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Théâtre de l'Epée de Bois  (Vincennes)  avril 2010

Comédie dramatique de Léon Werth, mise en scène de Valérie Antonijevich, avec Frédéric Jeannot, Jeanne-Marie Garcia, Nadja Warasteh, Aristide Legrand, Yves Buchin et Toma Roche.

Cette pièce a été écrite d'après les archives de l'occupation, avec le soutien du Ministère de la Défense, et d'après "Déposition - Journal de guerre 1940-1944" de Léon Werth. Il décrit le quotidien des Français pendant les années d'occupation, mais à hauteur d'homme, dans le quotidien et l'intime. Par son propos, ce projet rappelle le livre "Seul dans Berlin" de Hans Fallada qui, sous forme romancée et du côté allemand, mettait en lumière comment chaque habitant d'un immeuble, seul avec sa conscience, se retrouvait face au dilemme de l'action ou du laisser-faire devant un pouvoir politique brutal et injuste.

Le spectateur assiste à une succession de scènes, dont les personnages ne sont pas récurrents, qui montrent les comportements individualistes ou altruistes, courageux ou lâches, de gens ordinaires. C'est à l'aune de l'avancée des évènements de la guerre, de la politique d'occupation et de collaboration, que le spectateur est invité à regarder ces comportements.

Ce qui surprend en entrant au Théâtre de l'Épée de Bois, c'est d'abord le grand plateau nu, presque vide de décor. Pendant la pièce, le choix de scénographie adopté par Valérie Antonijevich renforce la solitude de chaque personnage face à autrui en raison de la suspicion généralisée. Qui collabore? Qui résiste? Qui risque de dénoncer tel ou tel comportement? Les déplacements des personnages, orchestrés par Yano Iatridès, jouent de la distance entre les corps pour montrer, physiquement, les sentiments des personnages : craintes, doutes, confrontations brutales... A droite et à gauche de la scène, des tableaux représentant des individus sans visage, dans des situations quotidiennes de l'époque, indiquent que ces prises de position, bonnes ou mauvaises au regard de l'Histoire, n'étaient pas le fait d'individus isolés mais concernaient l'ensemble de la population.

Un sentiment d'oppression vient des lumières de Stéphane Vérité, crues ou tamisées selon les scènes, laissant des zones d'ombres sur cet immense plateau désert, sentiment que renforce encore les bruits et les habillages sonores ou musicaux créés par Benjamin Chevillard. Les aspects techniques sont superbement maîtrisés.

Afin de donner des indications temporelles au spectateur, les mots du gouvernement de Vichy sont projetés, tels de courts interludes, sur le mur en fond de scène. Ils permettent d'appréhender les changements d'attitude au sein de la population en fonction des mouvements des troupes militaires. Cet éclairage sur l'héroïsme des uns mais aussi la petitesse ou l'hypocrisie des autres avait été fort justement écrite par Marcel Aymé dans "Uranus", qui moquait tous les valeureux résistants de la vingt-cinquième heure qui avaient fait leurs choux gras du marché noir pendant la guerre.

Mais, et c'est là le plus étonnant, les mots de Pétain ou du gouvernement de Vichy renvoient à notre époque actuelle. Les mots de la propagande de l'époque et de la communication politique actuelle n'ont pas énormément évolués. Les stratégies politiques de gouvernance par la peur et la désignation de boucs émissaires restent bien des pratiques courantes utilisées par de nombreux gouvernements de pays démocratiques. Cet aspect historique qui renvoie à l'époque actuelle justifie, à lui seul, de voir cette pièce.

Mais ce serait alors oublier le travail des comédiens, qui tous maîtrisent aussi bien leur texte que leurs déplacements, et donnent chair à ce texte qui parle de l'humain avant même de parler de l'Histoire.

Certes certains passages sont un peu longs, et il est difficile de maintenir son attention en constant éveil pendant les deux heures que dure cette pièce, mais le spectateur pourra au sortir de cette pièce se poser à lui aussi la question de savoir quel destin il aurait pu choisir à ce moment.

 

Laurent Coudol         
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Du côté de la musique :

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"Eiskeller" de Rover qui nous en parle en interview
"Let's do porn" de Captain Obvious
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"Van Weezer" de Weezer
"Le grand secret des oiseaux de sable" de Ceylon
"Electron libre" de Hae-Sun Kang
"Chronicles of an inevitable outcome" de Intraveineuse
"Autobiographie Pirate" de Lady Arlette
"Vous écoutez quoi en travaillant ?" la 10ème émission de la saison 2 de Listen In Bed avec Guillaume Long, Flavien Girard et Francis Bourganel
"Augustin Pfleger : the life and passion of the christ" de Orkester Nord et Martin Wahlberg
"Beneath" de Tremor Ama
et toujours :
"Once" de Maxwell Farrington & Le Superhomard
"Drôles de dames" de Fabrice Martinez, Laurent Bardainne et Thomas de Pourquery
"Statistic ego", de Fauxx
"Fallen chrome" de Jac Berrocal & Riverdog
"Nikolai Tcherepnin : Le Pavillon d'Armide op 29" de Henry Shek & Moscow Symphony Orchestra
"Bal Kabar" de David Sicard
"Surrounding structures" de Veik
"Amnésique, mais d'une bonne manière (avec Francis Bourganel, Guillaume Long et Flavien Girard)" 9ème émission de Listen In Bed saison 2
"A Tania Maria journey" de Thierry Peala & Verioca Lherm
"Can't wait to be fine" de We Hate You You Please Die

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La Mélancolie des dragons" de Philippe Quesne
"Richard III - Loyauté me lie" de Jean Lambert-wild
"Bestie di scena" de Emma Dante
"Ali Baba" de Macha Makeïeff
"Noire" de Tania de Montaigne
"On ne voyait que le bonheur par Grégori Baquet
"Aimez-moi" de Pierre Palmade

Expositions :

en virtuel :
"Valadon et ses contemporaines. Peintres et sculptrices, 1880-1940" au Musée des Beaux-Arts de Limoges
"Matisse, comme un roman" au Centre Pompidou
"Gabrielle Chanel - Manifeste de mode" au Palais Galliera
"Luxes" au Musée des Arst Décoratifs
"Léonard de Vinci" au Musée du Louvre

Cinéma :

at home :
"Les Beaux Jours" de Marion Vernoux
"Les Garçons sauvages" de Bertrand Mandico
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Hyènes" de Djibril Diop Mambéty
"De bruit et de fureur" de Bertrand Mandico
"Cosmos" de Andrzej Zulawski
"Cria Cuervos" de Carlos Saura

Lecture avec :

"Une toute petite minute" de Laurence Peyrin
"Rome, naissance d'un empire" de Stéphane Bourdin & Catherine Virlouvet
Rencontre avec Olivier Bal auteur de "La forêt des disparus"
"Le mari de mon frère" de Gengoroh Tagame
"Le bal des folles" de Victoria Mas et "Ici n'est plus ici" de Tommy Orange
et toujours :
"Patti Smith : Horses" de Véronique Bergen
"Les sorcières de la littérature" de Taisia Kitaiskaia & Katy Horan
"Je ne suis pas encore morte" de Lacy M. Johnson
"La famille" de Suzanne Privat
"Le brutaliste" de Matthieu Garrigou-Lagrange
"Les fossoyeuses" de Taina Tervonen

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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