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puce Les Palmiers sauvages
Ateliers Berthier  (Paris)  juin 2016

Comédie dramatique d’après le roman éponyme de William Faulkner, mise en scène de Séverine Chavrier, avec Séverine Chavrier, Laurent Papot et Déborah Rouach.

Après avoir monté la pièce de "Déjeuner chez Wittgenstein" de Thomas Bernhard, qu'elle avait rebaptisée "Nous sommes repus mais pas repentis", Séverine Chavrier s'attaque au roman de William Faulkner, "Les Palmiers sauvages". Plus précisément à l'une des deux nouvelles qui constitue l'ouvrage, que l'auteur de "Sanctuaire" préférait que l'on intitule "Si je t'oublie Jérusalem".

Cette histoire d'un couple frappé par un coup de foudre et abandonnant tout pour le vivre est une errance sans avenir que Séverine Chavrier conçoit paradoxalement comme un huis clos en un seul décor saturé de matelas et d'éléments déglingués.

Les deux acteurs jouent avec des micros, mais dans une pénombre quasi permanente avec en fond de scène un écran vidéo, tout cela donnant la curieuse impression d'entendre des voix off désynchronisés des paroles qu'ils prononcent.

Cette histoire d'amour torride et désespérée sera traitée crûment avec des figures de style désormais courantes dans le théâtre contemporain. Ainsi Harry (Laurent Papot) et Charlotte (Débora Rouach) mimeront sur des lits qui leur serviront aussi de trampoline quelques explicites positions sexuelles. Pareillement, Harry n'hésitera pas à montrer son appareil génital et Charlotte ses fesses et ses seins.

Structurée en temps musicaux (agitato, allegro...), ponctuée à l'instar des films tardifs de Godard de titres sur l'écran vidéo, comme "Travailler à aimer", cette adaptation de Faulkner ne revendique aucun héritage américain, aucune allusion à son contexte d'origine, hormis la citation des lieux où l'action se passe (Chicago, Wisconsin, Nouvelle Orléans...).

Dans ce travail où Séverine Chavrier utilise toute la gamme des procédés chers au théâtre moderne, tel le filmage vidéo en "direct live" des personnages en train de jouer, on a parfois l'impression d'être dans un univers où le contexte parle plus que le texte. Ici des boîtes de conserve peuvent tomber d'une étagère ou de la fumée envahir la scène, un souffle d'air sortir d'un ventilateur.

Dans cette atmosphère où s'additionnent l'étrange et le saugrenu, Séverine Chavrier s'attache à décrire les parades amoureuses d'Harry et de Charlotte, puis peu à peu le délitement de leur amour sous la pression de la nécessité.

Si le cœur de l'intrigue de Faulkner est respecté, on pourra cependant se demander si l'écrivain qu'elle vise n'est pas plutôt Philipe Djian et si ces "Palmiers sauvages" n'ont pas un goût prononcé de "37,2 le matin".

Les amateurs d'histoires d'amour qui finissent mal en général ne lui en voudront pas, à partir du moment où ils accepteront qu'elle se soit autorisée à transformer en roman photo postmoderne une œuvre savamment élaborée par l'un des plus grands romanciers de tous les temps.

 

Philippe Person         
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