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puce Rétrospective Koji Watamatsu
Cinémathèque Française     (Du 24 novembre 2010 au 9 janvier 2011) 

Si l’on connaît désormais très bien les grands maîtres du cinéma japonais classique (Ozu, Mizogushi, Kurosawa, Naruse), et assez bien la génération née dans les années 50-60 (Oshima, Kobayashi, Ichikawa, Imamura), on a, en revanche, perdu le fil de celle qui prend son essor après 1968.

Il faut donc saluer l’effort louable de la Cinémathèque Française qui sort enfin des sentiers nippons battus en rendant un hommage copieux à Koji Watamatsu, cinéaste prolifique, provocateur et passionnant.

En parcourant une filmographie qui s’étale sur plus de quarante ans, puisque son dernier film est actuellement en salles ("Le Soldat-Dieu"), on comprend pourquoi il n’a pas atteint la renommée de ses devanciers. Watamatsu est en effet un grand formaliste, un maître de la caméra multipliant les audaces stylistiques, mais au service - pour faire simple, voire simpliste - de l’érotisme et de l’ultra-politique. Un peu comme si le Godard de l’époque maoïste n’avait fait qu’un avec le cinéaste érotomane José Bénazéraf.

Ce mélange inconnu en Occident, cette synthèse entre le porno soft et le marxisme-léninisme radical, avait de quoi décontenancer les critiques et les cinéphiles des années 60-70, surtout que Watamatsu ne portait pas en lui la haute culture classique d’un Pasolini.

Aujourd’hui, on est surpris de découvrir un cinéaste aussi longtemps proche des groupes d’extrême-gauche japonais, ceux qui sont passés à la lutte armée, comme l’Armée Rouge Japonaise, connue ici pour ses sanglants attentats (notamment, celui qui ensanglanta un aéroport israélien) et pour l’activité de sa succursale franchisée en Allemagne, la fameuse "Fraction Armée Rouge", dite "Bande à Baader".

Contrairement à Fassbinder, qui a, tout de suite, montré comment le système politique dit démocratique utilisait et manipulait ces activistes, Watamatsu a mis du temps pour s’éloigner du lyrisme révolutionnaire de sa jeunesse. Il ne le fera qu’en 2007 avec "Armée Rouge Unifiée" qu’on pourra voir en janvier à la Cinémathèque.

Mais l’ensemble de son œuvre, faite de films plutôt brefs tournés en quelques jours, peut se regarder hors contexte, comme le parcours d’un authentique artiste charriant les codes de la série B avec tous les éléments de la modernité post- années soixante, du free jazz àl’érotisme, et cherchant à se libérer des carcans de l’exploitation cinématographique capitaliste.

S’il est impossible de pénétrer totalement dans une œuvre abondante jusqu’à la répétition, il est en revanche conseillé de butiner dans ce magma de jeunesse en fusion qui rappellera qu’il y a encore des cinéastes qui ne se sont pas résignés à n’être que des serviteurs du Dieu divertissement.

Souvent inspiré, aimant filmer encore et toujours, as du scope et des jeux sur les couleurs, Watamatsu a parfois les fulgurances d’un Philippe Garrel pour saisir la jeunesse en plein vol, la dérision politique du Mocky soixante-huitard et prolonge les Brésiliens Glauber Rocha et Ruy Guerra dans leur volonté de trouver une expression cinématographique à la fois sans narration et sans déconstruction.

En résumé, un cinéma réservé en priorité aux curieux qui pourront aller se promener à "l’aveugle" parmi les films proposés. Ceux qui préfèrent être guidés iront d’abord voir "Va va vierge pour la seconde fois", "Quand l’embryon part braconner" ou "Sex Jack", les films les plus emblématiques de Watamatsu.

 

Philippe Person         
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# 11 avril 2021 : Culture en résistance

Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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