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Grand Mix  (Tourcoing)  jeudi 6 mai 2010

Diabologum avait sorti en 1995 un troisième album important avant de se séparer. Sobrement intitulé #3, ce disque d’une maturité incontestable a sensiblement influencé la scène française, en accentuant le contenu expérimental des débuts du groupe. #3 réussissait à proposer autre chose que la traditionnelle pop française (trop souvent réduite aux habituelles structures pop / variété) en puisant sa richesse dans le rap, la culture avant-gardiste, et le cinéma d’auteur.

Pour être plus précis, on peut imaginer l’impact d’un groupe qui aurait : 1) assimilé la violence de Tricky − ou la noirceur du Mezzanine de Massive Attack – 2) détourné des slogans de mai 68 – ou des aphorismes nihilistes de Nietzsche transformés pour l’occasion en poèmes 3) cité des films de la Nouvelle Vague – ou repris intégralement un dialogue fameux de La Maman ou La Putain de Jean Eustache.

Certains disques peuvent changer une vie ; celui-ci a changé la mienne (comprenez que certaines rencontres musicales peuvent aider à mûrir les résolutions, forger le jugement, dynamiter les croyances). Après cette onde de choc, le groupe a décidé de se séparer, sans que l’esprit de Diabologum ne s’arrête. Les deux chanteurs-guitaristes du groupe Michel Cloup et Arnaud Michniak l’ont prolongé chacun à sa manière avec les deux projets séparés que sont Experience (Binary Audio Misfits aujourd’hui) et Programme.

Le Grand Mix de Tourcoing a organisé une soirée, perçue par d’aucuns comme un événement : les deux formations issues de Diabologum allaient se produire séparément et consécutivement. Programme, en pause depuis 2005, a donc présenté son nouvel album, Agent Réel.

Le ton est toujours aussi dur, l’instrumentation dépouillée mais chauffée à blanc (une seule guitare, des samples pré-enregistrés, de l’électro assistée par ordinateur) et l’esprit contestataire très présent. Le rap d’Arnaud Michniak n’a pas vraiment une finalité "rap", je veux dire : porté par l’esprit habituel des groupes de rap. Parce que la contestation va bien plus loin qu’une revendication ordinaire – la révolte banale de ceux qui disent non au système dominant, à la politique de droite, au libéralisme généralisé etc. Rien n’est plus conforme que de suivre la conformité des révoltés ; rien n’est plus ennuyeux aussi. Il s’agit plutôt ici d’une poésie éclatée rendant compte par fragments de la misère du monde, pas seulement politique, mais existentielle, et ontologique.

Michniak nous dit des vérités douloureuses sur notre condition humaine, établissant froidement la liste de tout ce que, chemin faisant, nous aurions eu tendance à oublier. L’esprit de ce constat amer peut ressembler à ceci (je ne ferai qu’une seule citation, le reste correspondant à ce que les mots de Michniak ont provoqué en moi) : nous sommes prisonniers des apparences ; dans le monde réellement renversé la vérité n’est qu’un moment du mensonge ; dans nos sociétés contemporaines gouvernées par le règne de l’image nous ne nous appartenons plus ; nous avons perdu le contact avec la réalité – la nôtre, celle des autres, celle du monde ; le problème n’est pas de savoir si nous vivons plus ou moins pauvrement mais toujours d’une manière qui nous échappe ; le spectateur moderne, salarié ou non, croit agir réellement alors qu’il ne fait que reproduire des gestes qu’on lui impose. Alors la seule chose qui n’est peut-être pas de la merde c’est de savoir apprécier le silence. Le concert de Programme, beau comme un condensé de colère, est de ceux qu’on n’oubliera pas.

La première partie Binary Audio Misfits a défini la rencontre entre deux univers différents, à savoir le rock de Michel Cloup d’Experience et le hip hop des texans The Word Association. S’inscrivant dans la tradition de la musique Afro-américaine issue du quartier du Bronx, mélangeant des éléments aussi divers que la soul, le rap (plutôt dans le sens Rage Against Police), voire des improvisations assez proches du slam, l’élément étrange du groupe provient de l’apport de Cloup, par son rock agressif.

