Foucault" aux Plateaux Sauvages
"One night with Holly Woodlawn" aux Plateaux Sauvages
"Diva sur Divan" à la Comédie Bastille
"La Liste de mes envies" au Théâtre Lepic
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"L'Age d'or de la peinture anglaise - De Reynolds à Turner" au Musée du Luxembourg

Cinéma avec :

"Ne croyez surtout pas que je hurle" de Franck Beauvais
Oldies but Goodies avec "Marie pour mémoire" de Philippe Garrel

et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Barbarossa : 1941. La guerre absolue" de Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri
"Bête noire" de Anthony Neil Smith
"Dictionnaire égoiste de la littérature mondiale" de Charles Dantzig
"Gaeska" de Elrikur Orn Norddahl
"Les refuges" de Jérôme Loubry
"Liquide inflammable" de Robert Bryndza
et toujours :
"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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