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Voto et Goa  (Epicentre Films )  juin 2011

Réalisé par Voto et Goa. France. Documentaire. (Sortie le 28 juin2011).

Aujourd’hui, quand on pense aux homosexuels et aux combats qu’ils mènent en priorité, on évoque tout de suite la possibilité pour les couples de même sexe se marier ou de s’unir selon les mêmes modalités que les couples hétérosexuels. Puis, vient la question de l’homoparentalité.

On est donc bien loin du "Gai Tapant" et de son héros, Jean Le Bitoux, qui a été de tous les combats depuis 1968.

À l’époque, l’homosexualité était encore une "déviance" et un délit. C’est donc à travers le personnage lumineux qu’était Jean Le Bitoux, fondateur du Gai Pied en 1978, que Voto et Goa traversent les quarante années qui vont faire d’une minorité discriminée une communauté qui cherche à compter et le montre symboliquement tous les ans lors de la "Gay Pride".

Âgé de 20 ans en mai 1968, Jean Le Bitoux sort d’une enfance renfermée, solitaire, portant en lui sa différence sans pouvoir encore la vivre. Influencé par les situationnistes, il comprend très vite que la situation politique est propice à faire du "problème" homosexuel une cause. En 1971, il participe activement à la formation du FHAR, Front homosexuel d’Action Révolutionnaire : ce n’est que par un changement de société, une participation aux utopies nées en 1968, que les homosexuels vont cesser d’être réprimés et vont pouvoir s’exprimer et exprimer leurs revendications.

Cela aboutira à l’aventure du "Gai Pied", premier hebdomadaire au monde consacré à la cause homosexuelle, journal d’une grande qualité dans lequel Jean Le Bitoux pouvait interviewer Jean-Paul Sartre ou obtenir des contributions de Michel Foucault

On pourra regretter que le "Gai Tapant" dure moins d’une heure, car il va forcément très vite pour rallier l’époque actuelle à travers les grandes étapes d’un mouvement qui aura connu de belles pages avant que l’apparition du sida le frappe cruellement dans ses chairs. Mais le propos est avant tout de montrer l’apport à la cause homosexuelle d’un homme, d’un véritable intellectuel doublé d’un habile stratège.

Jean Le Bitoux, disparu en 2010, après vingt six ans à lutter contre la maladie, est une figure qui méritait bien qu’on commence à lui rendre sa juste place dans les luttes des homosexuels, sans néanmoins le limiter à cela, car en voyant le "Gai Tapant" on découvrira un humaniste et une conscience. Il aura ainsi contribué à faire reconnaître l’existence d’une déportation homosexuelle dans les camps nazis.

En visionnant ce "Gai Tapant", on fera donc face à un beau portrait, touchant, informé, clair dans ce qu’il énonce et ce qu’il résume. Sans doute, on aurait aimé que la parole soit plus largement accordée à Jean Le Bitoux. On sait qu’il a laissé plusieurs ouvrages sur ses combats et ses réflexions et on aurait souhaité en avoir un écho dans le film de Voto et Goa. Peut-être faut-il considérer le "Gai Tapant" comme une première étape pour la connaissance d’un personnage qui est bien mieux qu’un "Harvey Milk à la française" puisqu’il est plus qu’un activiste communautaire.

La brèche ouverte par le "Gai Tapant" permettra à d’autres de s’intéresser à cette belle figure. Pas question de parler de "réhabiliter" Jean Le Bitoux, simplement de le mieux connaître car son esprit généreux, son sens des combats et des objectifs à atteindre sont à cent lieux de la tentation de certains de faire de la cause homosexuelle un simple groupe de pression défendant les intérêts immédiats de cette communauté.

 

Philippe Person         
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