Cette juxtaposition crée une dynamique, moins cérébrale que Programme (s’il fallait tenter cette comparaison), mais manifestant une formidable énergie sur scène. Les paroles des deux parties (rock français / hip-hop américain) alternent sans véritable ordre, définissant un certain équilibre sans qu’aucune répétition ne vienne troubler la forme. Bonne introduction à l’exposé programmatique qui aura suivi.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Binary Audio Misfits
Le Myspace de Binary Audio Misfits
Le site officiel de Programme
Le Myspace de Programme

Crédits photos : Cédric Chort (Toute la série sur Taste of Indie)


David Falkowicz         
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# 29 novembre 2020 : Culture Globale

Ca y est vous n'avez plus d'excuse pour ne pas vous rendre dans les librairies, disquaires et autres lieux de culture chers à nos coeurs, alors FONCEZ ! si vous avez besoin d'un prétexte : On n'a jamais été aussi proche de Noël !

Du côté de la musique :

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"In town" de Switch Trio
"May our chambers be full" de Emma Ruth Rundle & Thou
"The messenger" de Hélène Grimaud
"Songs" de Patrick Messina & Fabrizio Chiovetta
"Star feminine band" de Star Feminine Band
"Signs" de Vaiteani
"Stay" de Valerie June
"Grand plongeoir" de Yves Marie Bellot
"Selectorama" Le nouveau mix (S2M4) de Listen In Bed
"De là" de Clarys
et toujours :
"Sweet roller" de Al Pride
"After the great storm" et "How beauty holds the hand of sorrow" de Ane Brun
"Bisolaire" de Fredda
"Stillness" de Laetitia Shériff
"Un soir d'été" de Aurore Voilqué Trio
"Warning bell" de Daniel Trakell
"Trip" de Lambchop assortie de la nouvelle émission de Listen in Bed "Lambchop's Trip"
"Glo" de Manuel Bienvenu
"Serpentine prison" de Matt Berninger
"Je ne vous oublierai jamais" de Morgane Imbeaud
"Lockdown care bundle EP" de Nadeah
"Nashville tears" de Rumer

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"Très chère Mathilde" de Israel Horovitz
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"Un amour de jeunesse" de Ivan Calbérac
"La Vérité" de Florian Zeller
"Ils se sont aimés" de Pierre Palmade et Muriel Robin
"La croisière ça use" de Emmanuelle Hamett
"Cyrano m'était conté" de Sotha
et un air d'opéra avec "Miranda" d'après Shakespeare et Purcell

Expositions :

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"Gabrielle Chanel - Manifeste de mode" au Palais Galliera
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"Jim Dine - A day longer" à la Galerie Templon

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris
"Pierre Soulages" à l'espace culturel départemental Lympia à Nice
"La "Collection Emil Bührle" au Musée Maillol
"Paris Romantique 1815-1848" au Petit Palais
"Léonard de Vinci" au Musée du Louvre
"La vitrine Gallé" au Musée des Arts et Métiers
et les collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

at home en steaming gratuit :
"Caché" de Michael Haneke
"Au loin s'en vont les nuages" de Aki Kaurismaki
"Une valse dans les allées" de Thomas Stuber
"La Lune de Jupiter" de Kornel Mundruczo
"L'enfant d'en-haut" de Ursula Meier
"Le beau monde" de Julie Lopes Curval

Lecture avec :

"L'intériorité dans la peinture" de Pierre Soulages & Anne-Camille Charliat
"Coco de Paris" de France de Griessen
"Considérations sur le homard tome 2" de David Foster Wallace
"Intuitions" de Paul Cleave
"Les aveux" de John Wainwright
"Les ratés de l'aventure" de Titayna
"Un été de neige et de cendres" de Guinevere Glasfurd
et toujours :
"Lire les morts" de Jacob Ross
"La mer sans étoiles" de Erin Morgenstern
"Les filles mortes ne sont pas aussi jolies" de Elizabeth Little
"Batailles" de Isabelle Davion & Béatrice Heuser
"De Gaulle et les communistes" de Henri Christian Giraud

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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