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Théâtre Le Ranelagh  (Paris)  juin 2013

Spectacle conçu et mise en scène par Christophe Gauzeran, interprété par Philippe Kieffer et Christophe Gauzeran.

Avec son titre explicite, "Dali, conférences imaginaires", le spectacle imaginé et mis en scène par Christophe Gauzeran n'a pas besoin d'être raconté : on devine qu'il va y avoir un acteur jouant Dali et qu'il sera face à un intervieweur.

Et l'on devine bien : d'un côté de la scène, il y aura donc un bureau encombré d'ouvrages derrière lequel est assis le journaliste, de l'autre, il y aura un siège-trône qui va accueillir le génial séant du peintre espagnol et, au milieu de ce dispositif, une toile centrale sur laquelle défileront principalement des œuvres de Dali.

Mais ce qui va d'emblée surprendre dans "Dali, conférences imaginaires", c'est la personnalité même du peintre catalan. Philippe Kiefer, qui l'incarne, va, en effet, balayer par sa composition magistrale la vision caricaturale qu'on a du plus célèbre natif de Figueras.

En un instant, Philippe Kiefer se joue du danger de l'accent de Dali. Il réussit le tour de force de ne pas être dans l'imitation. On se souvient que le peintre faisait la joie des imitateurs et qu'il fut un des sujets préférés de Thierry Le Luron.

Kiefer a pris le parti pris d'être en deçà de la voix tonitruante et exagérément "rastaquouère"» de celui qui vantait les mérites du chocolat Lanvin les moustaches dressées. Il a cherché avant tout à trouver le rythme, la scansion de la voix de l'artiste.

Du coup, on comprend tout ce qu'il dit et - ô surprise - le discours de Dali n'apparaît plus comme une suite d'incohérences non-sensiques dignes des Marx Brothers. Non, les textes choisis par Christophe Gauzeran révèlent un Dali inattendu : bourré d'humour, subtil, intelligent... presque aussi génial que le personnage paranoïaque et surréaliste qu'il jouait pour les médias qui étaient encore à l'époque des mass médias...

On se délectera ainsi du récit qu'il fait du procès qu'André Breton lui fit en l'accusant d'hitlérisme, on regrettera de ne pas être venu avec un bloc-notes pour consigner tous les bons mots du peintre des montres molles.

Et puis, grâce à l'écran, on aura la preuve visuelle du grand talent de dessinateur de Dali, de sa grande connaissance de l'histoire de la peinture. Les cinéphiles y retrouveront même les tableaux animés imaginés par Dali pour plonger dans l'inconscient de Gregory Peck dans "La maison du Docteur Edwards", le film d'Alfred Hitchcock. On y découvrira aussi l'importance du rhinocéros chez Vermeer...

Au début de cette enchaînement de conférences, Christophe Gauzeran, qui joue l'intervieweur, paraît un peu gauche, un peu apeuré par le personnage qu'il lui fait face. Mais, le temps passant, il comprend comme le spectateur que Dali est tout le contraire d'un être incontrôlable, d'une diva infatuée d'elle-même.

Au contraire, à mesure que Dali vieillit, il gagne en humanité. On n'est pas devant un monstre d'égoïsme, mais devant l'amoureux fou de Gala, devant quelqu'un qui reconnaît - ô humilité suprême ! - que Picasso est aussi un génie qu'il admire.

"Dali, conférences imaginaires" évite les écueils qu'on craignait, celui de montrer un Dali excessif et vain, celui d'en faire un histrion vautré dans sa propre publicité.

Au bout du compte, c'est à une réhabilitation qu'on assiste. Grâce à Christophe Gauzeran, ce n'est plus le bruit du Dali avide de gloire et de dollars qui intéresse mais le silence, plus pudique que narcissique, de celui qui peignait ses fantasmes. Le temps du regard est revenu et c'est tant mieux.

 

Philippe Person         
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