Réalisé par Xavier Durringer. France. 2011. Comédie dramatique, thriller, biopic. Avec Denis Podalydès, Florence Pernel et Bernard Le Coq.

2002-2007 : Nicolas Sarkozy monte les marches du pouvoir jusqu’à la présidence de la République. L'homme en peignoir, affalé dans son fauteuil, tente en vain de joindre la femme qui l’a quittée. Nous sommes le 6 mai 2007.

De là, on repart dans les 5 années précédentes dans les moments clés, l’Intérieur, la présidence de l’UMP, en passant par Clearstream et bien évidemment les coups d’éclats médiatiques de " la France qui se lève tôt" au jogging de Villepin. Tout est là, tout se qu'on connaissait déjà. Pas de surprise, pas d’angle particulier.

Dans les premières minutes, on se demande sérieusement si on va réussir à entrer dans le film tant les acteurs sont proches des personnes qu’elles incarnent. Ca passe ou ça casse. Parfois à la limite de l’imitation, Podalydès reste (ouf) dans une interprétation réussie avec une certaine finesse dans le jeu, un langage du corps fort réussi. Il est souvent filmé comme une petite chose, ratatiné, écrasé, entouré d’immenses gardes du corps, ou en meeting avec une projection d’un gigantesque gros plan de Bernadette Chirac derrière lui.

Par contre, on passe dans la caricature pour les personnages de Chirac et Villepin. Un Chirac farfelu, toujours un verre de bière à la main, jamais à cours de blagues et d’expressions grossières, le pompon étant le moment où on le retrouve en jogging bleu-pull rouge 70’s à mort… Dominique de Villepin, Ken avec une moumoutte blanche coiffée en arrière, passe littéralement pour un abruti. Les journalistes en prennent aussi pour leur grade. Les conseillers agités autour de lui, pas mieux. A noter Dominique Besnehard qui imite (là pour le coup, vraiment) Ségolène Royal.

Les scènes s’enchainent avec, en parallèle de la politique, l’histoire privée du départ de Cécilia qui laisse un futur président célibataire, après 20 ans de soutien et conseil pour accéder au pouvoir. Seule Florence Pernel en Cécilia échappe à la caricature, au comique. Elle est assez crédible en femme déchirée par un coup de cœur et lassée de la farce du pouvoir.

De l’ironie, de l’hypocrisie, le film est truffé de bons mots. Le tout avec une bande son, souvent proche d’une musique de "cirque", grands coups de cymbale à l’appui, qui amène un rythme de sketchs à certaines scènes et pousse le bouchon de la comédie.
Sarkozy, Chirac, Villepin et Cie en deviennent truculents, ils nous feraient presque rire.
Enfin bon, c’est une fiction !