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Interview  (Paris)  vendredi 13 juin 2014

Lucius, c’est une tornade pop rock colorée et menée tambour battant par Jessy et Holly, deux filles aux tempéraments bien trempés. Difficile de savoir qui est qui, puisque les deux artistes se griment volontairement de façon identique. Pas vache du tout, les deux filles ont choisi de se confier aux grenouilles. Rencontre.

Wildewoman est sorti en octobre dernier aux Etats-Unis et en avril en Europe. C’est un album à l’énergie monstre, qui fait la part belle à la culture pop, comme le sous-entend la pochette qui est une pièce d’Evelyne Axell. Du coup, que signifie le mot "pop" ?

Holly : Culture populaire ! (rire) Une musique dans laquelle tout le monde peut se reconnaître et qui a une mélodie et un refrain accrocheur !

Jessy : Plus généralement quelque chose de symbolique fort et qui accroche aux esprits et d’une certaine façon, quelque chose qui permet aux esprits de s’évader.

Donc il y a une relation entre l’image et la musique dans la culture pop ?

Jessy : Les sentiments.

Holly : La couverture de "Wildewoman" est une peinture qui dénonce l’objectification des femmes, avec un peu d’humour et ce message tout autant que sa forme avaient vraiment quelque chose de percutant, presque iconique. Quand on a rencontré le fils d’Evelyne Axell en Belgique, on nous a appris que ce fut l’une de ses premières œuvres et surtout qu’elle avait développé une iconographie évoluant presque toujours autour de deux figures féminines identiques ou symétrique.

C’est une super coïncidence ! On a presque l’impression que c’est l’image qui vous a choisi et pas l’inverse.

Jessy : Carrément ! Cela devait se passer comme cela.

Et vous avez l’impression que Wildewoman peut s’inscrire dans l’historique de la lutte pour le droit des femmes ?

Holly : Oui ! Même si un mot comme "féminisme" ne recouvre pas forcément la même définition pour tout le monde.

Jessy : Je pense que le terme "féminisme" à une connotation assez négative, comme s’il sous-entendait…

Holly : ... qu’il faut à tout prix détester les hommes.

La définition a un peu changé avec le dernier album de Beyoncé, non ?

Jessy : (rire)

Holly : (rire) Plus sérieusement, même en politique, il y a un sous-entendu négatif, mais je pense que chaque femme, fière d’être ce qu’elle est, est en soi une féministe. Ou tout du moins devrait se voir ainsi et combattre pour le droit des femmes.

Jessy : Et je ne pense pas que l’on doit pour autant réfuter tout ce qu’un homme peut offrir ou apporter. Les deux sexes se doivent juste de collaborer et les femmes doivent être plus largement reconnues pour leur travail.

Ou pour leur rôle historique.

Les deux : Oui !

Holly : C’est toujours un peu frustrant d’entendre des mots comme "vous êtes le meilleur groupe de rock féminin" !

Et ne pas entendre juste "meilleur groupe de rock". Justement, beaucoup de personnes parlent de Lucius comme un "Girl band" mais il y a aussi trois garçons dans le groupe…

Jessy : Quand on nous catégorise sous les labels "Girl Band" ou "Girl Group", les gens sous-entendent en premier lieu les groupes des années 60. Si on est clairement influencé par cet esprit, on ne se considère pas du tout comme un groupe de cette mouture.

Vous allez donc pas vous mettre à hurler "girl power" sur scène !

(rire)

Jessy : On écrit les chansons, mais tout le monde a voix au chapitre.

Holly : Nous ne sommes clairement pas des marionnettes !

Et du coup à vous 5, comment se passe l’écriture ?

Jessy : On a enregistré "Wildewoman" avec le groupe, mais Holly et moi écrivons ensemble depuis des années. En revanche, tout le monde dans le groupe est capable d’écrire des paroles et tout le monde apporte un peu de soi au studio.

"Wildewoman" est coloré, joyeux, mais vous réussissez aussi à y instiller une certaine nostalgie, comme sur des titres comme "Monsters" ou "How Loud Your Heart Gets", d’où vient cette sensation ?

Holly : Toutes nos chansons viennent de loin, certaines viennent d’endroit très sombre. Ce sont des apparences qui apparaissent alors qu’on travaille un titre.

Jessy : Il y a aussi une idée qui lie chaque chanson les unes aux autres et c’est l’idée de grandir et de mûrir. A la base, Wildewoman le mot, vient de la mère de Holly qui l’a surnommé Wildegirl, comme si elle était une sorte de bête sauvage. Et j’ai eu une enfance un peu identique, j’ai passé beaucoup de temps seule avec mon imagination. Ecrire nous a permis de statufier sur ce que nous avons été, ce que nous sommes maintenant, comme nous avons grandi et comme nous apprécions les difficultés que nous avions traversées.

Donc Holly, ta mère t’appelait Wildegirl, tu as grandi dans des contrées sauvages ?

