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Théâtre de Poche-Montparnasse  (Paris)  septembre 2018

Monologue dramatique de Doug Wright interprété par Thierry Lopez dans une mise en scène de Steve Suissa.

La partition "I am my own wife" du dramaturge américain Doug Wright doublement récompensée en 2004 par le Prix Pulitzer et le Tony Award est consacrée à la vie de Charlotte von Mahlsdorf devenue une figure emblématique de la communauté LGBT allemande qui a vécu son travestissement au grand jour sous deux régimes homophobes et répressifs, l'Allemagne du IIIième Reich et la République Démocratique Allemande.

A un jeune âge, Lothar Berfelde, fils d'un père nazi violent et d'une mère soumise, décide de devenir Charlotte. Sauvée in extremis par l'invasion des troupes russes alors qu'elle purge une peine de prison pour le meurtre de son père, et passionnée d'antiquités, les meubles des Juifs spoliés, et gardienne des oeuvres des artistes dégénérés, elle vit dans une maison-musée également abri pour les opprimés et cabaret clandestin pour parties fines.

Fondatrice du Gründerzeit Museum ouvert au public en 1960 et avec l'octroi de la croix fédérale du Mérite, elle fait l'objet d'une reconnaissance publique qui va se ternir en raison d'un soupçon de collaboration avec la Stasi.

Créée en France sous titre " Ich bin Charlotte" dans la traduction de Marianne Groves et la mise en scène de Steve Suissa, elle retrace donc ce destin et parcours de vie atypique en combinant soliloques, bribes de souvenirs autobiographiques, interviews et scènes dialoguées dans une partition pour un comédien.

La partition pour un comédien s'avère également atypique dès lors qu'elle relève davantage de l'enquête et de l'hymne à la tolérance que de la militance et n'aborde les thématiques de l'homosexualité, du travestissement et du transgenre qu'à l'aune de ces prismes subjectivisés, sans toutefois lever le voile sur l'ambiguïté de celle devenue un personnage.

De surcroît, en évitant judicieusement le réalisme naturaliste, a opté pour une représentation paradoxale de celui-ci dès lors qu'elle ressort de la présence décalée et quasi fantomatique qui la détache du réalisme d'un biopic théâtral.

Le comédien Thierry Lopez n'officie donc pas dans l'incarnation physique. Silhouette longiligne, barbe noire et stilettos, il évoque davantage une Conchita Wurst au cheveu ras dont, au demeurant, une des tenues a manifestement inspiré le costume de scène confectionné par Jean-Daniel Vuillermoz, qu'aux portraits photographiques de Charlotte-rombière "mamie gâteau" en gilet tricoté main et rang de perles.

Dans le décor suranné de Natacha Markoff, avec un buffet "à tiroirs" cerné de gramophones, seule concession anecdotique, habillé sur mesure par les lumières "haute couture" de Jacques Rouveyrollis, sanglé dans sa tenue janusienne, Thierry Lopez dispense une performance-solo virtuose époustouflante, fascinante et troublante.

Il investit magistralement la scène en drama-queen pour dévoiler l'antienne de Charlotte, celle qui clamait pour toute réponse "Je suis ma propre femme".

 

MM         
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# 12 mai 2019 : Une liste de plus

A l'approche des élections européennes et ses innombrables listes qui ne présagent pas d'un bel avenir, on rajoute la nôtre, celle de la sélection culturelle de la semaine histoire de se changer les idées et se donner tout le plaisir que l'on mérite bien avec de la musique, des spectacles, des films, des livres et même des zombies à dégommer.

Du côté de la musique :

"Beatnik or not to be" de Elias Dris
"Dogrel" de Fontaines D.C.
"Dans le lieu du non-où" de L'Etrangleuse
"Leopold Mozart : Missa Solemnis" de Bayerische Kammerphilarmonie & Alessandro de Marchi
"Traversée" de Chrystelle Alour
"L'odysée remix" de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
Interview de Romain Humeau de Eiffel autour de "Stupor Machine" accompagnée d'un premier titre live, "Chasse Spleen"
présentation du Hellfest Open Air Festival #14
"Les cuivres sur le toit" de Paris Brass Quintet
Hublot EP" de Solal Roubine
"Home is everywhere EP" de Nara
et toujours :
"Foreign lines" de Erevan Tusk
"Seeing other people" de Foxygen
"2029" de Gontard!
"Chopin concertos for piano & string" de David Lively, Quatuor Cambini Paris et Thomas de Pierrefeu
"La poison" de La Poison
"Wasalala" de Madalitso Band
"Children of the slump" de Marble Arch
"Cesar Franck : Piano works quintet" de Michel Dalberto & Novus Quartet
"High strung" de Pamplemousse
"Live bullet song" de Tchewsky & Wood

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Un ennemi du peuple" au Théâtre national de l'Odéon
"Vues Lumière" au Théâtre de la Colline
"Fauves" au Théâtre de la Colline
"La Victoire en chantant" au Théâtre 13/Jardin
"Délivrés de famille" au Théâtre Le Funambule
"Deux femmes pour un fantôme" à l'Aktéon Théâtre
"Mon coeur pour un sonnet" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Cabaret de Poussière fait le Zèbre" au Zèbre
Festival des Enfants de Molière à Dieppe
les reprises :
"Tout semblait immobile" au Théâtre de la Bastille
"Providence" au Théâtre Les Déchargeurs
"Aux Délices" au Lavoir Moderne Parisien
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en mai

Cinéma avec :

"Versus" de François Valla
Oldies but Goodies avec :
la version restaurée de "Les Lois de l'hospitalité" de Buster Keaton et Jack Blysrone
"Drôles de cigognes !" de Hermina Tyrlova
et la chronique des autres sorties de mai

Lecture avec :

"A jeter sans ouvrir" de Viv Albertine
"Carnets clandestins" de Nicolas Giacobone
"Le sauvage" de Guillermo Arriaga
"Les carnets de guerre de Louis Barthas 1914-1918" de Fredman
"Toute une vie et un soir" de Anne Griffin
"War is boring" de David Axe & Matt Bors
et toujours :
"La bombe humaine" de Olivier Barruel
"La nuit ne dure pas" de Jules Gassot
"Le cri des corbeaux" de Matthieu Parcaroli
"Le jour de ma mort" de Jacques Expert
"Les feux" de Shohei Ooka
"Ombres sur la Tamise" de Michael Ondaatje
"Vraie folie" de Linwood Barclay

Froggeek's Delight :

"Day's Gone" sur PS4

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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