Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Chapelier Fou - General Elektriks
Bataclan  (Paris)  vendredi 12 mars 2010

Fort d'une reconnaissance toute nouvelle et d'un buzz grandissant (tous deux amplement mérités), le français Hervé Salters et sa troupe de General Elektriks prennent d'assaut le Bataclan ce soir, bien décidés à justifier leur réputation d'excellent groupe de scène.

Béret vissé sur le crâne, c'est Chapelier Fou (Louis Warynski à la ville) qui se charge de nous faire patienter avec son curieux univers musical. Timide dès qu'il s'agit de remercier le public entre deux morceaux, il vit intensément sa musique lorsqu'il la joue. Les premières impressions, plutôt bonnes, vont en sa faveur. Ses longues et planantes variations électro, construites – à la façon d'un Andrew Bird synthétique – à partir de samples de violon réalisés en direct, suscitent l'intérêt à défaut d'un réel enthousiasme. Les titres, emprunts d'une certaine mélancolie (on pense régulièrement à un Yann Tiersen 2.0 ou à Sébastien Schuller, mais sans la même verve lyrique), proposent un empilement de couches sonores successives. L'ensemble, pourtant bien ficelé et sortant des sentiers battus, manque de diversité et s'avère souvent trop chargé. On patiente alors sagement en sirotant notre bière.

Désormais copieusement garni, le Bataclan voit surgir des coulisses General Elektriks au complet. Après un instrumental rugissant, les 5 musiciens tirent leur première salve : "Take Back The Instant", titre d'ouverture du dernier album, syncopé et énergique. On peine à entendre le clavier d'Hervé Salters, mais la débauche d'énergie est telle qu'on ne s'en soucie pas outre mesure. Ce dernier, porté par un groupe ultra carré, saute comme un fou derrière son instrument.

Rayon vestimentaire, mention spéciale au bassiste Jesse Chaton, qui déroge à la sobriété de mise chez les quatre autres membres du groupe (chemise-cravate et habits sombres). Réputé pour son exubérance et affublé d'une imposante coupe afro, le chanteur de Fancy offre à nos yeux un accoutrement rouge clinquant et sexy en diable. Toute la soirée, lui et Hervé Salters cristalliseront tous les regards. Le charisme des deux hommes s'impose comme une évidence : démonstratif pour le bondissant chanteur/pianiste Hervé Salters – qui se déchaîne sur son clavier et bondit avec une intensité telle qu'il ferait presque passer Mathias Malzieu de Dionysos pour un croque-mort –, poseur, félin et théâtral pour Jesse Chaton.

On constate avec plaisir que les titres de l'impeccable Good City For Dreamers (dernier disque de General Elektriks, sorti il y a un an) gardent tout leur charme en live. Ce qu'ils perdent en exactitude, ils le gagnent en puissance. Alternant entre morceaux du premier album, chansons inédites présentes sur le disque bonus de Good City... et tubes de ce dernier, la setlist ne laisse que peu de moments de répit. On ne sait où donner de la tête : le guitariste tisse des cocottes à tout va, le batteur à crête d'iroquois fait des merveilles au vibraphone, la batterie électronique tambourine, la basse rebondit dans tous les sens, et Hervé Salters donne l'impression d'avoir quatre mains au clavier.

Tout ce petit monde se déchaîne sur "Helicopter", pure décharge rock & roll qui fait son effet sur le public. Sur "Engine Kickin' In", le chanteur nous gratifie une nouvelle fois d'une partie de clavier impressionnante. Après une brillante relecture du "Melody Nelson" de Gainsbourg, General Elektriks nous laisse reprendre nos esprits le temps d'un "Rebel Sun" à la fin intense.

La fin du set n'est qu'une succession de titres à l'efficacité implacable : la très belle "Little Lady", "Raid The Radio" reprise par toutes les lèvres dans la salle et interprétée de façon prodigieuse, puis l'irrésistible bombe funky "David Lynch Moment", et pour finir "Tu M'intrigues", un des titres phares du premier album (Cliquety Kliqk, 2003) où les doigts d'Hervé Salters sont une nouvelle fois insaisissables.

Les rappels, quoi que trop hachés (à trois reprises les cinq musiciens reviennent pour jouer un seul titre puis sortent de scène), confirmeront notre opinion : General Elektriks, c'est de la dynamite ! La nouvelle et très réussie "Down", la poétique "Bloodshot Eyes", et surtout "Take You Out Tonight" au riff de clavier ravageur clôturent en beauté cette remarquable soirée.

