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Interview  (Paris)  samedi 29 septembre 2013

A l'occasion de son passage à Paris, le groupe bordelais Docteur Culotte, composé de Sol Hess (Sol Hess & the Sympatik's) et de Jérôme d'Aviau, plus connu pour ses bandes dessinées (Le trop grand vide d'Alphonse Tabouret), est venu nous présenter son projet, ses chansons en session, prolongés par une interview.

Comment est né le projet Docteur Culotte ?

Sol Hess : L'année dernière, Jérôme et moi avons tous les deux été invités à un festival de BD à Québec. Comme nous avons tous les deux des connaissances à Québec, puisque nous y sommes tous les deux allés plusieurs fois, et que je connais ce que fait Jérôme comme musique, je lui ai proposé de faire des concerts pendant le festival.

Jérôme d'Aviau : En demandant à nos copains musiciens sur place de trouver des endroits où l'on puisse jouer.

Sol Hess : On est parti avec 4 chansons sous le bras, on a fait 3 concerts. C'était chouette alors on a décidé de continuer.

Pourquoi Docteur Culotte ?

Jérôme d'Aviau : J'ai toujours rêvé d'être médecin et Sol collectionne les culottes (rires).

Tu ne joues pas en blouse, par contre.

Jérôme d'Aviau : Non, mais j'y pense sérieusement parce que j'aime bien jouer nu. Cela peut choquer, nu sous sa blouse...

Sol Hess : Attention, ils vont tout mettre, il n'y aura pas de coupe !

Jérôme d'Aviau : J'espère bien ! (rires)

Sol, on sait que tu fais partie d'un groupe qui s'appelle Sol Hess & The Sympatik's. Et toi, Jérôme, de quel projet musical viens-tu ?

Jérôme d'Aviau : Quand Sol m'a proposé ça, je faisais partie depuis déjà 2-3 ans d'un projet qui essaie de se définir en tant que "électro-disco-punk", pour donner des étiquettes. Mais on est très très fier que tout le monde s'accorde à dire que c'est un truc que personne n'avait jamais trop entendu avant. C'est un mélange avec une base très techno, très dance floor, avec un guistariste-chanteur très inspiré garage, punk. Pour donner une idée, son idole complète est Lux Interior, son truc ce sont The Cramps à mort. Je suis un peu entre les deux, je suis aux machines, aux synthés et j'ajoute des petites mélodies, des petites choses pour lier le tout. On est arrivé à un cocktail dont on est assez fier et pour les gens qui ont pu nous écouter, c'est un truc très festif, cela marche plutôt bien.

Depuis, j'ai intégré une autre formation qui fait du cold rock, avec basse, guitare et boîte à rythme. Ils cherchaient un peu de clavier pour raffermir la touche cold wave 80's. C'est un groupe qui commence à bien tourner et c'est très agréable.

Comment s'appellent les groupes ?

Jérôme d'Aviau : Le premier projet electro-disco-punk s'appelle FuckOn. Fuck off signifie "va te faire foutre" et FuckOn, "viens te faire foutre avec nous". On est des garçons très sympa... Le deuxième projet, le projet cold wave, c'est LDLF. Tous les deux sont des projets bordelais.

Vous tournez ensemble depuis cette année.

Jérôme d'Aviau : Cela fait un peu plus d'un an.

Sol Hess : Oui, c'est ça. En dehors du Québec, c'est la première fois que l'on sort un peu de Bordeaux. C'est tout frais.

Vous allez enregistrer quelque chose ?

Sol Hess : On est en train d'enregistrer en ce moment et on compte sortir un vinyle cet hiver.

Jérôme d'Aviau : La mise en boîte est quasiment faite, ensuite c'est la préparation, le mixage, le mastering... On fait tout nous-mêmes sur du vieux matériel analogique, sur un 4 pistes à cassettes. On a essayé en digital et on n'était pas content du son. Un copain m'a prêté un 4 pistes à cassettes, on a essayé et on a immédiatement été conquis. On a bazardé ce que l'on avait enregistré et on a tout refait sur un 4 pistes à cassettes.

Du coup, c'est un peu compliqué parce que ce n'est pas du tout souple, il faut du temps. Par contre, le résultat est sans commune mesure avec le petit matériel que l'on a en digital.

Sur le disque, vous ne serez que tous les deux ?

Sol Hess : Non, il y aura des invités.

Jérôme d'Aviau : On y tenait, oui.

Sol Hess : Il y a un jeune garçon, Adrien Demont, qui joue de la trompette sur un morceau, la bassiste de LDLF - le groupe de cold wave dont Jérôme parlait - sur plusieurs morceaux. Une bassiste italienne magnifique...

Jérôme d'Aviau : En plus d'être magnifique, elle est excellente.

