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puce Le roi de la tour du grand horloge
Théâtre l'Etoile du Nord  (Paris)  juillet 2010

Drame de William Butler Yeats, mise en scène de Eram Sobhani, avec Stéphane Auvray-Nauroy, Olav Benestvedt, Vincent Brunol, Yuta Masuda, Miglen Mirtchev et Sophie Sire (en alternance Franco Senica).

Dans le cadre du festival "On n'arrête pas le théâtre", destiné aux parisiens qui n'iront ni au On ni au Off d'Avignon, l'Etoile du Nord programme une pièce du répertoire classique irlandais. C'est le moment d'accepter de se laisser surprendre, entre un Feydeau et une création, "Paroles affolées" de Sophie Mourousi.

Yeats, poète irlandais de la fin du XIXe - début du XXe siècle et prix nobel de littérature en 1923, à travers cette pièce souhaite d'une part mettre la danse au cœur de son œuvre et d'autre part donne pour instruction de s'inspirer du théâtre japonais. Pourtant l'histoire est d'inspiration celte.

Le roi a pris pour épouse une mystérieuse jolie femme. Après une année de mariage, il lui demande, devant la Cour réunie, de révéler son identité, mais elle garde le silence. A cet instant, arrive un vagabond ; celui-ci présente deux requêtes au Roi. La première, contempler la reine afin de voir celle pour qui il a écrit une chanson, la seconde, qu'elle l'embrasse par reconnaissance car il a chanté sa beauté à travers tout le pays. Le roi fait alors décapiter l'impudent personnage. Mais la reine se met à danser et embrasse les lèvres de la tête tranchée du poète, tout comme il l'avait prophétisé avant de mourir.

Le roi se prosterne alors devant cette femme dont il connaît si peu le passé et reconnaît qu'elle est plus liée au poète qu'à lui, son époux. La tête du poète mort continue à chanter entre les mains de la splendide reine. Au-delà de l'histoire du roi et du vagabond, il s'agit d'une allégorie du travail d'écriture poétique, la reine est l'œuvre du poète, le mendiant le poète. Même après la mort du poète, son œuvre continuera d'exister, sera à jamais son œuvre et on ne pourra faire taire sa voix.

Dans son adaptation, Eram Sobhani invite les spectateurs à se joindre sur scène aux acteurs, les acteurs jouent donc au milieu d'un carré de bancs sur lesquels les spectateurs sont assis. La scénographie de Sophie Courtat permet ainsi de créer à la fois une proximité bienvenue, qui oblige à la vigilance, car le texte est ardu, et une ouverture des points de vue pour le spectateur.

Toute la pièce est accompagnée de musique, piano et flûte, composée et interprétée par Yuta Masuda. Ses compositions rappellent l'univers médiéval de l'album "Aïon" de Dead Can Dance. Cette musique soutient l'ambiance empreinte de mysticisme de cette tragédie. Il en va de même des lumières de Xavier Hollebecq et Julien Kosellek, extrêmement simples, qui vont mettre tel ou tel personnage en avant en jouant du clair-obscur.

Le fil conducteur de la pièce est donc cet affrontement entre le roi et le vagabond. Si la prestation des acteurs convainc autant dans la déclamation, en français et en anglais, le chant et la danse, Vincent Brunol, dans le rôle du roi, peine néanmoins à s'imposer face à Miglen Mirtchev, le vagabond, ce qui crée un certain déséquilibre de l'ensemble. Mais peut-être n'était-ce qu'une histoire de rodage lors de la générale.

En conclusion, Eram Sobhani semble s'être plutôt tourné vers un théâtre gothique (on pense au projet, en gallois, "Gododdin" qui réunissait le groupe de musique industrielle Test Dept. et la troupe d'avant-garde Birth Gof, ou aux performances des rouennais de Rosa Crux) que vers le théâtre Nô, pour une pièce surprenante, regorgeant de bonnes idées, mais néanmoins difficile à appréhender.

 

Laurent Coudol         
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Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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