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Philippe Le Guay    février 2011

Réalisé par Philippe Le Guay. France. Comédie. Durée : 1h46. (Sortie le 16 février 2011). Avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Natalia Verbeke, Carmen Maura, Lola Duenas, Berta Ojea et Nuria Sole.

On a trop dit que la comédie à la française était scénariquement paresseuse pour ne pas saluer "Les Femmes du 6e étage" qui sort des sentiers battus en tenant un bon sujet et, surtout, en ne se contentant de vivre cent minutes sur son bon sujet.

Philippe Le Guay et Jérôme Tonnerre ont particulièrement réussi leur coup puisque leur scénario est à la fois aisément résumable, facile à retenir, tout en donnant envie quand même d’y aller voir.

Tout le monde sait donc que Fabrice Luchini est un grand bourgeois du seizième arrondissement qui découvre qu’au-dessus de lui sous les toits inconfortables de son immeuble haussmanien vivent des bonnes espagnoles qui oublient Franco en repassant son linge ou en lui préparant des œufs à la coque.

Depuis "L’Année Juliette", Philippe Le Guay s’est aventuré souvent sur le terrain de la comédie, mais c’est sans doute la première fois qu’il mène son récit avec une vraie maîtrise. Pour cela, il n’a évidemment pas lésiné sur les moyens : on est ici dans ce que les anglo-saxons appellent la "Feel good comedy".

Avec un sujet qui ne nie pas les problèmes sociaux, qui peut s’aventurer parfois sur le terrain de la bonne vieille lutte des classes, Le Guay fait un cinéma totalement positif. Fidèle à la maxime renoirienne selon laquelle "chacun a ses raisons", il réussit habilement à sauver les personnages les plus caricaturaux. Même la concierge, poissarde et ultra-française qu’on imagine déjà malfaisante sous l’Occupation, est sauvée in extremis.

Dans ce cinéma qui a le culot de ne pas s’embarrasser de subtilités, il suffit d’ouvrir une fenêtre, de faire pénétrer un rayon de soleil pour que la pénombre poussiéreuse du bureau d’un agent de change qui doit vendre du Pinay et sans doute encore du Franc Poincaré disparaisse à jamais.

L’astuce - constamment utilisée - est de surdater les personnages et les décors pour que le visage lumineux d’une jeune bonne espagnole joue le rôle de la baguette d’un magicien. Vieux et grognon au début du film, Luchini retrouve peu à peu une seconde jeunesse.

Ce n’est pas un hasard si l’action se passe au début des années 1960 : "Les Femmes du 6e étage est une métaphore sans prétention de la France des Trente Glorieuses qui fonce tête baissée vers Mai 68 et la disparition d’une vieille bourgeoisie traditionnelle, avec parfois des moments paradoxaux, comme celui où Luchini, sans doute voltairien, le gâteau du dimanche delermien à la main, suit la petite bandes des bonnes espagnoles jusqu’à la messe du dimanche matin.

On pourra peut-être reprocher à Le Guay et Tonnerre de ne pas affronter toujours leur propre logique. Ainsi, parmi les bonnes espagnoles, la mieux dessinée est la fille de Républicains assassinés par Franco, bien entendu communiste. C’est elle, l’écorchée vive obligée de cohabiter avec des Espagnoles de l’autre camp, qui conviendrait le mieux au personnage de Luchini en transformation, mais ce serait introduire une dimension vraiment politique que la film se refuse d’insuffler pour rester dans sa légèreté et sa bonne humeur.

Tant pis. Si l’on osait, on dirait qu’en ces temps sarkozystes, "Les Femmes du 6e étage" est un film de droite, mais d’une droite plus humaniste, qui n’a pas peur de l’autre et pour qui devenir ou redevenir moderne, c’est s’ouvrir au monde social.

Villepiniste, Le Guay ? Certains pourraient le dire...

L’intérêt de ce film volontairement trop classique, c’est de faire oublier qu’il flirte avec un académisme certain pour créer une comédie originale qui mériterait de faire date.

 

Philippe Person         
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C'est l'automne, on reste au coin du feu et on écoute de la musique, on lit des bouquins et on se connecte à la TV de Froggy's Delight pour le concert de Colin Chloé vendredi 7 octobre ! Pour les sorties culturelles, voici le programme.

Du côté de la musique :

"Ti'bal tribal" de André Minvielle
Rencontre avec Bukowski autour de leur album du même nom, "Bukowski"
"Time is color" de Cédric Hanriot
"Stravinsky, Ravel, Prokofiev : Ballets" de Jean-Baptiste Fonlupt
"Ozark" le retour de Listen In Bed pour la saison 4 en direct (ou presque) de Malte
"Viva la vengeance" de Panic! At The Disco
"Symphonie Fantastique, Hector Berlioz" de Quatuor Aeolina
quelques petites news de Shaggy Dogs, KissDoomFate, Trigger King et Mind Affect
"Emerson enigma" de Thierry Eliez
et toujours :
"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"L'Homosexuel ou la difficulté de s'exprimer" au Théâtre de la Cité Internationale
"Les Enfants" au Théâtre de l'Atelier
"Pères & fils" au Théâtre des Abbesses
"Le comble de la vanité" à la Pépinière Théâtre
"Boulevard Davout" au Théâtre de la Colline
"Et pourquoi moi je devrai parler comme toi" au Théâtre de la Colline
"Black Legends, le musical" à Bobino
"Gazon maudit" au Théâtre Les Enfants du Paradis
"Jean-Paul Farré - Dessine-moi un piano" au Studio Hébertot
les reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre de la Tour Eiffel
"Le Montespan" au Théâtre du Gymnase
"François Rabelais" au Théâtre Essaion
"Racine par la racine" au Théâtre Essaion
"Los Guardiola - La Comédie du Tango" au Théâtre Essaion
"Léonard de Vinci, l'enfance d'un génie" au Studio Hébertot
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Grand Point Virgule
"Félix Radu - Les mots s'improsent" au Théâtre de l'Oeuvre
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Face au soleil" au Musée Marmottan Monet
"Yves Klein, l'infini du bleu" aux Carrières des Lumières aux Baux-de-Provence
les autres expositions de la rentrée :
"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle :
"Les Mystères de Barcelone" de Luis Danès
en streaming gratuit :
"A ma soeur" de Catherine Breillat
"Barbara" de Christian Petzold
"So long my son" de Wang Xiaoshuai
"Borga" de York-Fabian Raabe
"Love trilogy" de Yaron Shani
et le cinéma de Claire Denis en 3 films

Lecture avec :

"L'inconnue de Vienne" de Robert Goddard
"Mordew" de Alex Pheby
"Napalm et son coeur" de Pol Guasch
"Un bon indien est un indien mort" de Stephen Graham Jones
et toujours :
"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec

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