Sol Hess : Magnifique dans tous les sens du terme, bien sûr (rires).

Jérôme d'Aviau : Et un autre bassiste d'un quatrième projet à moi, avec qui je répète depuis deux ans. Pour l'instant, on n'a pas encore eu l'occasion de faire des lives.

Sol Hess : On a monté récemment une deuxième version de Docteur Culotte qui s'appelle Docteur Culotte & the everlasting love remedy. C'est une version plus rock, à quatre, avec justement la bassiste italienne en question, Mariele Baraziol et une batteuse qui s'appelle Carole Tweed Lady.

Jérôme d'Aviau : Une batteuse de garage qui est complètement tarée.

Sol Hess : C'est toi qui l'as dit, ça ! (rires)

Cela nous donne deux versions complètement différentes. On n'a joué qu'une seule fois cette version avec les filles : beaucoup plus rock, très dansant aussi du coup, très énergique.

Chaque morceau prend une ampleur différente avec les instruments supplémentaires. Du coup, vous les appréhendez aussi différemment au niveau des compositions ?

Sol Hess : Oui, cela ne donne quand même pas la même chose.

Jérôme d'Aviau : Oui, je ne fais plus du tout les parties de basse que je fais normalement au synthétiseur. Je rajoute juste une petite couleur, je n'utilise pas les mêmes sons, je récupère mes thèmes mais que j'utilise différemment.

C'est comme si c'était un groupe à géométrie variable.

Jérôme d'Aviau : On a monté un groupe de covers de notre groupe ! (rires)

Sol Hess : Professeur Bobette !

Jérôme d'Aviau : "Bobette" voulant dire "culotte" en québécois. (rires)

Il y a cette petite tournée à Paris, vous retournez à Bordeaux...

Jérôme d'Aviau : Malheureusement, on y retourne directement.

Sol Hess : On a fait une date sur la route, on a joué au Mans.

Vous prévoyez ensuite de refaire une tournée ?

Sol Hess : Oui, on va préparer ça !

Jérôme d'Aviau : Surtout si on a une sortie de vinyle.

Le vinyle sort cet hiver, en autoproduction ?

Sol Hess : Il va y avoir une co-production avec un label québécois qui s'appelle P572, avec le fameux Sam Murdock.

Combien de titres sur ce vinyle ?

Sol Hess : "Elizabeth Taylor", "Olga", "Theodore", "Skin", "Wooden gate", "On the road"... Sept ! On en a deux nouvelles mais on ne les enregistre pas.

Un mini album !

Sol Hess : L'idée au départ est de faire un 10 pouces.

Jérôme d'Aviau : On aime bien le format et on trouvait que cela marchait bien avec la formation : on n'est pas beaucoup, on fait des choses pas trop longues, on fait un petit set, donc on fait un mini disque !

Sol Hess : Au départ, on est parti à Québec avec 4 titres et on s'est dit : "Ah ! Vite, on va se faire un 45 tours !"

Jérôme d'Aviau : Bientôt on va finir par préparer un triple album et au final, jamais rien sortir... (rires) Ce qui me ferait triper, c'est tout l'album en 45 tours.

Comment se fait le travail de composition ? Est-ce collaboratif ?

Jérôme d'Aviau : Sol amène les textes et les structures et je lui propose un rythme, des arrangements de batterie, une basse, des mélodies, des thèmes pour construire des montées ou des ambiances à partir de son travail guitare-voix. C'est de la composition partagée sur base de ce que fait Sol.

J'ai surtout l'habitude d'ajouter des choses sur ce qui a déjà été fait, je ne suis pas encore à l'aise avec la composition from scratch.

Sol Hess : On n'a pas de règle sur la façon de fonctionner, cela s'est passé comme ça pour l'instant.

Est-ce qu'il pourrait y avoir une autre entité qui fait des remixes de vos compositions ?

Jérôme d'Aviau : Cela fait partie des projets que l'on a avec nos multiples groupes : associer deux groupes qui puissent faire soit des covers, soit des remixes.

Sol Hess : Effectivement, avec FuckOn, ils avaient le projet d'inviter quelques groupes dont Sol Hess & The Sympatik's à faire chacun une version d'une chanson.

Jérôme d'Aviau : Et nous, en retour, faire des covers ou des remixes pour mélanger. On est toute une bande de copains, cela nous fait plaisir de pouvoir jouer ensemble, reprendre des choses...

Avec une existence physique ?

Jérôme d'Aviau : Oui, le but est de faire des splits, en 45 tours ou en maxi. Le CD ne vaut plus rien, cela n'existe plus pour nous. Le plus intéressant maintenant, c'est balancer les MP3, à vendre ou pas sur internet, et faire des vinyles. Si tu veux vraiment participer à la survie du groupe, tu achètes un vinyle, de toute façon c'est à peu près le même prix qu'un CD, en tout cas pour nous.

