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puce La Mission
Théâtre de la Colline  (Paris)  novembre 2014

Partition de Heiner Muller, mise en scène de Michael Thalheimer, avec Charlie Nelson, Claude Duparfait, Noémie Develay-Ressiguier, Stefan Konarske et Jean-Baptiste Anoumon.

A proprement parler, "La Mission" n'est pas une pièce de théâtre mais un texte compact d'Heiner Muller, entrecoupé de grandes tirades solennelles des trois personnages centraux, avec parfois quelques dialogues quand deux d'entre eux, par exemple, "singent" Robespierre et Danton.

Heiner Muller, de plus, s'appuie fortement sur la nouvelle d'Anna Seghers, "La lumière sur le gibet", ce qui signifie que "La Mission", texte écrit en 1981, appartient idéologiquement à un temps - maintenant lointain - où la Révolution française avait un sens... révolutionnaire, où un camp progressiste s'opposait à un camp réactionnaire ouvertement contre-révolutionnaire.

Les trois membres de la Convention qui sont envoyés en Jamaïque pour pousser les esclaves à la révolte se retrouvent soudain confrontés au retournement de l'Histoire avec la contre-révolution napoléonienne, et sa première conséquence pour les Colonies : le retour au régime d'avant 1789, c'est-à-dire, le rétablissement de la traite des Noirs et de l'esclavage.

À l'heure où le libéralisme a pénétré les têtes avec comme idéologie principale la confusion des idées, adapter le texte d'Heiner Muller et surtout en garder le sens initial est une gageure.

Michaël Thalheimer s'est donc réfugié dans une machinerie néo-expressionnisme où domine le noir, le gris avec parfois quelques coulées de rouge sang, sans oublier le blanc lumineux de "l'ange du désespoir". Il s'agit bien d'un combat, mais d'un combat plus moral que politique, d'un combat entre le bien et le mal.

Dans une mise en scène qui tient plus de l'opéra que du théâtre, Michaël Thalheimer amplifie la contradiction entre l'universalisme "français" du sujet et l'expressionnisme "allemand" de son traitement.

Derrière les personnages qui dissertent de la Révolution et de sa dilution, il y a une espèce de roue qui pourrait provenir de "Métropolis", dont l'essentiel est sous la scène et dont on ne distingue que des "marteaux" qui apparaissent d'un côté de la scène et disparaissent lentement de l'autre, symbolisant le retour inexorable des temps anciens...

Ce dispositif sera un instant anéanti par l'irruption d'un homme en costume moderne qui se servira de cette roue comme monte-charge : c'est l'épisode "obscur" de "l'homme dans l'ascenseur" annonçant peut-être qu'aux temps de l'oppression succèderont des temps d'une infinie solitude.

En conservant la langue allemande pour ce récit, Michaël Thalheimer en fait une interprétation assez osée puisqu'il pousse son acteur dans une tirade "hitlérienne" plus dans l'éructation que dans la désolation.

Dès lors, on peut légitimement se perdre en conjectures sur le sens à donner au texte très didactique de Heiner Muller, surtout quand il se pare de symboles, comme celui d'un ange très "Ailes du Désir" de Wim Wenders...

D'une beauté formelle indéniable, joué par des acteurs aussi habités que concernés, "La Mission" laisse cependant dubitatif. De Müller et de son texte qui traitait de la tristesse de voir toujours trahie la révolution, il ne reste qu'un beau chant poétique, loin de toute prophétie politique, un constat qui est lui aussi une forme de trahison.

 

Philippe Person         
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