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puce Grandpuits et petites victoires
Olivier Azam  (novembre 2011) 

Réalisé par Olivier Azam. France. Documentaire. Durée : 1h20. (Sortie 23 novembre 2011).

On se souvient qu’Olivier Azam avait suivi Daniel Mermet pour mieux faire connaître l’intellectuel américain n°1, Noam Chomsky. Cela avait donné "Chomsky et Cie", un film didactique qui donnait envie de lire Chomsky et de retenir ses belles leçons de résistance pour combattre l’opinion dominante à la solde des puissants.

On se souvient aussi qu’Olivier Azam était avec Michel Fizsbin un des piliers de l’expérience télévisuelle "underground" qu’était "Zaléa TV". Le voilà, enfin, face à lui-même et dans la cour des grands documentaristes post-Pierre Carles.

En octobre 2010, personne n’a oublié les immenses manifestations contre la réforme des retraites votée par le Parlement à l’instigation du gouvernement Sarkozy-Fillion. Fers de lance de cette contestation, les raffineurs de Grandpuits, en Normandie. En bloquant cette raffinerie Total, les grévistes de Grandpuits ont réinventé une forme de grève qui, malheureusement, manquait depuis que les lois antisociales s’accumulent et font leur méchant petit bonhomme de chemin en jouant notamment sur le clivage public-privé : la grève de solidarité.

En effet, les raffineurs - dont ceux de Grandpuits ont été les plus en pointe - ont fait une grève dure avec blocage de leur outil de travail, non pas pour obtenir des avantages particuliers mais au nom de tous les autres salariés français.

Ces costauds que l’on suit filmés par Olivier Azam ont cru ou voulu croire que leur pouvoir de blocage allait faire reculer un gouvernement absolument sourd à toute voix sociale sur la question des retraites.

Les habitués des journaux télévisés seront bien étonnés de découvrir que des grévistes ne sont pas des terroristes manipulés par un chef d’orchestre secret mais des hommes de cœur et de sang qui, en ayant la générosité de perdre des semaines de salaires et peut-être à terme leurs emplois, veulent faire triompher la justice sociale et redresser des torts tellement clairs quand on n’accepte plus le chloroforme médiatique. Ils seront aussi abasourdis quand ils verront l’élan de solidarité avec ces grévistes par procuration qu’a eu une France qui n’est pas celle qui subit Jean-Pierre Pernaud.

Olivier Azam a l’humilité de ne pas se mettre en avant et de fournir un commentaire off simple et peu moralisateur. On sent, comme lui, que ce conflit est quelque chose d’à part, quelque chose qui ne se reproduira plus ou pas de sitôt. On craint, en écoutant Azam égrener toutes les mesures juridiques dont dispose désormais la partie patronale pour faire plier en toute légalité les courageux grévistes, que cette grève soit le chant du cygne du mouvement ouvrier français.

Certes, ce qui s’est passé à Grandpuits est un démenti de la phrase du fanfaron présidentiel affirmant que "Maintenant, en France, quand il y a une grève, plus personne n’en entend parler". Mais il y a dans le film d’Azam plus de nostalgie que d’espoir. Pourtant, les événements contés datent de 2010. Une éternité au regard de ce qui se vit chaque jour dans un monde vivant la dictature des 3A et des experts de l’Europe des 27 endettés.

Si l’on refuse la fatalité d’une réalité aussi sombre qu’un tunnel sans fin, on retiendra les beaux portraits dessinés par Olivier Azam. On le remerciera de n’avoir pas renoncé à filmer des travailleurs en lutte, même si l’expression fait sourire les esprits supérieurs dont on devine les penchants.politiques même quand ils prétendent être de "gauche".

Azam parle de "petites victoires" là où ces contempteurs du monde ouvrier parlerait de défaites en rase-campagne. Il faut l’encourager en allant voir son film chaleureux. Après "les petites victoires" de Grandpuits, qui sait, pourrait venir le temps d’un "Petit soir" à défaut d’un utopique "Grand"...

 

Philippe Person         
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