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puce Blackthorn, la dernière chevauchée de Butch Cassidy
Mateo Gil  août 2011

Réalisé par Mateo Gil. Etats Unis/France/Espagne/Bolivie. Western. Durée : 1h32 (Sortie le 31 août 2011). Avec Edouardo Noriega, Stephen Rea, Sam Shepard et Magaly Soller.

Personne n’a oublié le film de George Roy Hill, "Butch Cassidy et le Kid". Personne n’a oublié le trio formé par Robert Redford, Paul Newman et Katherine Ross. On n’était pas loin de Jules et Jim et, à l’instar du film de Truffaut avec "Le Tourbillon de la vie", on a tous gardé en mémoire la chanson de ce western tardif et certains continuent d’ailleurs de fredonner "Raindrops keep fallin’on my head" en version originale ou "Toute la pluie tombe sur moi" en version Sacha Distel.

Sur cette musique du fameux Burt Bacharach, le trio ne chevauchait pas encore vers son destin tragique mais pédalait de bonheur sur une bicyclette rudimentaire des années 1890-1900... Et puis, tout basculait. Les deux bandits mythiques quittaient l’Amérique du Nord pour la Bolivie où les attendait une mort légendaire programmée.

Évidemment, comme d’habitude, des bruits coururent : Butch Cassidy et The Sundance Kid n’étaient pas morts car des types comme ça ne pouvaient pas mourir, surtout pas sous les balles sans saveur de l’armée bolivienne... Hugo Pratt ne fut pas le dernier à les faire survivre quelque part dans la pampa.

C’est aujourd’hui au tour de "Blackthorn", réalisé par Mateo Gil, de nous suggérer que si le Kid est mort les armes à la main, Butch lui a survécu et a expié sa vie de sac et de corde dans la rigueur de la solitude bolivienne. Le film pourrait s’intituler "vingt ans après" et le bandit américain, devenu un beau vieillard buriné, vit sa dernière aventure, une aventure rédemptrice à la fois métaphysique et elliptique.

Dans des paysages à couper le souffle, des déserts blancs où s’épuisent les chevaux et les hommes, on est donc invité à suivre quelques affrontements abstraits et minimalistes qui marquent, finalement, l’entrée tardive de Sam Shepard dans la peau d’un personnage de westerns. Élégant dans des tenues qui n’auraient pas déplu au cow-boy Malboro avant son cancer du poumon, le ténébreux dramaturge compose un Butch Cassidy surréel au-delà du bien et du mal et pas très charitable pour son compère Eduardo Noriega, alors que celui-ci n’est peut-être que la réincarnation du Kid...

Qu’on ne s’y trompe pas : on n’est pas ici dans un western d’après le western, ni dans un western à la manière des anciens grands westerns. On est loin des contresens honteux de ces néo-westerns dont le mauvais exemple absolu serait celui des frères Coen. On est encore plus loin de l’appropriation de l’Ouest par un Eastwood de grand chemin. Non, "Blackthorn" est un "Southern" à la gloire de la Bolivie et des Boliviens, dans lequel Sam Shepard vient nous faire un coucou après tant d’années d’absence.

Le film se regarde comme un rêve qui passerait sous nos yeux et dont on sait tout de suite qu’on ne retiendra qu’une vague impression pas désagréable une fois réveillé. On pourra de temps à autre lui reprocher des flash-back inutiles qui font revivre sous de nouveaux traits les membres du triumvirat du film de George Roy Hill. Mais, malgré ce véniel péché, on saluera cette tentative absolument anachronique d’ajouter des épisodes à la vie d’un héros.

Au bout du compte, on a un grand divertissement sans concession qui devrait bien mieux vieillir que tous les faux westerns cités plus haut. Que toute la bonne pluie tombe sur lui ! Qu’elle n’épargne pas non plus ceux qui n’hésiteront pas à la braver pour retrouver Butch Cassidy !

 

Philippe Person         
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