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Théâtre de l'Union  (Limoges)  décembre 2014

Comédie dramatique de Anton Tchekhov, mise en scène de Pierre Pradinas, avec Scali Delpeyrat, Romane Bohringer, Matthieu Rozé, Thierry Gimenez, Aliénor Marcadé-Séchan, Martine Irzenski, Jeanne Ferron, Gabor Rassov et Vladimir Barbera.

C'est sur la pointe des pieds que l'on quitte cet "Oncle Vania" concocté par Pierre Pradinas. Avec en soi un petit pincement au cœur en laissant à leur vie simple, morne, répétitive, les personnages d'Anton Tchekhov que l'on vient de suivre dans ce moment de vérité où les choses prennent clairement leurs formes définitives.

Pierre Pradinas a fait le choix du beau classicisme, celui de l'épure où c'est le texte qui dicte la mise en scène. Pour ne pas être tenté par une modernité impliquant l'inévitable relecture, il a pris un autre parti pris : en revenir à la traduction d'Elsa Triolet, plus littéraire que celle d'André Markowicz et de Françoise Morvan pour qui la phrase de Tchekhov doit être restituée dans sa banalité première.

Mais ici, il ne s'agit pas de pousser la langue vers l'emphase, plutôt d'en dégager la légèreté, la révéler dans sa drôlerie contenue.

Chacun des personnages ne parle pas pour ajouter du pesant à un climat lourd. Au contraire, chacun joue sa partition sans exagération, simplement déterminé par la conscience que les temps heureux, ceux de la jeunesse et des ambitions, sont franchement révolus.

Tour à tour, chacun s'expose sans avoir besoin d'exploser. Bien dessinés, tous les caractères s'interpénètrent sans heurts. Dans cette pièce "chorale", il n'y a ni bons ni méchants.

Marqué par le cinéma, Pierre Pradinas n'oublie pas la fameuse phrase de Jean Renoir : "Chacun a ses raisons" et on pourrait presque ajouter qu'aucun n'a plus de raison que les autres.

Pour parvenir à ce résultat, il fallait un oncle Vania ni gris ni ombrageux. Scali Delpeyrat, imberbe et souriant, évite d'en faire déjà un vieillard. Au contraire, c'est un enfant de quarante-sept ans qui n'a pas vécu et qui va, dans cette version très rythmée, vite comprendre qu'il ne vivra jamais.

Au fond, "Oncle Vania" c'est autant un adieu à l'enfance qu'un adieu aux espérances. Les liens tissés entre les uns et les autres vont se délier, les faux-semblants devenir de cruelles vérités.

Dans cette valse aux adieux élégante, l'émotion est dans chaque mouvement mais n'a pas pour vocation le drame et la tristesse. Pierre Pradinas confie qu'il avait en tête "La Splendeur des Amberson" quand il a élaboré son "Oncle Vania".

En effet, le film d'Orson Welles a des correspondances avec la pièce de Tchekhov. Là encore, c'est le retour d'un personnage qui fait émerger la triste vérité : la splendeur des Amberson n'est plus qu'un leurre, une façade brillante cachant l'usure et les blessures du temps.

Mais les revers et la chute d'une empire n'empêchent pas qu'il y a eu une splendeur et qu'il y a une vie après cette splendeur. Associer Welles à Tchekhov plutôt que sempiternellement à Shakespeare est une splendide idée et une raison de plus de découvrir cet "Oncle Vania" sobre et lumineux, aussi parfait pour découvrir Tchekhov que pour l'approfondir.

 

Philippe Person         
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