(rire)

Jessy : Presque, dans le Midwest ! J’ai grandi en Californie. Je passais mon temps dans les collines avec un ami à faire du rodéo ou de la luge sur des poubelles ! Je ne faisais pas vraiment partie d’une communauté, j’avais un noyau très restreint avant de rencontré Holly.

C’est facile d’écrire et de travailler avec quelqu’un qui est aussi sa meilleure amie ? Il n’y a pas des interférences de temps en temps ?

Holly : Non c’est plutôt une amélioration. Lorsqu’on est ensemble, écrire devient amusant, on a l’impression de discuter. Et cela a parfois même des effets thérapeutiques vu que l’on échange sur nos sentiments. Sans compter que l’on avance main dans la main et que l’une réussit à combler les trous de l’autre.

Jessy : Je me souviens avoir traversé des moments difficiles et avoir été incapable de mettre des mots sur mes sentiments avant que Holly ne le fasse pour moi. C’est une collaboration très saine.

Holly : Au début, nous étions juste des connaissances éloignées, puis l’on a commencé à écrire ensemble, ce qui nous a conduit à devenir de bons amies avant de devenir de bonnes plumes.

Vous aviez des points communs en musique quand vous vous êtes rencontrées ?

Jessy : On s’est vite entendu parce que nous avions en commun un goût pour la musique vieillotte.

Holly : Oui, maintenant quand on est en tournée, on écoute énormément de musique, en ce moment on aime beaucoup le dernier album de Tune Yards.

Jessy : On a étudié les instruments africains et elle en utilise beaucoup, du coup on accroche bien à son album !

Holly : Et sa voix est superbe, elle a une façon unique d’utiliser les mélodies et les syllabes. Nous aimons bien aussi "The Head and The Heart", on a fait une tournée avec eux aux Etats-Unis, ils sont super !

Jessy : Sharon Van Etten, Angel Olsen !

Pour finir, vous êtes super douées ou vous réfléchissez énormément à l’équilibre que vous atteignez entre poésie et humour ?

Les deux : On est super douées ! (rire)

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Wildewoman de Lucius
Lucius en concert au Festival Rock en Seine 2014 (samedi 23 août 2014)

En savoir plus :
Le site officiel de Lucius
Le Soundcloud de Lucius
Le Myspace de Lucius
Le Facebook de Lucius

Crédits photos : Thomy Keat (retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


Stéphane El Menshawi         
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# 12 juillet 2020 : Un air d'été

On entre dans la saison des vacances, pour vous comme pour nos chroniqueurs. Vous nous retrouverez tout l'été quand même avec des éditions web plus légères et toujours notre Froggy's TV bien sûr avec La Mare Aux Grenouilles et plein d'autres émissions. c'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

La Mare Aux Grenouilles #6, sommaire et replay
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.

Au théâtre :

en salle :
"Littoral" au Théâtre de la Colline
"Karine Dubernet - Souris pas" au Point Virgule
et dans un fauteuil de salon :
des créations :
"Yvonne princesse de Bourgogne" par Jacques Vincey
"Lucrèce Borgia" par Lucie Berelowitsch
"La Dernière neige" de et par Didider Bezace
"Pinocchio" de Joël Pommerat
"Soulever la politique" de Denis Guénoun
"Je marche dans la nuit par un chemin mauvais" de et par Ahmed Madani
Au théâtre ce soir :
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"Le Tombeur" de Robert Lamoureux
"Une cloche en or" de Sim
du boulevard :
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Face à face" de Francis Joffo
du côté des humoristes :
"Bernard Mabille sur mesure"
"Christophe Alévêque est est Super Rebelle... et candidat libre !"
et finir l'Opéra :
avec du lyrique :
"Le Balcon" de Peter Eotvos par Damien Bigourdan
"Orlando furioso" de Antonio Vivaldi par Diego Fasolis
"La Flûte enchantée" de Mozart par Romeo Castellucci
et du ballet avec deux créations étonnantes : "Raymonda" de Marius Petipa et "Allegria" de Kader Atto

Expositions :

les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma at home avec :
le cinéma contemporain
"A woman at war " de Benedikt Erlingsson
"Lulu" de Uwe Janson 
"L'Apotre" de Cheyenne Carron
"La tendresse" de Marion Hänsel
"Crawl" de Herve Lasgouttes
"Nesma" de Homeïda Behi
le cinéma culte des années 1920 :
"Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein
"Nosferatu le vampire" de Friedrich Wilhelm Murnau
"Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene
"Les Deux Orphelines" de D.W. Griffith
et l'entre deux avec les années 1970 :
"Mado"de Claude Sautet
"La Traque" de Serge Leroy
"La femme du dimanche" de Luigi Comencini
et retour au 2ème millénaire avec de l'action :
"Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie" de Jan De Bont
"Blade Trinty" de David S. Goyer
avant de conclure en romance avec : "Un havre de paix  de Lasse Hallström

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