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Rainer Werner Fassbinder  octobre 2010

Réalisé par Rainer Werner Fassbinder. Allemagne. Drame. Durée : 1h58. (Sortie 6 octobre 2010 - 1ère sortie en 1973). Avec Klaus Lowistch, Barbara Valentin, Mascha Rabben, Adrian Hoven et Ivan Desny.

On n’en a jamais fini avec Rainer Werner Fassbinder et c’est tant mieux !

Avec "Le monde sur le fil", téléfilm de 1973, rarement vu et restauré pour sa sortie en salles et en DVD, on va découvrir une facette complètement inattendue du réalisateur du "Mariage de Maria Braun".

Ici, Fassbinder adapte un récit de science-fiction bien loin de son univers et sans chercher à imposer ses propres codes à son récit. Bien sûr, on retrouvera ça et là ses thèmes de prédilection, avec en tête la présence de Barbara Valentin, pulpeuse et fragile héroïne comme il les aimait.

Mais ce qui surprendra, et déroutera sans doute, c’est la capacité d’un tel auteur d’accepter de se glisser dans un monde où il n’y a pas de quoi passer par le mélo flamboyant, pas plus que de mettre en avant la sexualité ni de s’attaquer aux tabous esthétiques et politiques d’une société encore gangrénée par les fantômes du nazisme.

Ici, Fassbinder se veut l’illustrateur fidèle de l’univers de Daniel F Galouye, auteur américain de Science-Fiction des années 60, assez peu connu en France et travaillant de manière plus primaire sur le terrain de la paranoïa explorée à la même époque par Philip K. Dick. Le roman adapté par Fassbinder, "Simulacron 3", raconte comment un univers créé de toutes pièces par les hommes fini par rétroagir et s’interpénétrer avec le "vrai" monde.

Evidemment, le prisme choisi par Fassbinder pour faire de la SF est plus proche de celui que Godard a choisi pour "Alphaville" que des grandes fresques de Ridley Scott ou de Steven Spielberg. On est donc en présence d’un futur "cérébral" qui ne nécessite pas d’immenses reconstitutions ni de décors surdimensionnés.

Certains trouveront alors que l’écart entre la réalité d’aujourd’hui et le futur supposé de demain est si imperceptible que le film en devient incompréhensible. Ils percevront aussi une grande naïveté dans cette manière de traiter le fantastique, douteront du  message délivré et en concluront que ce récit ne méritait pas de s’étaler sur plus de trois heures de pellicule.

Ils ajouteront que si le film n’avait pas la signature du grand Fassbinder, personne ne songerait à le sauver d’un oubli éternel. Dès lors, ils passeront complètement à côté d’une oeuvre, certes imparfaite, mais totalement fassbinderienne alors même qu’elle ne prend pas l’apparence de ses films les plus connus et reconnus.

Quel autre réalisateur aurait pu, en effet, s’emparer avec autant d’aisance d’une écriture télévisuelle, où les entrées et les sorties comptent plus que les mouvements, où le "off" est quasi proscrit, où tout doitêtre plus expliqué que montré ?

Fassbinder, qui n’a d’autre objectif, que d’aller jusqu’au bout de ce "monde sur un fil", y parvient en ne se moquant pas  de son histoire, en mimant jusqu’à l’excès une écriture télévisuelle qui flirte parfois avec celle d’un épisode de "Derrick". Et puis, surtout, il n’abandonne jamais ses acteurs en leur faisant jouer sans renâcler des scènes où il n’y a apparemment rien à défendre.

Toute la petite troupe de Fassbinder est présente et c’est grâceà elle que, peu à peu, Fassbinder triomphe de tous les pièges tendus par la forme télévisuelle. C’est l’histoire éternelle du fond qui fait capituler la forme. En l’occurrence, transfiguré par le couple Klaus Lowitsch-Mascha Rabben, cette histoire floue finit par un amour fou.

Sans doute, "Le monde sur le fil" mérite plus qu’une vision pour se garder de l’effet hypnotique que la redondance du filmage télé opère sur le spectateur. C’est là l’intérêt d’une sortie DVD qui permettra de saisir toute la beauté de cette oeuvre impure qu est, envers et contre tout, un grand Fassbinder.

(Le film est passé à l'Arlequin (6e) vendredi 1er octobre 2010 dans le cadre du Festival du film allemand. Ce festival continue jusqu'au mardi 5 octobre 2010 et permet de découvrir un cinéma en plein renouveau)

 

Philippe Person         
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# 22 mai 2022 : Culture et vous - A vos agendas !

Il fait beau, il fait chaud, mais il n'y pas que les terrasses dans la vie. La culture bat son plein et, avant que le ciel ne nous tombe sur la tête, il est temps de se montrer curieux pour découvrir les nouveautés de la semaine de la musique et du spectacle vivant ainsi que du cinéma, de la lecture et des expositions.

Du côté de la musique :

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"Being alive" le nouveau mix à écouter de Listen In Bed
Rencontre avec Lofofora
"Des corps dans le décor" de Mauvais Sang
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"Misia" de Revue Blanche
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et toujours :
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"Unica" de DeLaurentis
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dernière ligne droite pour :
"Aux frontières de l'Humain" au Musée de l'Homme
"Maurice Denis - Le Bonheur rêvé" au Musée Maurice Denis
"Le Monde de Steve McCurry" au Musée Maillol
et les autres expositions à l'affiche

Cinéma :

en streaming gratuit avec :
"Juste la fin du monde" de Xavier Dolan
"La belle époque" de Nicolas Bedos
"Mustang" de Deniz Gamze Ergüven
"Les Eternels" de Zhangke Jia

"Le Traître" de Marco Bellocchio
"It must be heaven" de Elia Suleiman
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