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puce L'Evénement
Théâtre Antoine  (Paris)  mars 2018

Monologue dramatique conçu et interprété par Françoise Gillard d'après le récit éponyme de Annie Ernaux.

Publié en 2000, "L'Événement" est désormais considéré comme l'un des textes les plus forts d'Annie Ernaux. Une fois encore, son écriture simple, "blanche", directe, sans afféteries même dans sa froideur et sa simplicité, fait mouche.

Aux portes de la soixantaine, la romancière produit un récit quasi clinique sur un des moments les plus importants de sa vie : son avortement alors qu'elle était étudiante. On le sait depuis "La Place" ou "La Honte", Annie Ernaux est la première d'une famille ouvrière, dont le père s'est "élevé" en devenant un tout petit commerçant, à franchir la barrière d'airain, celle de la culture, celle qui lui donne la clé - une clé douloureuse, elle ne cesse de le clamer - pour entrer dans une autre classe sociale, celle qui sait, celle qui dirige.

Mais, alors que tout semble la conduire à des études brillantes, elle tombe enceinte d'un étudiant bordelais en sciences politiques... Ne pouvant ni ne voulant garder l'enfant, elle est renvoyée pour s'en séparer dans le monde d'avant. Elle, l'étudiante, va avorter clandestinement dans des conditions sordides, comme une fille de son âge qui travaille en usine.

Il faut se rappeler qu'à l'époque, avorter était encore un crime et que si l'on n'avait pas les moyens d'aller avorter dans des pays voisins plus tolérants, on était condamné à faire appel à une "faiseuse d'anges". Annie Ernaux décrit tout cela avec une précision sans effets qui glacera mais qui est tempéré par une capacité étonnante d'auto-analyse.

Assise sur une chaise disposée à l'envers, le buste appuyé contre son dossier, Françoise Gillard fait mieux qu'une lecture de ce chef-d'oeuvre. Elle l’interprète sans notes, d'une voix de presque petite fille qui murît peu à peu au gré du déroulement inexorable de cet "Événement" douloureux.

Elle sait faire passer l'émotion qu'Annie n'étale jamais dans son récit, se permettant seulement d'employer les mots qu'il faut employer, de ne jamais se complaire dans l'euphémisme et le non-dit.

Quand aura eu lieu "l'expulsion" dans une scène qui ne laisse pas indifférent, Françoise Gillard se contentera d'ôter le dossier de sa chaise et de se lever. Dans cet épure de mise en scène conçue avec la collaboration de Denis Podalydès, dont on entendra à un moment la voix chaude, les étapes - on pourrait presque écrire les "stations" - de ce parcours tristement "initiatique", tout se joue pour le destin de la jeune Annie en enlevant et en remettant son pull en mohair vert.

Dès son entrée, Françoise Gillard captive son auditoire. En quelques répliques, même si on ne l'avait jamais vue sur scène, on sera persuadé que la jeune sociétaire de la Comédie française va vite devenir une actrice majeure. Sa fragilité supposée cache quelqu'un de très déterminée qui, en outre, trouve le ton juste pour que sa version transcende un texte déjà admirable en soi.

C'est là la grâce d'une grande interprète comme Françoise Gillard : trouver le moyen d'aller encore plus loin avec un texte dont n'importe quel comédien talentueux pourrait s'emparer avec succès. Ce qu'elle apporte à la prose d'Annie Ernaux est sans prix. Elle la rend tout bonnement évidente.

 

Philippe Person         
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# 10 janvier 2021 : En route pour l'aventure

On ne sait pas encore ce qui nous attend en 2021, espérons pouvoir enfin retourner voir des spectacles bientôt, en attendant on va essayer d'organiser de nouveaux des concerts en live sur notre chaine Twitch. On vous en parle bientôt. D'ici là, voici la sélection de la semaine.

Commençons par le sommaire et le replay de la Mare Aux Grenouilles #18

Du côté de la musique :

"Vivaldi, Le quattro stagioni" de Alexandra Conunova
"Contrastes" de Duo W
"Beethoven, si tu nous entends" de La Symphonie de Poche & Nicolas Simon
"Ras la trompe" de Lila Tamazit Trio
"La sélection de Julien Bousquet" émission #6 de Listen In Bed
"Fleurs" de Mélody Louledjian & Antoine Palloc
"Monks of nothingness" de Olivier Lasiney & Yantras
"In paradisum" de Schola Cantorum of the Cardinal Vaughan Memorial School
et toujours :
"Le cas très inquiétant de ton cri" de MelmACHello
"Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques" de Nicolas Jules
"L'allégresse" de DaYTona, la 200ème chronique de CycoLys
"Across the universe" Saison 2, Mix 7, encore un beau mix de Listen In Bed
"Hiver(s)" de Matthias Billard

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Le dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"Ali Baba" de Macha Makeieff
"Mon père avait raison" de Sacha Guitry
"Adieu Monsieur Haffmann" de Jean-Pierre Daguerre
"Le canard à l'orange" de Marc-Gilbert Sauvajon
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Madame Arthur ose Bashung"

Expositions :

en virtuel :
"Picasso et la bande dessinée" au Musée Picasso
"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris
"Soulages" à l'Espace Lympia
"Christian Dior, couturier du rêve" au Musée des Arts Décoratifs
"Bacon en toutes lettres" au Centre Pompidou
"Turner, peintures et aquarelles - Collections de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Delacroix" au Musée du Louvre
"Berthe Morisot" au Musée d'Orsay

Cinéma :

at home :
"Dim Sum Funeral" de Anna Chi
"Son of Sofia" d'Elina Psykou
"Fin du monde" de Carolina Hellsgård
"Brooklyn" de Pascal Tessaud
"Hôtel Fantôme" de Daniel Kehlmann
"Motherland" de Tomas Vengris
"La classe volante" de Kurt Hoffmann
et un regard vers le cinéma hollywoodien avec :
"Le plus grand cirque du monde" de Henry Hathaway
"Une étoile est née" de William Wellman
"La Taverne de la Jamaïque" d'Alfred Hitchcock
"Top Secret" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Inside story" de Martin Amis
"Là où nous dansions" de Judith Perrignon
"Le bonheur est au fond du couloir à gauche" de J.M. Erre
"Les douze morts de Napoléon" de David Chanteranne
"Tiger" de Eric Richer
"Un papillon, un scarabée, une rose" de Aimee Bender
et toujours :
"59 rue des Archives" de Bruno Guermonprez, David Koperhant & Rebecca Zissmann
"Oeuvres complètes III" de Roberto Bolano
"Vox populi" de Thomas Harnois

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

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