Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Chapelier Fou
Interview  (Bourges)  16 avril 2010

Au mois d'avril, juste après son concert donné à l’Auditorium de Bourges, Louis Warynski s’est prêté à une interview groupée. L'occasion de revenir en détail sur sa musique et son parcours.

Comment est-ce possible de ne pas s’emmêler les pinceaux dans tout ce bazar, ces instruments, les machines, tout cela tout seul sur scène ?

Je crois que c’est uniquement possible par la répétition, je répète énormément. La manière dont les choses sont organisées, un espace machine à droite, les claviers à gauche, les instruments, etc. Du coup ce sont vraiment des gestes qui deviennent automatiques et c’est vrai que ce sont des heures et des heures de répète. Je répète énormément tout seul, c’est moins fun qu’en groupe mais je n’ai pas le choix. Tous les mouvements doivent venir automatiques, voilà il n’y a pas de secret.

Pourquoi pas en groupe alors ?

Je ne sais pas, je m’embête peut-être pour rien, je suis peut-être naïf, mais je trouve que le côté performance a un intérêt en soit. C’est sûr que c’est plus facile de jouer en groupe, mais après je ne suis pas là pour faire des choses faciles.

Il est donc vraiment question de musique, ce qui est frappant c’est qu’on sent vraiment le musicien derrière, il ne s’agit pas seulement d’envoyer des boucles, on pourrait même avoir l’impression que le morceau se compose en direct devant nous…

Si j’ai créé ce dispositif qui est technique, aussi mental dans la construction des morceaux (puisqu’il faut forcément le traduire techniquement), c’est vraiment dans ce but là, d’essayer d’en faire un maximum sur scène, de prendre le plus de risques possibles, de construire un maximum les morceaux.

Dans l’idéal, j’aimerai vraiment faire tout de A à Z, il se trouve que par exemple que toute la partie rythmique je l’ai laissée de côté… Ce sont des boutons que j’envoie, je les envoie quand je le souhaite, c’est déjà ça. J’essaie un maximum d’enregistrer toutes mes boucles. Tous les violons et toutes les guitares évidemment sont joués sur place, et à peu près la bonne moitié des claviers. Je fais le maximum sur place, après c’est une histoire de gestes, il y a des trucs qui sont impossibles, à ce moment là je programme.

D’où vient cette passion pour la musique, le violon ?

J’ai un peu eu une période de crise quand j’étais au lycée, j’étais au conservatoire, c’est vraiment le cursus instrumental au conservatoire qui m’a dérangé… Par exemple, je voulais juste jouer "tzigane". Et forcément avec les glissandos quand tu démanches, c’est mal vu aux examens. Je n’ai pas passé mes examens, j’ai arrêté, et c’est à ce moment là que je me suis mis à jouer en groupe. Des groupes de jazz, chansons françaises aussi déjà des projets avec l'électronique mais sans m’en occuper (j’étais seulement au violon). En même temps je faisais de la musique avec un copain qui jouait de la basse dans mon groupe, je samplais beaucoup de disques avec un logiciel. Et avec ce copain on s’est fait une espèce de ping-pong pendant 6 mois 1 an, à s’échanger des morceaux pour se faire remixer, on s’est poussé l’un et l’autre de cette façon. Cette passion vient aussi parce qu’à cette époque, c’était vraiment l’âge d’or du label Warp et de Ninja Tune et j’écoutais à fond Kid Koala, Aphex Twin… des choses de ce genre fin des années 90.

Et en ce moment qu’est-ce que tu écoutes ?

J’ai acheté le dernier Bonnie 'Prince' Billy, c’est un album invraisemblablement magnifique, qui me fait penser à la pureté des vieux albums de Neil Young. Je suis très agréablement surpris parce que ce mec sort deux disques par an et forcément il y a des trucs que je trouve moins bien que d’autres, et là j’étais très content.

Ce n’est pas du tout électronique ?

Je n’écoute pas forcément beaucoup de musiques électroniques, j’écoute des choses très diverses… J’ai donc acheté Bonnie 'Prince' Billy, en même temps j’ai acheté le dernier EP d'Animal Collective, je suis toujours ce groupe. Cela me parle, ce côté à la fois hyper répétitif et complètement planant qui est carrément assumé. Et puis le dernier Autechre qui est le meilleurs album de Autechre pour moi, et je n’arrête pas de me répéter c’est un album romantique, ils ont grandi ou ils ont rencontré l’amour (rires).

