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Annarita Zambrano  mars 2018

Réalisé par Annarita Zambrano. France/Italie. Drame. 1h32 (Sortie le 21 mars 2018). Avec Giuseppe Battiston, Charlotte Cétaire, Barbora Bobulova, Fabrizio Ferracane, Elisabetta Piccolomini, Marilyne Canto et Jean-Marc Barr.

"Après la guerre" d'Annarita Zambrano est sans doute le premier film italien consacré aux ex-activistes d'ultra-gauche des dites "années de plomb", qui, à la fin de leur lutte armée contre la démocratie chrétienne de l'ère Andreotti, s'étaient réfugiés en France dans les années 1980.

Bénéficiant de la "jurisprudence Mitterrand" stipulant qu'ils ne devaient pas avoir commis des crimes de sang, ils n'étaient pas été extradés vers leur pays d'origine. Mais, dans les années 2000, la doctrine Mitterrand est mise à mal par le duo Chirac-Sarkozy et Marco, un intellectuel italien réfugié en France, voit revenir le risque d'être reconduit en Italie et d'être emprisonné sans nouveau jugement.

Annarita Zambrano s'est peut-être inspirée de l'histoire de Cesare Battisti pour construire cette histoire en forme de tragédie grecque. Car Marco, veuf, s'occupe de sa fille unique, Viola, et devant du jour au lendemain quitter la vie qu'il menait depuis qu'il s'était réfugié en France, la contraint à le suivre dans sa fuite désormais éperdue.

"Après la guerre" d'Annarita Zambrano raconte une page occultée de l'Histoire contemporaine italienne. Se déroulant parallèlement en France et dans la famille italienne de Marco, de nouveau sur le grill à la suite d'un attentat qui a lieu à Bologne, le film démontre que les Italiens ont non seulement zappé cette période noire de leur histoire, mais l'ont réécrite à leur façon.

Ainsi ne reste en mémoire que le terrorisme d'origine d'extrême-gauche, et il n'est pas mis en perspective avec les attentats très sanglants des néo-fascistes.

Pour son premier long-métrage, Annarita Zambrano réussit particulièrement à bien caractériser ses personnages, qu'il s'agisse de la famille italienne de Marco, et surtout du portrait de cet homme corpulent, pataud qu'on imagine mal en ancien brigadiste, et de celui de sa fille, partagée entre ses sentiments pour lui et sa colère de devoir changer sa vie pour le suivre dans une aventure qui ne la concerne pas. La jeune Charlotte Cétaire est de bout en bout convaincante, à l'image de Giuseppe Battiston, rattrapé par son passé.

Sans doute "Après la guerre" d'Annarita Zambrano nécessitera quelques explications liminaires pour les jeunes générations qui n'ont pas eu vent qu'avant la fin du bloc communiste et l'ère Berlusconi, l'Italie a connu une période de turbulences, étant le maillon faible du système occidental et l'enjeu de manœuvres bien compliquées qui prenaient des formes violentes pas toujours très claires.

Si l'on ne s'en tient qu'à l'histoire racontée, elle peut se suivre sans vraiment se préoccuper du contexte et être vue du point de vue "innocent" de Viola, la joueuse de handball battante, qui va voir sa vie bouleversée pour des raisons occultes indépendantes de sa volonté.

Le titre du film est bien choisi et l'on comprend pourquoi tant de gens aujourd'hui encore sont les victimes collatérales de guerres pourtant objectivement lointaines. Car cet après-guerre n'est pas simplement celui de la guérilla des "années de plomb" mais celui de la seconde guerre mondiale.

"Après la guerre" d'Annarita Zambrano rappelle aux Italiens qu'il leur faut se confronter avec leur Histoire, qu'ils ne doivent pas se laisser endormir par les discours formatés de ceux qui ont envie de leur faire croire que tout cela n'a plus d'importance...

La fin portée par Charlotte Cétaire sonne comme un message porteur d'avenir. Elle, elle n'oubliera pas...

 

Philippe Person         
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