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Daniele Cipri  janvier 2013

Réalisé par Jihane. Italie. Comédie. 1h30. (Sortie 2 janvier 2013). Avec Toni Servillo, Gisela Volodi et Alfredo Castro.

À cause de Silvio Berlusconi et de Nanni Moretti, le cinéma italien n'est plus beaucoup repassé par la case "comédie à l'italienne", cet étonnant cocktail entre cinéma populaire et grands sujets de société porté par des acteurs mythiques, les Tognazzi, les Mastroianni, les Sordi, les Gassman, les Manfredi.

Il a oublié l'héritage des Risi, Scola, Monicelli au profit d'un cinéma du gros moi prétentieux (Nanni Moretti) ou d'un cinéma qui ne dépayse pas de la télé, qui copie sa vulgarité et son absence de réalité sociale.

Il aura fallu attendre l'éclosion de cinéates comme Daniele Cipri et d'acteurs comme Toni Servillo pour qu'on se rapproche à nouveau de ce qu'il y a de meilleur dans le cinéma italien.

Dans "Mon père va me tuer", Cipri trouve un sujet qui aurait enchanté les grands cinéastes d'antan : victime par hasard des méfaits de la mafia sicilienne, qui lui tue un enfant, une famille va toucher le prix de cette mort, un gros pactole qui va, in fine, amplifier encore son malheur, et pire que tout, lui enlever toute retenue morale...

La famille Ciraudo, avec des grands-parents entre gâtisme et méchanceté, un grand garçon mal dans sa peau post-pubère, une mère courage sans force et un père avec des rêves de grandeur petite-bourgeoise, rappelle ses devancières, celle par exemple d' "Affreux, sales et méchants".

Rit-on dans "Mon père va me tuer" ou grince-t-on des dents devant ces gens d'aujourd'hui toujours empêtrés dans la bêtise d'hier, n'ayant rien appris du passé et ne connaissant rien du présent ?

La mort d'une fillette convertie en Mercédès rutilente et épate-voisins, l'absence de destin d'un jeune homme transformée en noirceur perpétuelle, si "Mon père va me tuer" est une comédie, c'est une comédie bien plus noire que celle de l'âge d'or.

Toni Servillo et toute sa troupe sont des acteurs de grande qualité, mais ce sont des êtres singuliers, pas des types sociaux copiés sur l'Italien moyen.

Preuve que l'on n'est pas entre 1960 et 1980, la photo (tiens, tiens !) faite par le cinéaste lui-même (par ailleurs co-scénariste) n'a rien "d'italien".

Dans un sépia hyperréaliste, il transfigure cette histoire banalement pas banale. La référence qui vient immédiatement n'est pas transalpine. Cipri s'approche des ambiances si particulières du Suédois Roy Andersson. Comme lui, il est dans la transfiguration de la réalité plus que dans son imitation.

"Mon père va me tuer" de Daniele Cipri est un film qui n'est pas aimable, qui ne donne pas forcément envie d'être vu... Mais, franchement, il faut se forcer car Toni Servillo, comme tous les autres comédiens, rappelle que l'art de la comédie est née dans ce pays multiple qu'est l'Italie. Ils savent jouer le tragique comme le poétique.

S'ils ont la chance d'être dans les mains d'un cinéaste comme Daniele Cipri, sur lequel il faudra compter dorénavant, ils savent aller encore plus loin que ce tragique et ce poétique, vers un ailleurs où l'art transcende la vie.

"Mon père va me tuer" est un film qui remet sur les rails le cinéma italien. Rien que pour cela, il ne faut pas le rater.

 

Philippe Person         
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