Le fait de rejoindre à nouveau un groupe, c’est quelque chose que tu voulais ? J’ai lu que tu avais rejoint The Third Eye Foundation…

C’est quelque chose qui me manque, c’est clair que c’est plus détendu de jouer en groupe. C’est un autre plaisir beaucoup plus décontracté. T’es un peu moins impliqué, tu peux te planter ou passer 2 minutes à faire semblant de faire quelque chose (rires). Avec The Third Eye Foundation, on a fait concrètement juste une mini tournée de 3 dates en Espagne. C’était un plaisir immense, 3 concerts complètement trash et différents les un des autres. Cela fait vraiment plaisir de pouvoir être libre, d’improviser, et de jouer avec d’autres gens. Même si c’était un groupe avec quand même quatre ordinateurs.

Peux-tu nous parler de tes visuels de tes disques ? 613 et sa grenade avec ses confettis…

C’est mon ancien colocataire qui s’appelle Grégory Wagenheim qui réalise ses pochettes. Au départ c’était abstrait, les deux EP qui sont sortis font partie d’une trilogie donc c’est bien qu’il ait une vraie ressemblance, une cohérence entre les visuels, ce sera également le cas avec le troisième qui va sortir, j’y travaille.

Pour 613, tout le concept entre la pochette, le titre et le disque est né d’une émission de radio entendue par hasard quand j’étais en tournée en voiture. Elle parlait des 613 pépins de la grenade, cela m’a complètement obsédé et cela a donné cette pochette…

Tu travailles tes morceaux chez toi ? Il y a deux ans tu étais prof de musique, tu as arrêté ?

Oui, dès que je suis chez moi quand j’ai quelques jours de temps libre entre la tournée, j’en profite uniquement pour répéter et faire des morceaux. Avant je pouvais vraiment prendre le temps pour faire des morceaux, donc du coup maintenant, je recherche ces moments devenus plus rares. J’ai démissionné par nécessité, comme je suis prof de formation musicale, je travaille avec des classes, de grands groupes d’élèves. Ce n’est pas comme si j’étais prof d’instrument avec des cours individuels, où j’aurais pu aménager des horaires. Là je ne peux pas me débrouiller pour bouger quatre-vingts élèves. Mes élèves me manquent. Ils me contactent maintenant, ils suivent ce que je fais. C’est juste une question pratique, que je ne pouvais plus faire. Mais quand ma musique ne marchera plus, je serai content de les retrouver.

T’as musique, ton travail de création est solitaire. Comment fais-tu pour que cela fonctionne devant le public ? Y a-t-il un secret ?

En même temps le concert, c’est fait pour cela, ce n’est pas fait que pour séduire les gens, c’est aussi pour tester les morceaux. J’en parle énormément avec mon ingé son sur la route, c’est lui mon premier spectateur car je suis toujours avec lui. Et c’est vrai que quand je teste les morceaux, on en discute ensemble, il faut forcément tester. Il n’y a pas d’autre manière. Même si une personne pouvait juger mes morceaux avant de les jouer en public, tu ne peux pas recréer les conditions, le concert, l’ambiance... Donc c’est vraiment la pratique qui fait que tel morceau je vais le jouer, ou ne pas le jouer, ou bien le placer à tel endroit, entre tel ou tel morceau… C’est certain que parfois cela ne fonctionne pas. En même temps, c’est ce qui est bien, par exemple pour cette tournée qui a commencé depuis deux mois, j’ai dû faire environ vingt-cinq concerts, et je ne pense pas avoir fait deux fois le même. Après il y a certainement une constante, les choses qui fonctionnent, dont je suis sûr. Mais sinon je teste toujours un peu. Pour le concert d’aujourd’hui par exemple, j’ai pris ma décision hier. C’est selon le timing, etc., il y a plein de paramètres qui interviennent.

Peux-tu nous parler du dernier morceau que tu as joué ?

Il s’appelle "Protest", c’est un choral protestant… enfin dans ma tête c’est ça. Je ne suis pas du tout protestant, ni rien du tout d’ailleurs mais c’est écrit vraiment à la manière d’un choral, écrit de façon complètement vertical, avec une ligne directrice, puis en dessous cela se construit avec les basses qui arrivent plus tard, etc. C’est une musique de film en fait.

