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puce Cascadeur - Pierre Lapointe
L'Aéronef  (Lille)  mercredi 17 mars 2010

Il pourrait aisément passer pour dépressif, Pierre Lapointe. Avec sa coupe de cheveux impossible, entre un Brian Molko au saut du lit et une contrefaçon martienne de playmobil ; avec sa tenue à faire pâlir un Kyle Mclachlan jamais revenu du Dune de David Lynch. Avec son air de s'égarer sur scène, d'errer, un peu gauche, dériver avant de se raccrocher au piano, comme pour se donner un peu de contenance. Raide. L'anti-rock star.

Avec ses textes beaux ; mais beaux à pleurer, quoiqu'on n'y comprenne pas toujours grand chose ; beaux et tristes, de toute façon, de cet air mélancolique qui ne s'en va jamais vraiment ; des textes parlant de l'autre, de la distance qui nous en sépare toujours, de langueurs et de solitude, dans une langue toute d'élégance et de poésie ; Aznavour, jeune, qui boirait de l'absinthe en tête à tête avec Rimbaud.

Il pourrait passer pour dépressif s'il n'avait pas sur scène le panache des grands, l'humour distancié, maîtrisé, de celui qui sait se moquer de ses propres airs de chanteur noir. Pince sans rire sans affectation.

À en faire éclater de rire un Aéronef entier, rempli d'un sage public d'habitués, d'amateurs, de connaisseurs. En dérision sa propre noirceur. Le visage figé, plus noir qu'il n'est. Un rien de malice au fond des yeux, commissures des lèvres. En esquissant quelques pas de danse, au pays des fleurs de la transe.

En transformant en moment de drôlerie humaine et sincère, parenthèse de camaraderie, le laborieux rituel de la présentation du quintet de musiciens qui l'accompagne sur scène.

En se moquant de cet autre rituel des rappels, à y débusquer un dernier soupçon de sincérité, dans ce cérémonial éculé.

En méprisant le succès de "Deux par deux rassemblés" (qui serait un peu au Québec son "J't'emmène au vent", sa "Fille du coupeur de joint"), en achevant son concert par une version un rien dérisoire, portée par un trio de flûtes à bec.

Si la noirceur ne laissait souvent la place à l'émerveillement, le temps de l'interprétation d'un texte de Richard Desjardins. Si sa voix ne jouait pas dans la cour des belles impossibilités d'un Tim Buckley, chaude, acrobatique, profonde, agile, cristalline, d'une expressivité indéniable. S'il n'était si émouvant, seul au piano, qui semble chanter ses plus intimes tourments dans sa langue natale, celle d'une lointaine forêt des mal-aimés. Il pourrait passer pour dépressif, si l'on n'avait surtout à cœur, ce soir-là, le temps d'une standing ovation chaleureuse, de le remercier pour le beau moment d'humble beauté passé en sa compagnie.

En première partie, Cascadeur s'est laissé découvrir avec étonnement et ravissement. Lui aussi proche de Tim Buckley pour la voix haut perchée, ou de Robert Wyatt pour l'univers faussement pop ; de la cantate écrite par le personnage du Phantom of the paradise de Brian de Palma pour une certaine grandiloquence fragile, un lyrisme en toute discrétion ; du Leonard Cohen façon années 80 pour des arrangements d'une fausse maladresse délicate.

Seul en scène, casqué puis masqué, cultivant l'étrangeté et une certaine causticité lui aussi, se retournant parfois avec une certaine angoisse vers Cascadeur, son double-mannequin, le musicien gagne petit à petit les faveurs du public, avant de quitter la scène sur un final a capella et ad lib de son "Bye Bye". Une électro-bidouillo-pop français en pleine explosion et tout à fait pertinente en première partie de Pierre Lapointe, à suivre avec délice – en se disant que l'on n'en frissonnera certainement que mieux dans une salle plus modeste, où la proximité jouera certainement en sa faveur.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Cascadeur
Le Soundcloud de Cascadeur
Le Myspace de Cascadeur
Le Facebook de Cascadeur
Le site officiel de Pierre Lapointe

Crédits photos : Cédric Chort (Toute la série sur Taste of Indie)


Cédric Chort         
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# 12 juillet 2020 : Un air d'été

On entre dans la saison des vacances, pour vous comme pour nos chroniqueurs. Vous nous retrouverez tout l'été quand même avec des éditions web plus légères et toujours notre Froggy's TV bien sûr avec La Mare Aux Grenouilles et plein d'autres émissions. c'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

La Mare Aux Grenouilles #6, sommaire et replay
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.

Au théâtre :

en salle :
"Littoral" au Théâtre de la Colline
"Karine Dubernet - Souris pas" au Point Virgule
et dans un fauteuil de salon :
des créations :
"Yvonne princesse de Bourgogne" par Jacques Vincey
"Lucrèce Borgia" par Lucie Berelowitsch
"La Dernière neige" de et par Didider Bezace
"Pinocchio" de Joël Pommerat
"Soulever la politique" de Denis Guénoun
"Je marche dans la nuit par un chemin mauvais" de et par Ahmed Madani
Au théâtre ce soir :
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"Le Tombeur" de Robert Lamoureux
"Une cloche en or" de Sim
du boulevard :
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Face à face" de Francis Joffo
du côté des humoristes :
"Bernard Mabille sur mesure"
"Christophe Alévêque est est Super Rebelle... et candidat libre !"
et finir l'Opéra :
avec du lyrique :
"Le Balcon" de Peter Eotvos par Damien Bigourdan
"Orlando furioso" de Antonio Vivaldi par Diego Fasolis
"La Flûte enchantée" de Mozart par Romeo Castellucci
et du ballet avec deux créations étonnantes : "Raymonda" de Marius Petipa et "Allegria" de Kader Atto

Expositions :

les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma at home avec :
le cinéma contemporain
"A woman at war " de Benedikt Erlingsson
"Lulu" de Uwe Janson 
"L'Apotre" de Cheyenne Carron
"La tendresse" de Marion Hänsel
"Crawl" de Herve Lasgouttes
"Nesma" de Homeïda Behi
le cinéma culte des années 1920 :
"Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein
"Nosferatu le vampire" de Friedrich Wilhelm Murnau
"Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene
"Les Deux Orphelines" de D.W. Griffith
et l'entre deux avec les années 1970 :
"Mado"de Claude Sautet
"La Traque" de Serge Leroy
"La femme du dimanche" de Luigi Comencini
et retour au 2ème millénaire avec de l'action :
"Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie" de Jan De Bont
"Blade Trinty" de David S. Goyer
avant de conclure en romance avec : "Un havre de paix  de Lasse Hallström

Lecture avec :

"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
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