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Headgearalienpoo  (Ici d'Ailleurs... / L'Autre Distribution)  mai 2018

Il aura fallu patienter près de dix ans pour voir réapparaître les excellents Married Monk. Comme toujours, la musique du groupe fait montre d’une singularité étonnante. Le line-up a de nouveau été modifié, avec l’arrivée de Tom Rocton, multi-instrumentiste à l’évidence très talentueux, mais le batteur Mitch Pires est toujours présent, et bien évidement, Christian Quermalet, véritable épine dorsale des Married Monk. L’ex-Tétines Noires est ici l’un des pivots de cette architecture propre au Married Monk. La science exacte du mélange, le point névralgique d’une certaine forme d’alchimie où se tordent les influences, jusqu’à en essorer la quintessence.

L’indie rock ne suffirait pas à classifier la musique épaisse et complexe de ce disque, puisque l’on ressent les influences pop, folk, rock ou électro. Deux reprises au menu de ce nouvel album, l’une des Dogbowl, l’autre des Cure et l’une des plus belles chansons de l’année 2018, sans conteste, "Love Commander Strikes Again". La voix de Christian Quermalet, aussi profonde que chaleureuse berce délicatement ces mélopées étrangement ficelées. Les structures couplet / refrain se définissent ici différemment et aucun titre ne tire la couverture à soie dorée pour tenter le carton plein. Au lieu de ça, le groupe joue la carte de la cohérence, des structures frondeuses et alambiquées.

Il faut bien reconnaître que si jusque là, la discographie des Married Monk ne souffrait d’aucun faux pas, cet album pourrait bien sceller la clé de voûte d’une musique qui n’appartient qu’à eux. L’album offre ici une richesse particulière, oscillant sans cesse entre l’organique et l’électronique, laissant autant s’exprimer les claviers que les guitares, les cassures rythmiques et les pulsions métronomiques. Le trio aime la musique sans barrière, enchaînant le rock de l’ancienne école et la musique électronique aussi lettrée que novatrice.

C'est Propellerheads qui croise John Barry dès l'intro de l'album, avant que les guitares lo-fi et déglinguées ne déboulent dès la première minute, sur fond d'un synthé décalé. La voix unique de Christian Quermalet balance sa nonchalance immédiate. The Married Monk, c'est tout simplement l'un des meilleurs exemples de groupes qui a su synthétiser, digérer ses influences, pour les utiliser au mieux, avec un sens de l'esthétique particulier, qui s'abandonne à lui-même pour renaître sous une autre forme à chaque morceau, tel que sur "10:16 Saturday Night" où l'electro tournoyant croise les guitares qui se débattent à l'intérieur d'une camisole imaginaire pour ne pas se laisser enfermer dans un seul carcan.

La reprise de "Bus" se paye le luxe d'être aussi louvoyante que lumineuse et immédiate, comme si les Married Monk avaient convoqué le délicat Robert Forster. Pour clore la première partie de ce mini road-movie sur pétrole, "Love Commander Strikes Again" vous balance ni plus ni moins l'une des meilleures ritournelles pop de cette année 2018. Certes, me direz-vous, nous ne sommes qu'en juin, mais ré-écoutez cette chanson, et vous comprendrez qu'il va être difficile de rivaliser dans le genre imparable et accrocheur au milieu d'une sorte d'escalier en colimaçon menant à l'extase.

Ce titre, long de plus de sept minutes, se gonfle peu à peu. Certains pourraient hâtivement lui reprocher d'être trop long, mais il faut définitivement se libérer des canons FM pour savoir se laisser enrober par les douceurs des multiples couettes s'enroulant autour de vous alors que vous ne cessez de vous entortiller au fond de votre lit, à en avoir la tête qui tourne. Ce morceau n'est pas sans évoquer le dEUS de l'époque Ideal Crash, notamment le titre "Instant Street", à la différence tout même notable que les Married Monk gardent l'onctuosité d'une ambiance cotonneuse à la place de guitares rageuses pour faire monter la pression.

La pochette et ses chaussons roses à pompon polisson invitent plus à la bagatelle qu'à la rage au ventre même lors du titre le plus secoué du disque, "Bomb On Blonde" qui, malgré sa voix distordue, appelle à la pop sucrée lors de son refrain. Même sur la reprise des Cure, contrepied parfait à l'original, extrait de Pornography, où l'on se souvient tous de ces guitares acérées, et de l'ambiance glaciale du disque, paroxysme absolu de la cold-wave de Robert Smith. Ici "Samiese Twins" se mue en complainte jazzy, et se permet donc le luxe, une fois de plus, de se glisser entre les bras enlacés d'un partenaire amoureux plutôt qu'entre les barreaux d'une prison mentale torturée. Tout devient somptueux et confortable, là où tout était poisseux et malsain.

Enfin, "The Obnoxious Two" n'hésite pas à vous convier sur le dance-floor, n'abandonnant pas pour autant ce façonnage si particulier de mélodie venue de nulle part à laquelle il faudra consacrer plusieurs écoutes, marque incontestable d'une qualité exigeante, mais également d'une envie fondamentale de surprendre et de ne pas se contenter de réciter paresseusement son alphabet harmonique.

Les Married Monk signent ici un très grand retour, avec si ce n'est leur meilleur album, l'un des meilleurs, pour une discographie qui ne compte en son sein que des grands disques. Une réussite totale qui rappelle l'air de rien que l'on tient avec les Married Monk, un des meilleurs groupes tout court.

 

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En savoir plus :
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