Pourquoi une musique de film ?

Parce que c’était destiné à être une musique de film, d’un réalisateur qui m’a demandé, et puis cela ne lui a pas plu. Et pourtant je trouve ce morceau très bien ! Donc du coup je le joue. Maintenant il est pour moi et c’est tant mieux.

Est-ce que la musique répétitive américaine fait partie de tes influences, Philip Glass, Steve Reich, ces choses assez pointues ?

Oui, je ne peux pas décompter le nombre de centaines d’heures que j’ai passé à écouter ce genre de musique. C’est vrai que Terry Riley, Philip Glass, Steve Reich, Gavin Bryars c’est un courant qui me nourrit extrêmement et dont j’apprécie vraiment la simplicité et en même temps la complexité, non pas du discours mais de ce que cela implique. Le fait qu’on puisse faire une musique extrêmement répétitive et l’assumer. C’est revenir aux sources du ressenti humain en fait. C’est finalement ce que l’on aime dans la musique répétitive.

C’est un courant, une niche de la musique contemporaine ce que tu viens de nous citer. Le public n’est pas forcement habitué à ce genre de culture. Il est pourtant là, à tes concerts à acheter tes disques. Tu en penses quoi ?

Je ne sais pas si la musique que je fais est tant proche de la musique répétitive américaine. Je n’en suis pas vraiment certain. C’est vrai que c’est une influence. Après ce sont les personnes qui ont connaissance de ce courant musical qui font peut-être le rapprochement. Enfin si cela donne envie aux gens de réécouter Steve Reich, etc., c’est tant mieux !

On pourrait imaginer une reprise de Einstein on the Beach bientôt ?

Einstein on the Beach a des influences complètement direct dans ma musique. Notamment les passages au saxophone, par exemple où cela superpose des séquences régulières de 5 notes, de 4 notes de 6 notes, etc. pour créer avec rien, avec 5 notes des espèces d’hallucinations auditives. Moi je trouve cela génial cette simplicité et cette efficacité.

L’électroacoustique et les travaux de Michel Chion t’ont également influencé ?

Bien sûr, Schaeffer et Chion. Après je pense que n’importe quelle personne qui sample des choses aujourd’hui devrait avoir cela en tête. Le travail de décontextualisation de sons, on retrouve cela dans pas mal de musiques aujourd’hui. Même s’il y a pas mal d’artistes qui font cela de manière décevante. Moi je pense surtout à un groupe comme Matmos, qui est vraiment le groupe de musique concrète d’aujourd’hui. Ce qui est intéressant quand tu prends un son, ce n’est pas seulement le son, la note mais tout ce qui est derrière, les accidents qui peut y avoir,  un grésillement qui passe à ce moment là ou bien un souffle. Je suis vraiment obsédé par ce genre de truc… A l’époque surtout où je bossais vraiment beaucoup avec des samples, quand je samplais par exemple Le Sacre du Printemps de  Stravinsky, et bien je me procurais 4 ou 5 versions pour écouter le même passage pour n’en choisir qu’un. Sur la même fraction de seconde, selon les morceaux tu vas trouver des choses géniales ou alors complètement inintéressantes… C’est un peu de cela que j’ai appris de Michel Chion. Un son c’est hyper compliqué, cela dépend comment il a été pris, à quel moment… Tu as beau essayé de le refaire, ça ne marchera pas forcément.

Tu t’es fait remixer sur ton premier EP, à l’inverse, est-ce que l’on t’a déjà proposé de remixer d’autres artistes ?

C’est un truc que j’adore faire, que je ne fais pas du tout assez. J’ai fais un remix de Yann Tiersen, d’un titre qui s’appelle "Palestine" pour son prochain album. Il y a juste un EP qui est sorti en vinyle. C’est donc le titre original de Tiersen, "Palestine" avec 4 remix : un de Tiersen, un de Deadverse, de The Third Eye Foundation et moi. C’est quelque chose qui m’attire énormément, justement dans ce rapport au son, le prendre comme matériau. Essayer de le détourner complètement. Par exemple une piste voix, ou un instrument… Le remix, je trouve que c’est quelque chose de très, très intéressant. Cela va au-delà de Mr Scruff qui remet un bit sur Moondog et qui dit en avoir fait un morceau.

