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puce Un amour impossible
Ateliers Berthier  (Paris)  février 2017

Comédie dramatique de Christine Angot, mise en scène Célie Pauthe, avec Maria de Medeiros et Bulle Ogier.

Et si l'univers de Christine Angot était fait pour le théâtre ? Loin de toutes les polémiques, de toutes les impudeurs, "Un amour impossible" s'impose très vite avec l'évidence des grandes œuvres qui cueillent le spectateur sans avoir besoin d'effets ni de trucs.

Tout commence sur une grande scène vide, noire mais baignée dans une juste lumière qui crée un climat feutré, propice aux confidences.

Vont jaillir, chacune de leur côté, Christine et sa mère, Rachel. Toutes les deux en pantalon et en veste. Toutes les deux simplement mais élégamment vêtues. Le rouge du chemisier de Christine contraste avec son ensemble noir, ses cheveux noirs. Elle est à la fois petite et grande fille, selon sa voix, selon la précipitation de son corps. Face à elle, sa mère. Blonde, habillée dans des couleurs moins sombres ou moins vives.

Il y aura quelques explosions, quelques mots plus haut que l'autre, mais, dans l'ensemble, ce n'est pas un affrontement qui est décrit ici. Au contraire. Avec délicatesse, une assurance certaine, c'est le drame intime qui se dit, qui, peu à peu, s'expose et s'apaise.

Tout dans la mise en scène de Célie Pauthe a pris le parti de la compréhension. Comment peut-on vivre après l'inceste ? Pourquoi la mère n'a pendant si longtemps pas su ? Pourquoi s'est-elle murée dans le silence quand elle a enfin su ?

C'est une longue recherche qui fait, finalement, enfin se rencontrer une mère et une fille, toutes les deux victimes d'un homme qui n'est qu'un reflet social, qui n'a agit qu'en agent sociologique, qu'en représentant d'une classe dominante pour assurer sa domination sur deux femmes qui pouvaient la nier.

Tout dans "Un amour impossible" est au service de la lumière contre l'ombre, du plein qui chasse le vide, de l'amour contre la barbarie.

Célie Pauthe a trouvé la manière d'habiter le récit de Christine Angot. Le style dépouillé de celle-ci se retrouve dans la scénographie de Guillaume Delaveau, d'une très grande élégance.

Reconstitution d'un intérieur des années soixante dix avec seulement quelques éléments posés progressivement, évocation d'un grand hôtel avec des fauteuils blancs et des tables noirs, c'est dans un décor à la fois affirmé et elliptique que les deux femmes échangent, passent de l'incompréhension, de la sidération à la complicité dans les lumières subtiles de Sébastien Michaud.

Le couple Maria de Medeiros - Bulle Ogier fonctionne parfaitement. On pense parfois à "Sonate d'automne" d'Ingmar Bergman, mais dans "Un amour impossible", la mère n'est pas un "monstre sacré" qui a mangé sa fille. C'est une équation où tous les facteurs aboutissent à une égalité, à une émotion partagée, démontrée.

Célie Pauthe utilise quelques vidéos des visages en gros plan des deux femmes où elles paraissent plus assurées, plus pénétrées de vérité et de certitudes que pendant leurs échanges "en direct".

Cette distanciation, où l'on se rappelle un instant qu'on est en présence de deux grandes comédiennes qui savent aussi occuper tout l'espace d'un écran, ne nuit pas. Au contraire, elle conforte l'idée d'un spectacle total, où Maria et Bulle sont autant présentes que Christine et Rachel. On ne peut s'empêcher de penser à l'écho que doit avoir chez Bulle Ogier ce dialogue d'une mère avec sa fille.

Mais là encore, nulle impudeur, nulle faute de goût. Christine Angot a adapté son roman pour la scène avec une belle retenue sereine. Avec quelques réminiscences durassiennes, "Un amour impossible" est un moment théâtral totalement accompli, totalement convaincant.

 

Philippe Person         
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# 16 février 2020 : Pour les amoureux de culture

La Saint Valentin est passée. Nous espérons que vous avez pioché des idées de cadeaux culturels dans notre sélection de la semaine dernière. Ceci dit il n'y a jamais assez d'occasions de faire plaisir, alors voici une nouvelle sélection qui saura vous séduire. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne
et toujours :
"I become a beast" de Caesaria
"Hopetown" de Claudial Solal et Benoit Delbecq
"L'îlot" de Cyril Adda, à retrouver aussi en session
"Granados Goyescas" de Jean Philippe Colard
"On both sides of the atlantic" de Jon Bouteiller
"Lovers" de Kid Francescoli
"Ooh Hah" le mix numéro 10 de Listen in Bed
"Show no mercy" de Loki Lonestar
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Simido" de Moonlight Benjamin

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"La Collection" au Théâtre L'Etoile du Nord
"Correspondance avec la mouette" au Théâtre Les Déchargeurs
"Ni couronne ni plaque" au Théâtre de Belleville
"Dans les forêts de Sibérie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Hedda" au Théâtre de Belleville
"Roi du silence" au Théâtre Les Déchargeurs
"Aime-moi" au Théâtre de Belleville
"Mon Olympe" au Théâtre de Belleville
"Ciel, mon Paris !" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Les Faucheuses" à la Comédie Nation
"Le petit résistant illustré" au Théâtre Essaion
des reprises :
"Huis Clos" au Théâtre Dejazet
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"What is love" à la Divine Comédie
"Ah ! Félix (n'est pas le bon titre)" au Trois Baudets
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Picasso - Tableaux magiques" au Musée national Picasso
"Luca Giordano - Le triomphe de la peinture napolitaine" au Petit Palais
"Le Rêveur de la forêt" au Musée Zadline
"Du Douanier Rousseau à Séraphine - Les grands maîtres naïfs" au Musée Maillol
"Le Marché de Art sous l'Occupation 1940-1944" au Mémorial de la Shoah

Cinéma avec :

"Sortilège" de Ala Eddine Slim
Oldies but Goodies avec "Les Vertes Années" de Paulo Rocha
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox
et toujours :
"Alt life" de Joseph Falzon & Thomas Cadène
"Ce qui est nommé reste en vie" de Claire Fercak
"Dévorer les ténèbres" de Richard Lloyd Parry
"Il est juste que les forts soient frappés" de Thibault Bérard
"L'homme qui n'est jamais mort" de Olivier Margot
"La chute" de Jacques Ravenne
"Le livre de Sarah" de Scoot McClanahan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

Les 4 derniers journaux
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