Deux bémols cependant : une petite tendance à transformer les éblouissants solos de clavier en démonstrations de force, et un chant pas vraiment à la hauteur. Ce qui est toutefois bien trop peu pour ternir la soirée : General Elektriks nous a offert un concert survolté de part en part. Avis aux personnes qui ont eu la mauvaise idée de ne pas être présentes au Bataclan ce soir : on ne serait que trop vous conseiller de vous ruer sur les quelques billets restants pour leur passage le 3 Mai à l'Olympia...

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album eponyme de Chapelier Fou
La chronique de l'album Scandale ! EP de Chapelier Fou
La chronique de l'album 613 de Chapelier Fou
Chapelier Fou parmi une sélection de singles (mai 2011)
La chronique de l'album Invisible de Chapelier Fou
La chronique de l'album Deltas de Chapelier Fou
La chronique de l'album Fuses EP de Chapelier Fou
La chronique de l'album Kalia de Chapelier Fou
La chronique de l'album ! de Chapelier Fou
Chapelier Fou en concert au Fil (26 septembre 2009)
Chapelier Fou en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2010 (vendredi 16)
Chapelier Fou en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort #25 (2013) - Jeudi
Chapelier Fou en concert au Festival MaMA 2015 (6ème édition)
L'interview de Chapelier Fou (16 avril 2010)
L'interview de Chapelier Fou (avril 2012)
La chronique de l'album Good City For Dreamers de General Elektriks
La chronique de l'album Parker Street de General Elektriks
General Elektriks en concert au Festival Rock en Seine 2011 (vendredi 26 août 2011)
General Elektriks en concert au Festival Solidays #14 (édition 2012) - dimanche
General Elektriks en concert au Fil (jeudi 8 novembre 2012)

En savoir plus :
Le site officiel de Chapelier Fou
Le Soundcloud de Chapelier Fou
Le Bandcamp de Chapelier Fou
Le Facebook de Chapelier Fou
Le site officiel de General Elektriks
Le Myspace de General Elektriks
Le blog de Pierre


Pierre Baubeau         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 19 janvier 2020 : de De Gaulle à Rocard

Cette semaine encore beaucoup de choses à découvrir. D'un portrait de de Gaulle côté livre à l'affrontement Mitterand - Rocard au théâtre en passant par de la musique pop, classique et bien plus encore. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki
et toujours :
"Nougaro" de Babx, Thomas de Pourquery et André Minvielle
"True colors" de David Bressat
"Splid" de Kvelertak
"Bach, Handel : An imaginary meeting" de Lina Tur Bonet & Dani Espasa
"My favourite things", le podcast de Listen In Bed #8
"Turn bizarre" de Livingstone
"Le musc" de Petosaure
"En voyages" de Pierre Vassiliu
"Shadow in the dark" de Tiger & the Homertons
"Caipirinha" de Tiste Cool

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Una costilla sobre la mesa" au Théâtre de la Colline avec "Padre" et "Madre"
"L'Opposition - Mitterrand vs Rocard" au Théâtre de l'Atelier
"La Sextape de Darwin" au Théâtre La Bruyère
"hélas" au Théâtre de la Tempête
"Une histoire d'amour" à La Scala
"Le K" au Théâtre Rive-Gauche
"An Iliad" au Théâtre du Rond-Point
"Elephant Man" au Théâtre Le Lucernaire
les reprises :
"Architecture" au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux
"En couple (situation provisoire)" à La Folie Théâtre
"Les vagues, les amours, c’est pareil" au Centrequatre
"La Vie est belle" au Théâtre Le Lucernaire
"Philippe Meyer - Ma radio heureuse" au Théâtre Le Lucernaire
"Opérapiécé" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereu - aaAhh BiBi" au Théâtre Tristan Bernard
"Marion Mezadorian - Pépites" au Pont Virgule
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Mondrian figuratif au Musée Marmottan-Monet
"Vincenzo Gemito - Le sculpteur de l'âme vénitienne" au Petit Palais
"Toulouse-Lautrec résolument moderne"au Grand Palais

Cinéma avec :

"Le Réseau Shelburn" de Nicolas Guillou
Oldies but Goodies avec "Les Bostoniennes" de James Ivory dans le cadre de la rétrospective que la Cinémathtèque française consacre au réalisateur
et la chronique des sorties de janvier

Lecture avec :

"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy
et toujours :
"Celle qui pleurait sous l'eau" de Niko Tackian
"Je suis le fleuve" de T.E. Grau
"La prière des oiseaux" de Chigozie Obioma
"Sang chaud" de Kim Un Su
"Un millionaire à Lisbonne" de J.R. Dos Santos

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=