Que t’apporte ton label Ici, d’ailleurs ?

Je suis beaucoup plus soutenu, et puis Christine Ott, Jean-Michel Pires et Matt Elliott qui sont venus jouer sur mon disque. Si j’avais été tout seul, cela aurait été complètement impossible. C’est aussi un rôle de conseil. Plus au niveau de l’enregistrement et de la composition des disques, Stéphane Grégoire qui est à la tête du label est une personne qui a une extrême sensibilité. Je sais que lorsque je mixais mon album à L’Autre Canal à Nancy, il passait de temps en temps après le boulot, il écoutait se qu’on avait fait dans la journée, et c’est un mec qui te dit trois phrases, et avec tu sais quoi faire le lendemain !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album eponyme de Chapelier Fou
La chronique de l'album Scandale ! EP de Chapelier Fou
La chronique de l'album 613 de Chapelier Fou
Chapelier Fou parmi une sélection de singles (mai 2011)
La chronique de l'album Invisible de Chapelier Fou
La chronique de l'album Deltas de Chapelier Fou
La chronique de l'album Fuses EP de Chapelier Fou
La chronique de l'album Kalia de Chapelier Fou
La chronique de l'album ! de Chapelier Fou
Chapelier Fou en concert au Fil (26 septembre 2009)
Chapelier Fou en concert au Bataclan (vendredi 12 mars 2010)
Chapelier Fou en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2010 (vendredi 16)
Chapelier Fou en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort #25 (2013) - Jeudi
Chapelier Fou en concert au Festival MaMA 2015 (6ème édition)
L'interview de Chapelier Fou (avril 2012)

En savoir plus :
Le site officiel de Chapelier Fou
Le Soundcloud de Chapelier Fou
Le Bandcamp de Chapelier Fou
Le Facebook de Chapelier Fou

Crédit photos : Eric Ségelle


Céline & Rickeu         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 17 novembre 2019 : 4 ans déjà

13 novembre 2015. innoubliale nuit de terreur dont on commémorait les 4 ans cette semaine. Un 13 novembre 2019 avec plein de concerts à Paris et un pincement au coeur pour beaucoup d'entre nous. Mais la vie continue, et elle doit continuer d'être culturelle et festive.

Du côté de la musique :

"L'année du loup" de Alma Forrer
"Lucarne" de Cassagrande
"Air India" de David Sztanke
"Immanent fire" de Emily Jane White
"Bach, Liszt, Wido : Organ works at La Madeleine" de Jae Hyuck Cho
"What's in it for me ?" le Mix numéro 4 de Listen In Bed
"Femme idéale" de Ludiane Pivoine
et toujours :
"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"On s'en va" au Théâtre national de Chaillotl
"Les guêpes de l'été nous piquent encore en novembre - L'Affaire de la rue de Lourcine" au Théâtre de la Tempête
"Pièce" au Théâtre des Abbesses
"La Vie est belle" au Théâtre 13/Jardin
"Adieu Ferdinand ! Le Casino de Namur II" au Théâtre du Rond-Point
"Adieu Ferdinand ! - La Baleine et le Camp naturiste" au Théâtre du Rond-Point
"Bartleby" au Théâtre Essaion
"Un Vers de Cid" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereau - aaAhh Bibi" au Théâtre Le Lucernaire
"Pour ceux qui parlent tout seuls" au Théâtre Darius Milhaud
des reprises :
"Berlin 33" au Théâtre L'Atalante
"La Magie lente" au Théâtre de la Reine Blanche
"Je ne me souviens pas" au Théâtre Les Déchargeurs
"La Magie de l'argent" au Théâtre Aleph
"La vie devant soi" au Théâtre de Sartrouville
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec :

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"L'affaire Lord Spenser" de Flynn Berry
"La curée d'après le roman d'Emile Zola" de Cédric Simon & Eric Stainer
"Les faire taire" de Ronan Farrow
"Mondes en guerre tome 2, l'âge classique" de Hervé Drévillon
"Résistante" de Jacqueline Fleury Marié
"Une histoire de France tome 1, La dalle rouge" de Michel Onfray, Thomas Kotlarek & JEF
et toujours :
"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=