Et une version live de ces groupes ?

Jérôme d'Aviau : Ah oui ! On a largement de quoi faire un auto-festival. Le problème pour une personne comme moi qui joue dans quatre groupes, cela fait des longues journées ! (rires) Le concert que l'on a fait de Docteur Culotte en version 4 personnes, j'ai joué les deux groupes d'affilée, 3h30 de concert...

Sol Hess : On jouait en after d'une grosse soirée, on jouait vers 1h du matin.

Jérôme d'Aviau : On a réussi à tenir les gens jusqu'à 4h. On était rincé mais c'était vraiment super.

Sol Hess : C'était pour un événement de BD qui a lieu tous les ans, Regard 9, organisé par une association qui s'appelle 9-33.

A propos, vous gravitez tous les deux autour de la BD ?

Ensemble : On s'est rencontré grâce à cela.

Je ne me fais pas trop de soucis pour tout ce qui est graphisme, visuel, etc.

Jérôme d'Aviau : En fait, on demande à la boutique de photocopies à côté de chez nous de faire des visuels et on utilise ça parce qu'ils sont au top. D'ailleurs, ils s'appellent Copy-Top. (rires)

Oui, c'est pour cela que les Sympatik's ont des superbes pochettes de disques. Pour mes autres groupes, c'est moi qui me coltinent toutes les affiches de concerts.

Et pour vous, ce sera toi qui feras la pochette ?

Jérôme d'Aviau : J'ai plutôt tendance à demander à d'autres de participer. J'aurai mon mot à dire évidemment comme membre du groupe, je n'ai pas envie de la faire moi-même. Peut-être fournir un dessin mais pas tout ce qui est graphisme, un peu par fainéantise et aussi parce que j'aime bien le travail de gens très talentueux que je connais.

Ce qui nous plaît, c'est le mélange : la musique, la bande dessinée, le théâtre, quelques enseignants, des danseurs, la pédopsychiatrie...

Sol Hess : Les médecins, les avocats, les juges d'instructions, les huissiers... Non ! (rires) Des poètes !

Jérôme d'Aviau : Non, moi je ne fréquente pas de poètes. (rires)

Sol Hess : Je ne les comprends pas quand ils parlent. (rires)

Jérôme d'Aviau : C'est un peu Sam Murdock qui m'a "appris" cela. Il est au milieu d'une espèce de tourbillon de gens qui sont dans la photo, la danse, les arts... C'est super motivant de voir comment lui arrive à fédérer et à orchestrer tout cela.

Avec le réseau que l'on a, on peut à peu près tout faire : de la composition, de la création graphique, de la photo, du montage, de l'enregistrement. On a les moyens d'être autonome pour bosser, sauf évidemment l'argent...

Sol Hess : Sinon on ferait rien ! On fait des choses pour oublier que l'on est pauvre (rires)

C'est joliment dit !

Jérôme d'Aviau : Ce n'est pas faux, quelque part.

Je continue avec l'histoire du réseau : mine de rien, on a aussi la structure de soutien à la création Eclats à Bordeaux. Dans cette structure, il y a des gens qui sont spécialisés dans la demande d'aides, de résidence. Ce sont des gens en tant qu'auteurs qui n'arrêtent pas de nous dire : "si vous avez besoin de monter un projet culturel, quel que soit le support, vous nous en parlez et on vous trouve les aides potentielles, on vous aide à monter les dossiers". C'est quand même inestimable.

Sol Hess : C'est bien, quand ils vont lire l'interview, ils vont être obligés de le faire car il y aura une preuve qu'ils l'ont dit ! (rires)

Jérôme d'Aviau : Ils auront surtout la preuve que moi, je l'ai dit ! S'il y a des gens là pour nous aider à trouver de l'argent, cela peut être une énorme épine à enlever du pied de nos projets.

Si toi, Sol, tu devais partir très loin et ne plus revoir Jérôme, quel disque de ta discothèque lui donnerais-tu pour que, quand il l'écoute, il se souvienne de toi ?

Jérôme d'Aviau : Moi je sais, on va voir si lui il sait.

Sol Hess : Jonathan Richman & the Modern Lovers.

Jérôme d'Aviau : Bravo ! A l'inverse, je lui passerai le maxi 45 tours Yeah de LCD Soundsytem. Tous mes copains qui entendent LCD Soundsystem pensent à moi, coupent le son et s'en vont en courant...

Et tu croies qu'il pensera à toi en l'écoutant ?

Jérôme d'Aviau : Juste la pochette suffira  ! (rires)

Sol Hess : J'aime bien LCD Soundsystem.

Jérôme d'Aviau : J'espère.

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Crédits photos : Olivier Olivar


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